Mœurs : la morale dans la rue

La dépravation des mœurs a atteint un seuil critique dans la société camerounaise, l’église s’en émeut  

Les pluies les plus fines sont les plus dangereuses dit-on. Elle commence comme si de rien n’était et sans donner l’impression d’aller plus loin que quelques gouttes. Mais progressivement on se retrouve mouillé, la chaussée glisse et le moindre faux pas est désormais fatal. Il en est ainsi des mœurs. Quand elles commencent à se dégrader dans une société on s’en rend compte difficilement, ou on néglige, pour se retrouver complètement submergé par des contres valeurs par la suite, qui plus est, sont tolérées ou acceptées comme normales. Jusqu’à ce qu’une force extérieure au milieu intervienne pour sonner la sonnette d’alarme, non sans être conspuée et considérée comme un élément perturbateur qui vient déranger la tranquillité du milieu. La bible chrétienne et même le coran donnent un exemple de cette régression progressive jusqu’à l’extrême des valeurs dans les villes de Sodome et Gomorrhe Dans le livre de Genèse aux chapitre 18 et 19, Dieu, alerté par « le cri contre Sodome », dont le « péché est énorme », est résolu à détruire la ville pour punir ses habitants. Il envoie alors deux anges pour  vérifier si le « péché » est avéré.

Proverbes 6:16-19 qui dit : « Il y a six choses que hait l’Éternel, Et même sept qu’il a en horreur; Les yeux hautains, la langue menteuse, Les mains qui répandent le sang innocent, Le cœur qui médite des projets iniques, Les pieds qui se hâtent de courir au mal, Le faux témoin qui dit des mensonges, Et celui qui excite des querelles entre frères. »

La version Louis Segond de la bible relate que les deux anges arrivèrent à Sodome vers le soir, et furent reçus par Lot, le seul qui craignait encore Dieu dans cette ville. Il les supplia de loger chez lui pour la nuit.  Les versets 4 et suivant du chapitre 19 disent « Ils n’étaient pas encore couchés que les habitants de la ville, les habitants de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu’aux plus âgés. Toute la population était accourue. Ils appelèrent Lot et lui dirent: «Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit? Fais-les sortir vers nous pour que nous couchions avec eux.» Lot sortit vers eux à l’entrée de la maison et ferma la porte derrière lui. Il dit: «Mes frères, je vous en prie, ne faites pas le mal! J’ai ici deux filles qui sont vierges. Je vous les amènerai dehors et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus s’abriter sous mon toit.» Ils dirent: «Pousse-toi!» Ils ajoutèrent: «Celui-ci est venu séjourner chez nous en étranger et il veut faire le juge! Eh bien, nous te ferons pire qu’à eux.» Ils poussèrent violemment Lot et s’avancèrent pour briser la porte. 10 Cependant, les hommes tendirent la main, firent rentrer Lot vers eux dans la maison et fermèrent la porte. 11 Puis ils frappèrent d’aveuglement ceux qui étaient à l’entrée de la maison, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, de sorte qu’ils se fatiguèrent de chercher la porte. » La perversité avait atteint le comble dans cette ville, l’homosexualité était devenu la règle pour être accepté dans la société. Désormais convaincu du niveau de dépravation des mœurs, Dieu décida de détruire la ville par « le soufre et le feu » en même temps que la cité voisine de Gomorrhe.

Nous nous trouvons, dit-il, face à une situation de crise grave,  où d’avance, beaucoup pourraient se laisser aller au découragement en disant : « on va faire comment ? » Nous croyons que nous pouvons faire quelque chose si nous nous engageons tous dans ce combat, et si nous unissons nos forces en nous confiant au Seigneur.

Le cri de l’église

Le monde en général, et le Cameroun en particulier, est-il aujourd’hui différent de Sodome et Gomorrhe ? L’Archevêque métropolitain de Douala Mgr Samuel Kleda  a donné une réponse à cette question dans une lettre pastorale du 29 juillet 2021 sur la dépravation des mœurs et les déviances contre nature, publiée dans le journal de l’intelligence catholique en mission Le chemin le 8 août 2021, dans laquelle il dit : « Notre vie communautaire a été considérablement entachée ces derniers mois par la publication dans les réseaux sociaux des images obscènes dévoilant la vie intime des personnes. Ces publications malsaines et  ces atteintes notoires à la pudeur et aux bonnes mœurs,  en contradiction ouverte avec la Parole de Dieu et les valeurs ancestrales, prennent chaque jour des proportions inquiétantes dans notre société. Elles viennent s’ajouter  à la longue liste  des actes  irresponsables, immoraux et même contre nature, commis sur l’ensemble du territoire national. Ces blessures morales infligées à la dignité de la personne humaine et à notre corps social  ont pour causes entre autres : la dépravation généralisée des mœurs, le relativisme moral, l’hédonisme, la perte des repères et des valeurs, la crise des valeurs morales. Parmi ces atteintes à la dignité de la personne humaine que nous dénonçons et que nous condamnons fermement, nous pouvons citer : la mise en ligne  des personnes malades ou décédées sans aucun respect de leur dignité, la mise en ligne de la vie intime des personnes, la création en ligne des groupes libertins, la promotion en ligne du proxénétisme, l’extériorisation à outrance de la vie intime des personnes, la cyber intimidation, le cyber harcèlement, la création en ligne des réseaux sexuels mercantiles, l’initiation des jeunes aux mœurs perverses à travers les séries télévisées, la prostitution, l’esclavage et l’exploitation sexuels, la pornographie, l’inceste, la pédophilie, les pratiques sexuelles contre nature (homosexualité), les crimes rituels, le trafic des organes et des ossements humains, la vindicte populaire, etc. » L’homme de Dieu interpelle alors tous les acteurs de la société, de l’Eglise aux jeunes en passant par le gouvernement, les forces de maintien de l’ordre, les parents et l’école,  chacun à prendre ses responsabilités. Nous nous trouvons, dit-il, face à une situation de crise grave,  où d’avance, beaucoup pourraient se laisser aller au découragement en disant : « on va faire comment ? » Nous croyons que nous pouvons faire quelque chose si nous nous engageons tous dans ce combat, et si nous unissons nos forces en nous confiant au Seigneur. Ce cri sera-t-il entendu ? L’homme de Dieu pour le moment ne se soucie pas, comme Jean Baptiste il fait sa prédication, même si elle sonne dans le désert. La société dans l’ensemble étant aujourd’hui noyée, soumise à des pression de toutes parts, dont le fin mot est la recherche du pouvoir et l’accumulation des richesses terrestres, mais à l’exemple d’un rocher que les vagues ne peuvent bouger, les vérités sont constantes, comme celle des Proverbes 6:16-19 qui dit : « Il y a six choses que hait l’Éternel, Et même sept qu’il a en horreur; Les yeux hautains, la langue menteuse, Les mains qui répandent le sang innocent, Le cœur qui médite des projets iniques, Les pieds qui se hâtent de courir au mal, Le faux témoin qui dit des mensonges, Et celui qui excite des querelles entre frères. »

Roland TSAPI

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