Violence conjugale : et si l’homme était la vraie victime

Présenté comme le bourreau, le sexe masculin est en réalité celui qui souffre le plus dans une relation de couple, et comme il est parfois obligé de réagir pour se défendre, seule la réaction est retenue comme violence, oubliant le premier acte violent de la femme

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Comme chaque année depuis 21 ans, le 25 novembre 2020 a été observé sur le plan international et au Cameroun comme la journée de l’éradication de la violence faite aux femmes. Une idée née il y a 39 ans, Depuis 1981 en effet, celles et ceux qui défendent les droits des femmes à travers le monde organisaient chaque année, à la date du 25 novembre, une journée de lutte contre la violence sexiste à la mémoire des trois sœurs Patria, Minerva et María Tereza Mirabal, des opposantes politiques brutalement assassinées en République dominicaine, le 25 novembre 1960, sur les ordres du dirigeant de l’époque, Rafael Trujillo. Le 20 décembre 1993, L’Assemblée générale de l’Onu a adopté la déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes par la résolution 104, et en 1999, par sa résolution 134, elle a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et a invité les gouvernements, les organisations internationales et non gouvernementales à organiser, ce jour-là, des activités destinées à sensibiliser l’opinion publique au problème de la violence à l’égard des femmes. Dans ce sens aussi, le Secrétaire général de l’ONU a lancé la « campagne « Tous UNiS », pilotée par ONU Femmes pour mettre fin d’ici à 2030 à la violence à l’égard des femmes. Là également, les gouvernements, la société civile, les organisations de femmes, les jeunes, le secteur privé, les médias et l’ensemble du système des Nations Unies sont invités à unir leurs forces pour lutter contre l’omniprésence, partout dans le monde, de la violence à l’égard des femmes et des filles. On peut dire que la femme trouve là son compte, ou du moins un cadre dans lequel les violences de toutes sortes faites en lien avec le sexe féminin, peuvent se discuter. Mais qu’en est-il des hommes ?

L’homme, la victime oubliée

Hommes battus, tabou

En se focalisant sur la violence faite aux femmes, la société a implicitement validé la violence faite aux hommes, surtout que les hommes violentés éprouvent de la honte à le faire savoir. La gente féminine en profite alors pour sophistiquer ses méthodes, qui sont douces, discrètes, et parfois bien emballées dans des propos romantiques. Tout le monde le dit, et les femmes davantage, « derrière chaque grand homme se trouve une grande femme. » Mais ce qui n’est pas souvent dit, c’est que cette grande femme n’est pas derrière le grand homme avec la gentillesse, au contraire, c’est une femme de caractère, qui a compris qu’elle ne peut pas concurrencer l’homme physiquement, et utilise alors ses propres méthodes : elle contrôle, manipule, oriente, prend les décisions et fait dire oui à l’homme. Si tout cela ne se fait sans violence physique, celle qu’on peut aisément constater, une autre forme de violence est utilisée au quotidien contre l’homme.  Une étude faite en 2008  sur les violences faites aux hommes par les femmes au Cameroun  par le Cercle de recherche sur les droits et les devoirs de la personne humaine (Cred), sous la direction de Hilaire Bell, a fait le constat suivant : « Les violences recensées auprès de la population étudiée sont de plusieurs formes : verbales, physiques, économiques, sexuelles, rituelles, psychologiques et morales, homicides et infanticides. Ces violences se produisent dans tous les milieux de vie : Dans les lieux publics, les lieux de travail, les lieux de divertissement, dans les rues, les écoles, les églises, les foyers, les quartiers. Elles sont accentuées pendant les périodes de crise notamment la perte d’emploi du mari, les périodes de fêtes de fin d’année, pendant les périodes de réjouissances des journées internationales de la femme. » Les conséquences relevées par l’étude sont de plusieurs natures également : Blessures, colère, handicaps, paralysie, traumatisme, déception, honte, ruine, séparation, décès, abandon de foyer, alcoolisme, haine des femmes, esclavage de l’homme, dislocation de la cellule familiale, délinquance des enfants, vagabondage sexuel, subordination des hommes sur les femmes. Des effets qui selon l’étude sont dégradants et cruels, constitutifs des violations graves des droits de l’homme qui doivent être dénoncées, condamnées et combattues quel que soit les causes.

Oubli volontaire

En 2002, le psychologue sexologue Yvon Dallaire a publié un livre intitulé « La violence faite aux hommes: une réalité tabou et complexe », dont le résumé de l’éditeur lit : « Il n’y a jamais d’éclair dans un ciel bleu. Le féminisme nous a ouvert les yeux sur la violence conjugale. Il a contribué et continue de contribuer à l’évolution positive de notre société. Certaines féministes, par contre, n’ont ouvert qu’un seul œil sur cette violence : celle faite aux femmes. Elles ont délibérément fermé l’autre œil, celui qui devrait être ouvert sur la violence faite aux hommes. La raison en est très simple : elles ont fait de la violence conjugale un débat politique, où l’homme est perçu comme l’abuseur et la femme la victime, plutôt que de présenter la violence dans son intégralité. Or, c’est un réel phénomène social dont les causes et les solutions ne sont pas d’ordre politique ou sexuel, mais plutôt socio-économique. Peu d’auteurs ont eu le courage de s’élever contre la rectitude politique actuelle dominée par le lobby féministe radical qui rend l’homme seul responsable de toute violence domestique, malgré des faits scientifiques indéniables contredisant cette exagération. Yvon Dallaire nous présente des faits surprenants, presque incroyables à première vue, démontrant que la prévalence de la violence féminine est égale à celle de l’homme. On y apprend même que certains types de violence se retrouvent davantage du côté des femmes, comme celle qui se pratique envers les enfants. »

Il n’est pas question de chercher celui qui va porter le chapeau d’un phénomène somme toute condamnable. L’objectif n’est pas de trouver lequel, de l’homme ou de la femme, est le plus violent, mais plutôt de susciter une réelle prise de conscience de toute la réalité de la violence conjugale et familiale, pour qu’ensemble, hommes et femmes puissent arriver à l’éradiquer. Pour ce faire, il importe de connaître les réelles dimensions de cette violence, plutôt que de rechercher un coupable unique, toujours le même, qu’on s’acharne à punir. Surtout que l’enquête dirigée par Hilaire Bell cité plus haut, a démontré également des liens entre les violences faites aux hommes par les femmes et les violences faites aux femmes. 60% de violences faites aux femmes étant des réactions à la première violence, dont l’auteure n’est autre… que la femme.

Roland TSAPI

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