Vaccin contre le cancer du col de l’utérus : guerre larvée entre les institutions (suite)

Face à la réticence de la population à cette substance, le gouvernement et la communauté scientifique utilise le dilatoire, voire l’intimidation. A qui profite le flou ?

écouter l’éditorial

Dans un précédent éditorial, nous relevions la polémique qui enfle au Cameroun au sujet du vaccin contre le cancer du col de l’utérus introduit dans le programme élargi de vaccination, pour les jeunes filles de 9 à 13 ans. Depuis le début du programme le 12 octobre 2020, non seulement les populations montrent peu d’engouement, mais les communautés catholique et musulmane ont déjà pris position, interdisant à leurs fidèles de soumettre leurs enfants à cette opération, et ce malgré les assurances données par le gouvernement, soutenu par l’Ordre national des médecins du Cameroun. Les questions étaient alors de savoir ce qu’était ce vaccin et pourquoi il charriait autant de polémique.

Il faut reconnaître qu’avant même l’annonce de son introduction dans le programme national de vaccination, les Camerounais, grâce aux réseaux sociaux avaient suffisamment eu à voir et à entendre de ce vaccin contre le cancer du col de l’utérus. Déjà, de manière simplifiée, le cancer de l’utérus est défini comme un cancer causé par un virus appelé papillomavirus qui peut se transmettre lors des rapports sexuels non protégés. L’utilisation des préservatifs est donc l’une des méthodes pour s’en prémunir, et depuis longtemps, de façon préventive, il existe un test appelé frottis qui consiste à prélever quelques cellules du col de l’utérus et à les analyser  et repérer des années avant et de façon précoce des lésions cancéreuses. Sauf que pour une raison ou pour une autre, et davantage par manque de sensibilisation et par défaut de moyens, en Afrique en général et au Cameroun en particulier, très peu de femmes ont accès ou s’intéressent à ce test. Le moyen trouvé dans le monde scientifique a alors été le vaccin, pour le prévenir au cas où le sujet entrait en contact avec le virus. En 2006, le Gardasil a donc été introduit sur le marché, proposé aux jeunes filles de 11 ans et bien accueilli par la population féminine soucieuse de la santé du col de l’utérus. Problème, des effets secondaires graves ont été signalés, des familles ont porté plainte en France par exemple. Les défenseurs du vaccin ont nié que ces effets secondaires étaient causés par le vaccin, certaines des plaintes ont été classées sans suite, mais la polémique était déjà née. En décembre 2014, 8 ans après l’introduction du vaccin, le médecin Brigitte Fanny Cohen, expliquait encore sur le plateau de télévision France 2 que le doute n’était pas encore levé, et il ne l’est pas plus à ce jour.

Critiques

En France aujourd’hui et ailleurs dans le monde, beaucoup de parents hésitent à faire vacciner leurs enfants, et beaucoup de médecins chercheurs aussi, dont d’autres ont poussé les recherches plus loin pour démontrer que non seulement le Gardasil contient de l’aluminium dangereux pour la santé, mais plus globalement que le vaccin est une folie pure. Christian Tal Schaler est l’un de ces médecins. Pour lui « Chaque être humain est unique, et son système immunitaire aussi. Comment avons-nous pu croire que le même vaccin donné à tous pouvait avoir un sens ? Par quelle torsion intellectuelle avons-nous pu donner notre confiance à une pratique totalement dénuée de science et d’humanité ? ». IL explique que l’idée de vacciner découle de la peur de mourir inoculé dans la conscience de l’humain pour le dominer. Il recommande  « Informez-vous et vous comprendrez la sagesse de ceux qui vous disent : Sortez de la peur et de l’obéissance à des experts et des autorités qui ne veulent pas votre bien mais le profit des marchands ! Informez-vous et vous découvrirez que les vaccins sont une gigantesque escroquerie, une guerre sans nom qui tue ou affaiblit sans vergogne des millions d’enfants. De nombreux livres et sites internet le prouvent. Il est temps de se réveiller. Ceux qui nous gouvernent et sont dominés par les forces de l’argent-roi ne veulent que notre soumission, pas notre santé ! Il s’agit de se délivrer de leur dictature pour prendre notre vie et notre santé en mains ! »

Bien entendu, il existe aussi de nombreuses thèses qui défendent l’efficacité du vaccin, et démontrent qu’il est sans danger pour les enfants qui le prennent. Sauf que dans les médias classiques où numériques où le débat est mené, les thèses contre le vaccin sont souvent plus convaincantes que les thèses pour, surtout quand il est démontré aujourd’hui que la médecine et toutes les recherches liées sont plus au service des industries pharmaceutiques que de la santé humaine, selon le slogan « plus l’homme est malade, mieux Big pharma se porte », la maladie étant devenue un outil commercial qu’il faut entretenir.

Démarche scientifique manquante

A raison, l’Ordre national des médecins du Cameroun dans sa sortie du 02 novembre 2020, affirmait que le vicaire général d’Obala s’était inspiré  d’informations glanées ça et là dans les réseaux sociaux pour interdire l’administration du vaccin dans les établissements scolaires et les structures de de santé de son diocèse. Il ne pouvait en être autrement. Personne ne peut nier aujourd’hui l’apport des réseaux sociaux dans l’éclairage de l’opinion publique sur nombre de sujets longtemps restés cachés, et dont l’existence était nié en fonction des intérêts en jeu. Plus, l’Ordre national des médecins incrimine les informations des réseaux sociaux comme étant « de notion et de publications scientifiques mal assimilées », mais ne proposepas des publications scientifiques mieux assimilés. Jusqu’ici le gouvernement tout comme l’Ordre des médecins, oppose à des démarches scientifiques de la littérature, ce qui n’est pas pour rassurer davantage.  On se serait attendu à ce que les médecins, l’Ordre des médecins opposent à tout ce qui est dit jusqu’ici le résultat d’une analyse rigoureuse de cette substance, respectant la rigueur scientifique partie de l’observation, de l’analyse, du test et de la conclusion. Depuis que la polémique sur le vaccin contre le cancer du col de l’utérus enfle, pourquoi les médecins, chercheurs et autres scientifiques camerounais n’ont pas encore pris cette substance pour l’analyser en laboratoire et présenter des résultats objectifs devant caméras et micros, question de taire définitivement la querelle ?  De toute façon il n’est pas encore tard pour le faire. Devant une question scientifique aussi pointue et qui touche à la santé humaine, l’on attend mieux des médecins qu’un rappel selon lequel seul le gouvernant définit la politique de santé et décide de ce qui est bon ou pas pour les populations. Autrement le doute persiste, le jeu d’intérêts aussi.

Roland TSAPI

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