Figures : Dieudonné Bougne, du rêve de l’industrie à l’industrie de rêve

On pourrait dire qu’il est né pour creuser le sol, tant il commencé par travailler dans le sable qui est produit du sol, et aujourd’hui un capitaine d’industrie d’extraction minière ayant fait bouger des financiers de partout dans le monde. Le fils de Bansoa continuer dans région de l’Ouest Cameroun, est parti d’un rêve d’enfant pour devenir aujourd’hui cet enfant que toute rêverai d’accoucher, et qui en plus incarne le rêve de la jeunesse.

écouter l’éditorial

L’Etat du Cameroun a signé le 14 novembre 2019 à Yaoundé une convention minière avec l’entreprise G-Stones Resources S.A, pour l’exploitation du minerai de fer d’Akom II dans la région du Sud, département de l’Océan, précisément dans le village Grand-Zambi. Après 8 ans d’études, l’entreprise a découvert une réserve de fer certifié de 160 millions de tonnes sur 3 km qui vont être désormais exploités, mais en réalité un milliard deux cent millions de tonnes de fer son disponible sur 47 Km. 900 milliards de francs Cfa seront investis dans le projet, qui va selon les promoteurs embaucher 3500 personnes en emploi directs, dont 75% des camerounais pour la production de 2 millions de tonnes de concentré de fer par an, soit 167 000 tonnes par mois. Pour le moment il est encore attendu des autorités camerounaise la signature d’un document institutionnel pour le démarrage de la due diligence préalable au déblocage des fonds par des investisseurs étrangers. Les premiers impacts sociaux visibles seront l’électrification, la construction des infrastructures scolaires, sanitaires et routières dans les localités de Grand-Zambi, Akom II ville, Adjap et Bipindi.

Encore employé, mais déjà employeur

Au cœur de ce projet révolutionnaire, se trouve un camerounais du nom de Dieudonné Bougne, le fondateur du Groupe Bocom International. Aujourd’hui présenté comme l’un des milliardaires camerounais à la courbe montante, il est l’un des rares qui a fait fortune non pas dans le commerce où l’on achète et l’on vend, mais dans la création des richesses par la mise sur pied des industries, même comme rien dans sa jeunesse ne le prédisposait à tutoyer le monde des magnats de la finance nationale et internationale.

Né en 1956 à Bansoa dans le département de la Menoua, région de l’Ouest, il a souvent raconté lui-même sans complexe et avec fierté dans plusieurs interviewes accordées aux média, ses débuts. Dans un de ces entretiens avec des journalistes de buisnessjeunemagazine.com en juin 2016, il lève un pan de voile sur certains aspects de son parcours.  « A 18 ans, j’assistais les ressortissants nigérians basés au Cameroun dans l’exploitation du sable. Pour un salaire de 200 FCFA/jour, j’assurais le chargement et le déchargement des camions de sable. A dix-neuf ans, je deviens docker au port de Douala, malgré le fait d’être mineur. Mon salaire oscillait entre 30 000 et 60 000 FCFA. Après seize ans de travail au port, je démissionne. Mais dès mon embauche au port de Douala, mon ambition était de faire des économies pour l’ouverture d’un atelier de couture. Ainsi, le premier salaire m’a permis d’acheter une machine à coudre et je raccommodais le soir après le travail. J’ai mené de front les deux activités, en 1982 j’étais docker et j’embauchais 42 personnes dans mon atelier de couture. Et ce n’est pas tout. Je gérais parallèlement des taxis, des camions bennes pour le transport et la commercialisation du sable, ainsi qu’un moulin pour la transformation du maïs et des tomates.

En plus de mon salaire de docker, toutes ces activités parallèles me rapportaient 100 000 FCFA par jour. Mon départ du port sera précipité par un contexte social très difficile. Entre 1990 et 1992, ma femme effectuait des déplacements au Togo et au Bénin pour l’achat de marchandises qu’elle revendait au Cameroun. Lors du rangement, on notait la mention « made in China ». Malgré la réticence de ma femme, je décide qu’on doit s’approvisionner à la source. En 1994, on effectue donc le premier voyage à Hong-Kong… »

Ebloui par la propreté de l’environnement

C’est au cours de ces voyages dans l’import qu’il découvre sa vraie vocation, quand un incident l’oblige à faire un stop dans la capitale de la république française. Il raconte qu’en  1996, sur le chemin  Douala Hong Kong, la compagnie aérienne qui le transportait manque sa correspondance à Paris et les loge. Il a l’occasion de sortir dans la rue et est frappé par la propreté de la ville. Il se demande dès lors pourquoi le Cameroun ne peut pas être aussi propre, et dès son retour  il s’associe à un industriel camerounais pour la création de Bocam, qui récupère les huiles usagées, les décante avant la revente. Mais suite à un différend, il se sépare en 2001 et crée Bougne company International  en abrégé Bocom, spécialisé dans le traitement des déchets dangereux. D’après lui, à ce jour, Bocom incinère 3 tonnes de déchets et traite 800 batteries par jour. Depuis lors rien n’arrête Dieudonné Bougne, qui a diversifié ses activités et s’est spécialisé dans plusieurs domaines, avec un fort penchant pour l’économie verte et la création des industries. Le territoire national est désormais parsemé de ses stations-services pour ce qui est plus visible.

Le goût du défi

Dans l’entretien mentionné, il affirme : « J’ai une rage pour le développement du Cameroun et de l’Afrique. Il faut montrer aux yeux du monde que nous sommes capables de transformer nos matières premières, de développer notre pays et notre continent. » C’est cette hargne qui le pousse à investir dans le domaine de l’exploitation et la transformation minière, malgré les difficultés qui jonchent le passage, notamment la contrainte de mener des longues études coûteuses, qui parfois peuvent s’avérer vaines. A 63 ans, l’homme se veut en plus être un modèle pour la jeunesse,  à laquelle il donne ce conseil « Il faut croire en ce qu’on fait et être honnête. Avec ça on arrive à s’en sortir. Même s’il y a des embûches, l’ambition doit rester intacte car c’est ainsi qu’on arrivera à ses fins. Aujourd’hui par exemple, la Société Générale des Banques du Cameroun me prête 1 milliard FCFA sans garantie, et rien qu’avec ma caution personnelle. Plusieurs banques sont à ma porte tous les jours pour proposer des offres de financement. Pourtant, au début de mes activités, j’avais toutes les difficultés du monde pour obtenir un simple prêt bancaire. »

A ses débuts, Dieudonné Bougne creusait le sol et tirait du sable pour vivre, aujourd’hui encore il continue de creuser le sol pour y prendre le fer, et il sait aussi que c’est en dessous de ce sol que se trouve l’or. Une façon pour lui de démontrer à la jeunesse, et de manière concrète, que la terre ne trompe pas.

Roland TSAPI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code