Gouvernance : Fo’o Sokoudjou, y a-t-il une malédiction sur le Cameroun ?

Toutes les éventualités sont désormais évoquées pour tenter de comprendre le Cameroun. Comme un malade sur lequel aucun médicament ne semble n’avoir d’effet et à qui on conseille d’aller voir au  village

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Qu’est ce passe-t-il au Cameroun ? Les analystes politiques, économiques et sociaux ont à ce jour épuisé les théories et proposé en même temps des solutions, sans que la situation n’évolue véritablement. C’est la dimension parapsychologique qui est désormais invoquée, et l’on se demande si le Cameroun n’est pas victime d’une malédiction ? C’est la même question que se pose Fo’o Sokoudjou Chendjou II, Roi Des Bamendjou, dans sa dernière sortie du 30 aout 2020, que nous vous livrons ici en restant fidèle à son registre langagier pour garder l’authenticité du message :

« Est ce qu’il n y a pas une malédiction couchée sur la tête de ce pays et qu’on n’a jamais pensé laver? Tu ne peux pas être un parent qui a donné naissance à des enfants et qui rêve de les voir t’enterrer demain et ne pas te poser des réelles questions face à certaines tournures de la vie. Si tu n’es pas quelqu’un qui est mort et est resté en haut tu ne peux ne pas te demander ce que deviendront tes enfants car personne n’a jamais souhaité que sa concession disparaisse après lui. Je dors sans dormir, je me demande chaque jour où va ce pays. Je me demande s’il n y a  pas une malédiction qui hante ce pays. N’est-ce pas par hasard le sang des nombreux Camerounais morts ou tués innocemment en exil? Ou peut-être le sang de  ceux  mort torturés dans les prisons, dans les brousses? Ou sûrement celui des Camerounais portés disparus et dont rien n’a jamais été fait en leurs mémoires? N’avons-nous pas entassé trop de malédictions et que cela nous rattrape ? Nous nous couchons jusqu’à vouloir dormir comme ça que ceux qui ont versés de leurs sang pour ce pays sont où? Nous les avons pleurés comme l’exige nos traditions en Afrique? Comment pouvons-nous dormir en paix si le successeur ne pleure pas son père et que nous nous rassurons qu’on a retiré la tête jusqu’à mettre dans la case sacrée ? Comment nous pouvons laisser le corps des parents en brousse pour aller partager l’héritage ? Ce n’est pas par hasard source de cette malédiction qui nous suit ?

La part du colon

Tenez!!!!! La France, celle-là que nous sommes devenus rien comme ça à cause d’elle, avant de donner le semblant d’indépendance, a travaillé dans ce pays. Ils ont massacrés des milliers de Camerounais, leur seul crime étant d’avoir osé réclamer l’indépendance de leurs pays, d’avoir rêvé que le blanc parte et laisse le Cameroun libre. Nous avons souffert entre leurs mains, beaucoup n’ont pas eu la chance de s’en sortir comme moi pour le raconter aujourd’hui comme ça. Ils sont morts parfois dans des conditions horribles. Beaucoup sont portés disparus jusqu’à aujourd’hui et on n’a jamais porté leurs deuils comme l’exige notre tradition en Afrique. Qu’avons-nous fait pour ces Camerounais?   Leurs malédictions ne peuvent-elles pas nous attraper? Alors que nous étions à la porte pour attendre la liberté, les Français ont passé l’indépendance par la fenêtre et remettre à ceux qui nous accusaient de vouloir l’indépendance. Ils ont tissé les plans dans leurs intérêts au détriment du peuple et ça ils le font  dans le strict respect des termes de leur contrat d’un régime à l’autre. La France fait semblant d’être partie et installe Ahidjo au pouvoir avec  des consignes stricts, les intérêts de la France d’abord. C’est le parti unique, donc on dit même ce que tu as dit sans te consulter.

La chasse aux nationalistes est lancée, il faut absolument éteindre ce genre de semence. C’est le régime de la terreur, tu ouvres ta bouche tu dors à Mantoum, beaucoup sont partis et ne sont jamais revenus. Certains qui revenaient gardaient des séquelles inoubliables. On devait tout accepter sans ouvrir la bouche, mais,  au-moins en ce temps on mangeait jusqu’à donner le reste de la nourriture préparée  au porc. Le café était prospère, les  jalons d’une économie solide étaient posés et on voyait des sociétés d’Etat pousser par ici par-là, le Cameroun était rassasié  jusqu’à ce qu’on aidait même certains pays qu’on ne voit même plus leurs derrière aujourd’hui !! Mais ceci, il faut manger et fermer ta bouche, si non…

La « solution » Paul Biya

1982, la France encore par un tour de passe-passe nous sort Paul Biya du chapeau. Le peuple se dit être libéré  et chante en voyant un jeune homme enthousiaste qui vient avec un discours nouveau, “rigueur et moralisation,” on se dit, finie la torture, un jour nouveau se lève pour le Cameroun et le peuple porte Paul Biya en triomphe. Le temps d’un feu de paille et le peuple commence à réaliser qu’on dormait que le rêve. Et chacun se dit : donc  c’est vrai qu’il faut faire deux mariages pour connaître le bon?  Moins de deux ans, le peuple a commencé à  réaliser qu’en fait on a pris la vigne familiale au vigneron buveur, pour donner au vigneron vendeur et que le successeur là risque ne pas pleurer son père. Rigueur et moralisation, j’ai bu un vin blanc en écoutant, je me disais que mes compagnons ne sont pas morts pour rien. Mais, seulement en quelques jours,  le vol et le pillage des caisses de l’Etat s’installent, la misère s’installe, le peuple gronde, les dirigeants sont  muets, intéressés seulement à se servir, leurs amis les Français et on s’en fou du peuple.

Arrivées les années 1990 avec le vent de la démocratie qui souffle, le Cameroun n’est pas épargné, le peuple n’en peut plus et  exprime sa colère. Le régime est  vomi. Par leur sport favori qui est la tricherie et avec le soutien du maître Français  face à une opposition immature, la victoire du peuple est volée et le pouvoir revoit son dispositif. Plus jamais cela. Le tribalisme monte en puissance, le vol s’intensifie, la fraude électorale s’érige en mode, tout est verrouillé, les hommes d’affaires et les commerçants soupçonnés d’avoir soutenu l’opposition  sont asphyxiés avec les  impôts, le régime tente de fabriquer ses propres hommes d’affaires, les salaires des pauvres fonctionnaires sont fractionnés en 3, voir par 4, médecins, enseignants et autres sont clochardisés  dans leurs pays, obligés de se battre comme ils peuvent pour joindre les deux bouts et bonjour la corruption c’est la décadence totale.

A suivre

Roland TSAPI

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