Insécurité routière : le mal se porte bien

Les mesures contre l’insécurité routière prises par le ministre des Transports, restent inefficaces, parce qu’elles sont jusque-là isolées pour un problème dont la solution exige des actions transversales de plusieurs ministères

Ernest Ngalle Bibehe, Mintrans; Des coups d’épée dans l’eau?

Le 7 juin 2022, le ministre des Transport Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, a signé un communiqué pour une fois de plus rappeler les règles de sécurité à respecter par les agences de voyages. « Le ministre des transports rappelle aux promoteurs des compagnies de transports routier interurbain de personnes que, l’installation des ceintures de sécurité fonctionnelles dans les véhicules et leur port par tous les passagers est obligatoire aussi bien au départ du terminal d’embarquement qu’au terme du trajet. L’exception est faite  pour des personnes disposant d’une contre-indication médicale grave. Ces mesures s’étendent désormais à tous les véhicules qui empruntent les axes lourds. Les différents services en charge des contrôles routiers en cas de constatation de la violation de la présente prescription, se chargeront d’infliger aux contrevenants la sanction la plus sévère prévue par la réglementation en vigueur. » Un an auparavant, le même ministre avait procédé au lancement de la phase pilote du projet de gestion et de suivi intelligent et centralisé du transport urbain. A cette occasion, 100 bus de différentes agences desservant les villes qui constituent les angles du triangle de la mort », Yaoundé-Douala Bafoussam – se voyaient connectés et de leur position, ils étaient scrutés à partir d’un serveur central au ministère des Transports. Désormais, tous les comportements de chauffeurs devaient être surveillés à partir des caméras installés dans tous les bus de transports interurbains. Aux syndicalistes et représentants des agences de voyages exerçants dans les transports interurbains, Ernest Massena Ngalle Bibehe avait alors tenu ces propos « Le contrôle des paramètres biométriques des chauffeurs, le suivi des véhicules interurbains par géolocalisation, la surveillance de l’environnement extérieur et intérieur du véhicule à l’aide des caméras intelligentes embarquées, les pratiques dangereuses évoquées plus haut, si elles persistent, n’échapperont plus à notre regard. » Il se réjouissait d’ailleurs de l’efficacité de cette solution, fruit d’un partenariat avec le consortium Camtrack-Mtn,  qui selon lui avait déjà fait ses preuves dans le transport des hydrocarbures. « Et durant une période de près de 10 ans, nous n’avons pas enregistré d’accidents dans ce secteur d’activité, relevant pourtant du transport routier des marchandises, bien que classées dangereuses », se réjouissait-il.Un an après, quel est le bilan ? En plus des 100 bus de départ, combien d’autres ont été connectés, et quel est l’état de fonctionnement des caméras installés au début, seul un audit indépendant pourra le dire. En attendant, le communiqué radio presse du 7 juin qui revient sur le port de ceinture, est preuve que la méthode de surveillance à distance aura démontré ses limites. En plus, de cette obligation de port de ceinture, les transporteurs, les usagers et les services de contrôle se moquent allègrement. Et au demeurant, que peut le ministre des Transport contre les accidents de la route au Cameroun ?  

L’éradication de toutes ces causes dépassent en réalité les compétences du seul ministre des Transports. Qui laisse entrer au Cameroun les voitures ramassés dans la poubelle de l’autre côté de l’océan, pourquoi n’y a-t-il pas de transport public interurbain au Cameroun, qui laisse que les employés soient mal traités, sans couverture sociale et se trouvent obligés de prendre des produits dopants pour se surpasser, et ces produits dopant ils les prennent où, qui laissent circuler les voitures en surcharge et sans port de ceinture par les passagers, qui est chargé de l’entretien des routes au Cameroun,

Solutions transversales

Comme un médecin devant le malade, le gouvernement s’évertue en fait à traiter un mal qui persiste, les accidents de la circulation. Les symptômes jusqu’ici identifiés sont l’excès de vitesse, la conduite en état d’ébriété (sous l’effet de l’alcool, des drogues ou autres produits dopants, la surcharge des véhicules ; le transport routier clandestin ; la conduite sans permis de conduire ; le défaut de visite technique automobile ; la conduite en état de fatigue ; les mauvais dépassements ; chevauchements de la ligne continue. Sur l’état de la route elle-même le gouvernement a souvent tendance à fermer l’œil pour ne pas se culpabiliser : exiguïté de la chaussée, abords des chaussées encombrées par la broussaille, déficit de signalisation et de traçage, dos d’ânes désuet et non signalés, fissures, nids de poule, peaux de crocodile, faïençage, désenrobage des gravillons de la couche de surface, ressuage, glissement des revêtements, usure des bords de revêtement, ornières et flashes, affaissement des bords de chaussée, déformation d’aspects ondulatoires et autres. L’éradication de toutes ces causes dépassent en réalité les compétences du seul ministre des Transports. Qui laisse entrer au Cameroun les voitures ramassés dans la poubelle de l’autre côté de l’océan, pourquoi n’y a-t-il pas de transport public interurbain au Cameroun, qui laisse que les employés soient mal traités, sans couverture sociale et se trouvent obligés de prendre des produits dopants pour se surpasser, et ces produits dopant ils les prennent où, qui laissent circuler les voitures en surcharge et sans port de ceinture par les passagers, qui est chargé de l’entretien des routes au Cameroun, et pourquoi une route comme la nationale numéro 5 Bekoko Bafoussam, très fréquentée, est en piteux état, comment comprendre que moins de 8% de routes soient bitumés au Cameroun, pourquoi les région de l’Adamaoua et du Sud-Ouest n’ont pas un  kilomètre de goudron sur une route régionale ?

Face au grand mal qu’est l’insécurité routière, le ministre des transports n’est qu’un infirmier, aux côtés des autres infirmiers que sont  le ministre des finances à travers ses services de douanes, le Délégué général à sûreté nationale, le Secrétaire d’Etat à la gendarmerie, le ministre du travail et de la sécurité sociale et le ministre des Travaux publics. Les actions isolées comme les opérations coup de point de la prévention routière ne serviront jamais qu’à délester les automobilistes malchanceux de quelques billets de comptoir français d’Afrique ou cfa. Sans une synergie d’action de tous les infirmiers, le mal se portera toujours… bien

Roland TSAPI

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