Société : les germes de la déliquescence

La société en définitive est comme la planète terre, elle sera vivable demain ou pas, en fonction de ce que nous en faisons aujourd’hui. C’est maintenant, dans nos actes et attitudes quotidiennes que nous construisons une société saine de demain, étant entendu que toujours, les enfants copient plus qu’ils n’obéissent.

Discours à la nation : Noso, trois ans de surplace

Le champ lexical du président de la république ne rassure pas déjà, quand en trois discours de fin d’année le mot paix est prononcé seulement 10 fois, car comme le dit l’adage, de l’abondance du cœur, la bouche parle. Ce vocable et ses variantes devraient abonder dans ses discours. Il ne cesse d’évoquer des mesures prises, tout en reconnaissant lui-même qu’elles n’ont pas fait évoluer la situation. Pourquoi donc ne pas passer à autre chose ? Pour éviter la division du pays, de fortes propositions parlent de fédéralisme, sauf que le pouvoir de Yaoundé a horreur de ce mot comme de la peste, lequel mot n’est même pas apparu dans les trois derniers discours à la nation du chef de l’Etat. « L’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’a que trop porté préjudice à notre pays », a reconnu Paul Biya dans son dernier discours, alors n’est-il pas temps de cesser de tourner autour du pot, en mettant sur une table de discussion la forme de l’Etat, quitte à convaincre par la force de l’argument qu’elle ne doit pas être touchée. Une nouvelle année n’est-elle pas aussi synonyme de nouvelles méthodes ?

Nouvel an : au-delà des vœux et discours l’hypocrisie

Les souhaits de fin d’années se révèlent en définitive être l’expression de toute les hypocrisies, à défaut d’être des formalités dont la finalité n’est que d’entretenir une relation qui dans le fond ne tient plus que sur un fil. Chacun est seul dans son film, enfermé dans sa bulle, la société se complait dans les vœux creux qui au lieu de consolider le vivre ensemble, font plutôt la promotion du vivre séparé… ensemble.

Figure : Samuel Minkyo Bamba ou la mélodie de l’oubli

Samuel Minkyo Bamba est mort en 1995, à 86 ans et dans le dénuement total. Un héros de plus abandonné dans l’oubli, alors que sa simple maison pouvait être transformée en musée, qu’on pouvait faire de son village une destination touristique. Si l’homme disparu vit éternellement à travers son œuvre, il n’est pas interdit que son œuvre fasse aussi vivre éternellement sa famille et son village, au moins

Accidents de Nemale : tous coupables

Le jeu de ping pong qui consiste à se rejeter les responsabilités ou à trouver le coupable ailleurs est improductif, il s’agit ici pour chacun de se refaire une introspection, un examen profond de conscience. En commençant par le Gouvernement qui a le devoir régalien de s’assurer de la sécurité des biens et des personnes, des bonnes conditions de travail, de l’entretien des infrastructures et qui perçoit de l’argent du budget de l’Etat pour cela. Ensuite une attitude citoyenne des employeurs qui devraient plus que jamais tenir compte de la responsabilité sociétale des entreprises, savoir qu’il faut investir sur la ressource humaine autant sinon plus qu’on ne le fait sur le matériel, car un employé mal payé peut facilement mettre en péril un investissement des centaines de millions, et c’est une perte économique. Enfin l’employé lui-même, qui est le conducteur dans le cas d’espèce, paix à son âme. Son décès doit aussi appeler à la conscience de ses collègues, la responsabilité ultime qui est la leur, eux qui sont au bout de la chaine. On aurait beau avoir de bonne route, des véhicules sortis d’usine et payer un salaire de pétrolier à un chauffeur, s’il est irresponsable le problème restera entier. Hommage ultime aux victimes de Nemale

Gardiennage : l’esclave des vigiles

Le gouvernement ne peut pas continuer à être complice d’une pareille chosification et clochardisation de ses fils et filles. Tout le monde peut faire un tour dans la rue et poser la question à quelques vigiles postés çà et là, de savoir s’ils connaissent ce qu’on appelle Caisse nationale de prévoyance sociale, et il se fera sa propre idée. Pourtant les agents de la Cnps font des contrôles réguliers dans les entreprises pour vérifier qu’elles sont en règle. Et si ces entreprises continuent de fonctionner, et que les employés continuent de se plaindre, ils ne restent plus qu’à conclure que ces sociétés sont toujours en règle… dans l’irrégularité.

Police : la machine grippée depuis 6 ans

Dans la ville de Douala plus précisément, le phénomène d’intérimaire est encore plus criard. Au commissariat central numéro 1 où l’adjoint liquide les affaires courantes depuis mars 2020 que le titulaire est en retraite, au commissariat de sécurité publique du 4eme arrondissement, ou du 2eme arrondissement aussi où le commissaire est retraité depuis 2018. Au Commissariat spécial du 2eme arrondissement, la place laissée par le commissaire divisionnaire Roger Nkoa Ekobena emporté par la mort le 27 juillet 2020 reste occupée par un intérimaire. Au commissariat de sécurité publique du 3eme arrondissement, les intérimaire se succèdent, c’est aussi un intérimaire qui dirige le commissariat de sécurité publique du 8eme arrondissement, tout comme les commissariats spéciaux de Douala 3eme et Douala 5eme, sans oublier que l’adjoint au commissaire central numéro 2 est à la retraite et le poste non encore pourvu. Des exemples sont légion dans l’ensemble, et il n’est pas exagéré de dire que cet état de chose créé un certain malaise dans le corps.

Figure : Woungly Massaga : le dernier Sg de l’Upc unie

Dans l’écriture, le Commandant Kissamba était resté attaché à l’ancienne orthographe du mot Kamerun, qui pour lui représentait toute une idéologie et incarnait le sens profond de la nation dont il rêvait. Il expliquait alors à l’entame de cet ouvrage « Cette orthographe datant de la colonisation allemande, a une signification profonde. Elle traduisait la revendication upéciste de « réunification et d’indépendance » à l’époque de la double tutelle coloniale française et britannique qui s’exerça sur le Kamerun de 1918 à 1960. La Constitution de 1972 a institué la « République unie du Cameroun », qui n’est rien d’autre que la traduction juridique de l’annexion du « Cameroun occidental », riche en pétrole, par le capitalisme français fortement implanté au « Cameroun oriental ». L’orthographe KAMERUN utilisé par l’Upc traduit donc la revendication d’une unité réelle du pays, sur la base de l’unité géographique et de l’autodétermination de toutes les populations, de l’Ouest comme de l’Est du pays »

Droits de l’homme : les suspects des braquages jetés en pâture

Dans la pratique, tout se passe comme si les autorités en charge du respect de la loi au Cameroun, les forces de l’ordre notamment, sont elles-mêmes dans un dilemme, partagées entre le respect d’une loi qui peut paraitre trop clémente parfois, et le désir fort de vengeance devant des suspects qui les ont fait courir. Cette tendance à la vengeance est d’ailleurs dominante dans la société qui elle-même n’hésite pas à juger hâtivement et exercer la justice populaire dans les quartiers, mais force doit revenir à la loi, elle est dure parfois à appliquer, mais c’est là loi, personne n’est au-dessus d’elle, encore moins en dessous, tous sont égaux devant elle.

Nominations : les vaines revendications du « gâteau national »

Et d’ailleurs, quand un fils originaire d’un village est nommé sous-préfet, préfet, gouverneur ou autre quelque part dans la république, qu’est-ce que cela apporte concrètement au village d’origine? Charles Ateba Eyene avait démontré dans son ouvrage « le paradoxe du pays organisateur », que les retombées sont généralement nulles. Et pire, quand plusieurs ressortissants d’un même village sont nommés, ce village subit un effet inverse. Les uns et les autres, dans leurs équations personnelles, développent plutôt une rivalité, se neutralisent les uns les autres dans une bataille de leadership parfois fratricide. Les populations s’en sortent dressées les unes contre les autres, on est anti X ou pro Y, et même les chefs de villages supposés encadrer tous les fils se surprennent à prendre parti pour X contre Y.