Guerre en Ukraine : jeux des espions

Le conflit engagé par la Russie traduit la nature des relations entre les puissances mondiales, qui s’épient mutuellement

Le 28 juillet 2020, il y a 20 mois, est sorti aux Etats Unis un film intitulé jeux d’espions. Sommairement, il met en scène la course à une arme biologique. Les services secrets américains CIA (Central Intelligence Agency), britanniques le MI 6 et russes le Fsb (Service fédéral de sécurité)  se neutralisent pour mettre la main sur la formule de l’arme contenue dans une petite valise qu’on appelle le dossier. Une lutte des puissants en somme, et le théâtre principal de l’action c’est l’Ukraine. Ce pays situé à la frontière ouest de la Russie, où le film se joue cette fois, mais en vrai. Le président russe Vladimir Poutine y a ordonné le 24 février 2022 au petit matin ce qu’il appelle « une opération spéciale », la guerre pour les autres. Des positions stratégiques ont subi des attaques aériennes par l’armée russe qui était déjà positionnée aux frontières et n’attendait que l’ordre pour donner l’assaut final. L’Occident, réuni autour du G7, qui n’a pas réussi à dissuader Vladimir Poutine par des voix diplomatiques et par des menaces de sanctions, a tout de suite et unanimement condamné la Russie, traitant Poutine de tous les noms de dictateur et d’impérialiste. Ce dernier, dans la même journée, a réuni les hommes d’affaires de son pays et d’autres composantes de la société pour leur expliquer son action.

“En fait, on a l’impression que pratiquement partout, dans de nombreuses régions du monde, où l’Occident vient mettre en place son ordre, cela se termine en blessures sanglantes qui ne cicatrisent pas, en plaies que sont le terrorisme international et l’extrémisme. Tout ce que j’ai évoqué en est l’exemple le plus flagrant, mais ce n’est en aucun cas le seul exemple du mépris du droit international.”

Droit international

théâtre des conflits internationaux

Là où les pays occidentaux l’accusent de piétiner le droit international, Poutine rappelle des faits récents, qui démontrent que l’Occident, les Etats unis en tête, n’a fait que piétiner le droit international pour imposer ses désirs au monde comme des vérités, n’accordant que très peu de considération aux vies humaines, semant le désordre et la désolation partout, « en raison de l’euphorie de la supériorité absolue». Poutine dit : « L’utilisation illégitime de la force militaire contre la Libye, la dénaturation de toutes les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question libyenne ont conduit à la destruction complète de l’Etat, au fait qu’un énorme foyer de terrorisme international est apparu, au fait que le pays s’est trouvé plongé dans une catastrophe humanitaire, dans l’abîme de la guerre civile, qui a duré plusieurs années et est toujours en cours. La tragédie, à laquelle des centaines de milliers, des millions de personnes ont été condamnées, non seulement en Libye, mais dans toute cette région, a provoqué un exode migratoire massif de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient vers l’Europe.

Un sort similaire a été réservé à la Syrie. Les activités militaires de la coalition occidentale sur le territoire de ce pays sans le consentement du gouvernement syrien et sans la sanction du Conseil de sécurité de l’ONU ne sont rien d’autre qu’une agression, une intervention. Cependant, l’invasion de l’Iraq, qui n’avait aucun fondement juridique non plus, occupe une place particulière. Comme prétexte, ils ont choisi les prétendues informations fiables dont disposeraient les Etats-Unis sur la présence d’armes de destruction massive en Irak. Pour preuve, le secrétaire d’Etat américain agitait publiquement, devant le monde entier, un tube rempli de poudre blanche, assurant à tout le monde qu’il s’agissait d’une arme chimique en cours de développement en Irak. Et puis il s’est avéré que tout cela était une manipulation, du bluff : il n’y avait pas d’armes chimiques en Irak. C’est incroyable, surprenant, mais le fait est là. Il y a eu des mensonges au plus haut niveau étatique et du haut de la tribune de l’ONU. Et en conséquence de cela, il y a eu des sacrifices énormes, des destructions, une progression incroyable de terrorisme. En fait, on a l’impression que pratiquement partout, dans de nombreuses régions du monde, où l’Occident vient mettre en place son ordre, cela se termine en blessures sanglantes qui ne cicatrisent pas, en plaies que sont le terrorisme international et l’extrémisme. Tout ce que j’ai évoqué en est l’exemple le plus flagrant, mais ce n’est en aucun cas le seul exemple du mépris du droit international. »

On est en plein dans un jeu de dupes, ou jeux d’espions. Qui regarderait un ennemi venir louer chez le voisin et dormir tranquille, se justifie Poutine, qui aurait vu le jeu auquel se livre les Occidentaux, a pris ses responsabilités et ne compte pas surtout s’arrêter là. Dans le film jeux d’espions, Sacha Spanenko laisse une lettre à Lisa dans laquelle elle lui demande de se rappeler que « quand on vit parmi les loups, il faut se comporter comme un loup

Devoir de protection

Vladimir Poutine, déterminé

Comme si cela ne suffisait pas, selon Poutine, l’Occident cherche simplement à anéantir sont pays : « Aujourd’hui même, alors que l’OTAN s’étend vers l’est, la situation pour notre pays se dégrade et devient chaque année plus dangereuse. En outre, ces derniers jours, les dirigeants de l’OTAN ont explicitement évoqué la nécessité d’accélérer, de forcer l’avancée des infrastructures de l’Alliance vers les frontières de la Russie. En d’autres termes, ils renforcent leur position. Nous ne pouvons plus nous contenter de regarder ce qui se passe. Ce serait complètement irresponsable de notre part. La poursuite de l’expansion de l’infrastructure de l’Alliance atlantique, la conquête militaire des territoires de l’Ukraine qui a commencé, est inacceptable pour nous. Le problème, bien sûr, n’est pas la structure l’OTAN elle-même, elle n’est qu’un instrument de la politique étrangère des États-Unis. Le problème est que sur les territoires qui nous sont adjacents, je vous fais remarquer, sur nos propres territoires historiques, une «anti-Russie» est en train d’être crée, qui a été placée sous un contrôle extérieur total, qui est colonisée de manière active par les forces armées des pays de l’OTAN et où il y a un afflux d’armes les plus modernes. »

Ce que ne nie pas d’ailleurs le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian qui, s’exprimant ce même 24 février sur Tf1 a affirmé que « L’Otan est aussi une alliance nucléaire», qualifiant  au passage le président russe de «cynique et un dictateur» qui s’expose à des sanctions qui vont «taper au cœur» la Russie. On est en plein dans un jeu de dupes, ou jeux d’espions. Qui regarderait un ennemi venir louer chez le voisin et dormir tranquille, se justifie Poutine, qui aurait vu le jeu auquel se livre les Occidentaux, a pris ses responsabilités et ne compte pas surtout s’arrêter là. Dans le film jeux d’espions, Sacha Spanenko laisse une lettre à Lisa dans laquelle elle lui demande de se rappeler que « quand on vit parmi les loups, il faut se comporter comme un loup ». Et l’Afrique dans tout cela ? Un internaute a juste fait ce commentaire devant cette passe d’armes entre les puissants : « La Russie cherche à conquérir l’Ukraine; la Chine veut s’offrir Taïwan, la Corée du Nord veut se la faire le Sud, la Syrie cherche à dominer l’Israël, la France veut s’éterniser en Afrique, mais l’Afrique attend impatiemment le début du carême le 02 mars, et celui du ramadan le 1er avril, pour s’offrir ses premiers tickets pour le paradis. À chacun ses objectifs, à chacun ses ambitions. Alléluia ! Allahu Akbar ! »

Roland TSAPI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code