Figure : Ernest Simo, l’inventeur du Vsat

Il est l’inventeur du système de télécommunication qui aujourd’hui permet de faire du village planétaire une réalité

Dans les zones les plus reculées du Cameroun, pour se limiter au pays, il est aujourd’hui possible de regarder la télévision, grâce à une technologie innovatrice en matière de télécommunication, les réseaux VSAT grâce auxquels l’on peut étendre les services de télévision dans les zones reculées où il existe peu ou pas du tout des infrastructures terrestres de télécommunications. Aussi, de nos jours, un client d’une banque peut ouvrir son compte à Douala, et faire ses opérations avec aisance dans une succursale à Kousseri, grâce aux réseaux VSAT, car une entreprise disposant d’un réseau VSAT peut communiquer librement et en permanence avec tous ses bureaux ou filiales pour la transmission de données, voix, téléphonie ou vidéos. Les experts développement technologique et télécommunications sont unanimes pour dire que les réseaux VSAT apportent les avantages comme une solution compétitive en termes de coût, un niveau de fiabilité très élevé et une haute disponibilité du service, une station flexible et extensible et un dispositif simple et rapide à installer. Une entreprise ou toute structure moderne qui se veut compétitive ne peut se passer d’une telle technologie, qui a été mise au point par un Camerounais, Ernest Simo.

Le Dr Ernest Simo a formé plus de 10 000 dirigeants et ingénieurs en télécommunications aux États-Unis et dans le monde (Chine, Japon, Singapour, Malaisie, Hong-Kong, Vietnam, Corée du Sud, Mexique, Argentine, Brésil, Pérou, Chili, Canada et Irlande, tous ces pays donc les produits électroniques inondent les marché camerounais.

Parcours

Il est né le 27 janvier 1956, et fait ses premiers pas d’élève à l’école primaire d’Ekoudou au quartier Briqueterie, puis continue ses études secondaires au  lycée Leclerc à Yaoundé, sanctionnées par un baccalauréat série C en 1974. Bénéficiaire d’une bourse du British Council, il part pour la  Grande-Bretagne pour suivre des études supérieures d’ingénieur. 4 ans après en 1978, il obtient une licence en génie électrique à l’école polytechnique de Portsmouth, et  une maîtrise en télécommunications de l’université d’Essex l’année suivante. Il rentre brièvement au Cameroun pour occuper le poste de chef de service des Transmissions au ministère des Postes et Télécommunication, mais repart en 1980, ayant obtenu une nouvelle bourse d’études. Au Royaume-Uni, il réalise des travaux de recherche à l’Atomic Weapon Research Establishment de la Défense britannique, et obtient un doctorat en génie électrique à l’université de Birmingham en 1983. Par la suite il est  recruté par la société américaine Hughes Network Systems (HNS). C’est ici qu’il développe la technologie Very Small Aperture Terminal, en abrégé  VSAT, et sera, en 1984, à Memphis au quartier général de Federal Express, la toute première personne à installer un VSAT, qui a révolutionné le monde de la télécommunication et de la transmission des données.  Il a été aussi membre du comité qui a mis sur pied la technologie CDMA entre 1987 et 1991. Cette technologie est utilisée actuellement pour les communications cellulaires aux États-Unis, au Canada, en Amérique Latine et en Asie, la même qui a permis à Camtel de lancer le Ct phone au Cameroun. Il est également passé par la Nasa, l’agence fédérale responsable de la majeure partie du programme spatial civil des Etats Unis, où il a été finaliste du programme d’astronaute en 1994 et 1996. Depuis 1999, il a enseigné à l’école supérieure des postes et des télécommunications du Cameroun. Le Dr Ernest Simo a formé plus de 10 000 dirigeants et ingénieurs en télécommunications aux États-Unis et dans le monde (Chine, Japon, Singapour, Malaisie, Hong-Kong, Vietnam, Corée du Sud, Mexique, Argentine, Brésil, Pérou, Chili, Canada et Irlande, tous ces pays donc les produits électroniques inondent les marché camerounais.  Il est aussi PDG de la compagnie Space 2000 qu’il a créée. En 2004 le magazine américain USBE (US Black Engainer & IT, le classait parmi les 50 meilleurs ingénieurs Américains-Africains des États-Unis dans le domaine des technologies. On lui attribue également la paternité de la carte Sim aujourd’hui utilisée dans les téléphones, mais l’homme lui-même ne l’a jamais revendiqué, et a souvent expliqué lors des interviewes qu’il a activement participé aux travaux qui ont permis de mettre au point les cartes bancaires et autres.

Pour lui il n’y a aucun doute que les scientifiques camerounais peuvent faire briller davantage les couleurs du Camerounais dans les laboratoires les plus prestigieux du monde, et pour y arriver ils doivent être « courageux, ambitieux et se laisser entraîner par les forces gravitationnelles de la curiosité et de l’innovation. Visez très haut, ciblez la lune, parce que quand bien même vous la ratez, vous vous retrouverez parmi les étoiles. 

Développement scientifique et technologique

Dans une interview accordée à Tic Mag Tv en 2015 en marge des Journées de l’excellence de la recherche scientifique et de l’innovation (JERSIC) tenues à Yaoundé du 10 novembre au 12 novembre 2015, il disait : « Au cours de mon exposé j’ai demandé à l’audience de me citer 5 produits importés au Cameroun et 5 produits exportés par le Cameroun. Pour les produits importés on m’a cité les voitures, les téléviseurs, des appareils mécaniques, électroménagers, électronique…Pour les produits exportés ils m’ont donné le cacao, le café, le coton, la bauxite, le pétrole. J’ai mis les deux listes en examen, et je leur ai demandé ce qu’ils constataient. Vous constatez que les produits qui sont importés sont faits par l’homme, alors que les produits qui sont exportés nous sont donnés par Dieu, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de valeur ajoutée dans ces produits d’exportations, et pourtant c’est dans ces produits que se trouvent les impulsions de développement économique, c’est en travaillant, en mettant de la valeur dans ces produits que ce trouvent les dons cachés de la recherche et de l’innovation. Alors j’ai lancé un appel à la communauté scientifique camerounaise de produire avant l’an 2020 des impulsions tangibles pour essayer d’accélérer la croissance économique, pour redresser le ratio des importations par rapport aux exportations et pour atteindre les objectifs spécifiques qui sont les suivants : on doit développer 20 produits d’exportations et les arrimer au marché international et domestique, on va déclencher une transition d’une économie agro centrique vers une économie info centrique en vulgarisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication  et en développant des applications indigènes appropriés. On va développer les méthodes pour améliorer les productions et les rendements agricoles, et on va améliorer les prestations de service dans le domaine de la santé et de l’éducation… ». Pour lui il n’y a aucun doute que les scientifiques camerounais peuvent faire briller davantage les couleurs du Camerounais dans les laboratoires les plus prestigieux du monde, et pour y arriver ils doivent être « courageux, ambitieux et se laisser entraîner par les forces gravitationnelles de la curiosité et de l’innovation. Visez très haut, ciblez la lune, parce que quand bien même vous la ratez, vous vous retrouverez parmi les étoiles. »

Roland TSAPI

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