Mœurs : déshonneur sous le drapeau

De plus en plus ceux qui portent haut les emblèmes nationaux à travers le monde, et sont adulés par les jeunes, se révèlent être impliquées dans des pratiques peu recommandables

Les affaires de mœurs impliquant les portes étendards camerounais, arborant les tenues aux couleurs du pays sont de plus en plus récurrentes. La dernière actualité est celle d’une icône des lionnes indomptables, désormais vilipendée sur les réseaux sociaux après divulgation des vidéos montrant des scènes intimes avec partenaire de même sexe, et des audio mettant en évidence une relation de même nature qui aurait d’ailleurs tournée court pour limiter le degré de perversité.  Cette dernière avait d’ailleurs à demi-mot prévenu l’opinion et la justice le 1er novembre 2021 dans une plainte adressée au procureur de la république près le tribunal de première instance de Yaoundé Centre administratif, dans laquelle elle accusait une amie de longue date, non seulement de retenir indûment ses effets laissés dans son appartement au cours d’un séjour, mais  de la menacer de divulguer dans les réseaux sociaux le contenu d’une tablette qu’elle refusait de lui remettre, et qui contenait des documents et informations personnelles et professionnelles confidentielles. Quelques heures après, les réseaux sociaux étaient inondés de vidéos et images intimes avec des pratiques qui allaient au-delà des mœurs religieuses et des prescriptions légales. Avant celle qui fait l’actualité au début du mois de novembre 2021, bien de célébrités camerounaises ont été prises en flagrant délit de pratiques déviantes.

Coutumiers des faits

Vers la sortie?

Au-delà des frontières nationales, les faits ont démontré avec le temps que les célébrités sont souvent indexées comme auteures des pratiques contre nature. Le 25 octobre 2021, l’artiste Congolais Antoine Agbepa Mumba, plus connu sous le nom de Koffi Olomidé, était jugé par la Cour d’appel de Versailles pour agressions sexuelles et séquestration de quatre de ses anciennes danseuses. Ces dernières avaient porté plainte depuis 2007 pour la première, en 2009 puis 2013 pour les autres. Selon leurs récits à la justice, lors des tournées en France, elles étaient enfermées dans un pavillon près de Paris surveillé par trois gardes sans possibilité de sortir ni de téléphoner. L’une qui assurait qu’elle était alors mineure, expliquait qu’elles étaient amenées dans une chambre d’hôtel ou dans un studio d’enregistrement pour que le chanteur les force à avoir une relation sexuelle. L’une d’entre elles rapporte qu’elle subissait cela deux fois par semaine et une autre raconte qu’elle se laissait faire pour ne pas perdre son emploi. En juin 2006, elles s’échappent ensemble du pavillon francilien avec une corde de drap après avoir endormi les gardes à l’aide de somnifères, selon leur récit. De même, la star américaine du  R&B Robert Sylvester Kelly, déjà détenu depuis 2019, comparaissait pour la  première fois en août 2021 devant le tribunal fédéral de Brooklyn au Etats Unis, jugé pour extorsion, exploitation sexuelle de mineure, enlèvement, corruption et travail forcé, sur une période allant de 1994 à 2018. Selon l’acte d’accusation, R. Kelly, qui jouissait de l’aura d’une star planétaire, dirigeait un réseau qui recrutait et préparait des jeunes filles à avoir des relations sexuelles avec lui, les enfermant dans leurs chambres d’hôtel quand il était en tournée. En 2017, le journal le Point relevait que le tout-puissant producteur hollywoodien Harvey Weinstein était accusé depuis début octobre de cette année par au moins 93 femmes d’abus sexuels, et de viol par 14 d’entre elles, sur une période allant du début des années 1980 à 2015. Il était visé par des enquêtes des polices de New York, Los Angeles, Beverly Hills, et Scotland Yard au Royaume-Uni. En réalité, le panier des célébrités accusées de toutes sortes de déviances est sans fond. Même si les accusés reconnaissent rarement leurs forfaits, il ne reste pas moins vrai qu’il n’y a pas de fumée sans feu. 

Aussi, une fois en relation, il ne doit pas y avoir de limites non plus. Ni sur le genre, homme ou femme cela ne compte plus, ni sur les pratiques, qui doivent aller jusqu’à l’extrême, ni sur l’âge du ou de la partenaire, ni sur le lieu où on peut s’adonner à ses fantasmes : en voiture, en bateau, sur le vélo, dans l’avion quand cela est possible. Pour la star finalement, la folie comme dit Nana Mouskouri, c’est de ne pas faire des folies.

Sort lié ?

De quoi se demander si la célébrité va de pair avec perversité et pratiques amorales ? La question  devient plus préoccupante, quand ces stars sont toujours vénérées par la jeunesse comme des idoles, des exemples à suivre, et la réponse, malheureusement, est affirmative. En effet, la célébrité s’accompagne toujours d’une aisance matérielle, qui à son tour prédispose le bénéficiaire à des excès, ou à des folies. La star dépense sans compter, s’offre des objets de luxe hors de prix, des voitures, des villas, des chambres d’hôtel à volonté. Cette aisance fait naître également en elle une illusion de toute puissance, elle se croit tout permis. Et si elle peut tout se permettre sur le plan matériel et social, si son statut de star lui ouvre toutes les portes, pourquoi se limiterait-elle sur le plan sexuel ? Pourquoi une femme ou un homme oserait lui résister ? Non, ce n’est pas envisageable, c’est ce qui explique que tout partenaire qui ose décliner l’offre de la star y est contraint pas la force, d’où la prédominance des violences et abus sexuelle dans le milieu. Aussi, une fois en relation, il ne doit pas y avoir de limites non plus. Ni sur le genre, homme ou femme cela ne compte plus, ni sur les pratiques, qui doivent aller jusqu’à l’extrême, ni sur l’âge du ou de la partenaire, ni sur le lieu où on peut s’adonner à ses fantasmes : en voiture, en bateau, sur le vélo, dans l’avion quand cela est possible. Pour la star finalement, la folie comme dit Nana Mouskouri, c’est de ne pas faire des folies.

Grands malades

Cela semble anodin, mais dans le fond, les stars s’apparentent à de grands malades, exposées à toutes les folies dont les pratiques sexuelles contre nature ne constituent  qu’une infime partie des nombreux symptômes. Les victimes de ces stars les décrivent aussi comme des gens qui se prennent comme des demi-dieux, si elles ne le sont pas entièrement en d’autres circonstances. Doit-on dès lors leur en vouloir et les condamner, en invoquant les principes religieux et les articles de loi, ou prendre pitié pour elles et les aider à ménager cette période de leur vie qui s’apparente à la puberté chez l’adolescent ? A la société de prendre ses responsabilités pour préserver la jeunesse qui les prend souvent comme des modèles, et aussi pour éviter le déshonneur sous le drapeau. Aucun citoyen ne tolère que le drapeau de son pays soit porté à travers le monde par des personnes qui se révèlent par la suite être de moralité douteuse, car arborer le drapeau national, c’est plus qu’un honneur, c’est davantage une responsabilité.

Roland TSAPI 

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