Enseignement supérieur : l’Ecole nationale supérieure Polytechnique de Douala dans la broussaille

Le piteux état de la route qui mène dans cette école supérieur fait même douter de la considération qui lui est accordée

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Depuis le 11 mai 2020, le président de la république du Cameroun a signé le décret 2020/272 portant transformation de la Faculté de Génie industrielle de l’université de Douala en Ecole nationale supérieure polytechnique de Douala. Le premier directeur de cette école le professeur Ruben Martin Mouangue, nommé un mois plus tard le 8 juin 2020, la définit comme « un pôle d’Excellence polytechnique au service du développement local, national et sous régional », avec pour missions spécifiques d’assurer la formation et la recherche dans des domaines pointus d’ingénierie. C’est dire que comme toute école de ce niveau, elle a vocation à accueillir des futurs ingénieurs venant de partout dans le monde. Au-delà de renforcer les capacités de cet établissement en formation, la transformation de la Faculté en Ecole, venait également mettre un terme à un conflit qui opposait par le passé les récipiendaires de l’ancienne Faculté de Génie Industrielle à l’Ordre des ingénieurs du Cameroun, qui refusait de les inscrire à l’Ordre sous prétexte que le Fgi n’était pas une grande école, alors qu’ils avaient les même programmes et formations que les élèves de l’Ecole nationale supérieure polytechnique de Yaoundé, qui eux n’ont pas de soucis à intégrer l’Ordre. Sur le plan architectural, l’Ecole nationale supérieure polytechnique de Douala est logé dans un campus moderne qu’il suffit d’entretenir pour garder l’image. Seul hic, la route qui mène dans cette institution universitaire est en piteux état.

Route abandonnée

Situé en effet sur la route Douala Yabassi au niveau de Logbessou, lieu-dit Pk17, l’Ecole nationale supérieure polytechnique de Douala Enspd est la principale victime de la dégradation de cette route. Partir du carrefour dit Pk 14 jusqu’à l’entrée de l’Ecole est une véritable gageure pour les véhicules, qui s’embourbent dans de nombreux nids d’éléphants en saison de pluie, ou sont complètement noyés dans la poussière en saison sèche. Le personnel de l’Ecole arrive ainsi dans l’établissement avec un véhicule souillé par l’état de la route, ou quand il rentre chez lui le soir c’est par politesse qu’on ne lui demande pas s’il sort d’un champ. Bref, l’état de la route qui mène à l’Ecole nationale polytechnique de Douala n’est pas digne d’une desserte qui devrait conduire dans une institution universitaire qui forme l’élite d’un pays.

L’axe routier Douala Bonepoupa Yabassi qui passe devant l’Ecole nationale supérieure polytechnique de Douala, est pourtant en projet de construction depuis au moins trois ans. Le site internet du ministère des Travaux publics est assez informatif sur le sujet. D’après cette plateforme de communication, on  apprend dans une publication datant du 18 juin 2018: «  Retenue dans le Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique volet routier, la route Douala-Bonépoupa- Yabassi se dessine, les travaux de terrassement sont effectifs sur les 45 premiers kilomètres que constituent le lot2. Réalité touchée du doigt par le Ministre des Travaux publics au cours de sa visite des chantiers effectuée sur cet axe routier  le 31 mai 2018. C’est avec beaucoup d’émotion et d’optimisme que les  populations riveraines du département du Nkam ont accueilli la délégation conduite par le Ministre des Travaux publics, Emmanuel NGANOU DJOUMESSI, accompagné du Secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Travaux publics chargé des Routes, Armand NDJODOM,  qui  a entrepris  de visiter l’axe routier route Douala-Bonépoupa- Yabassi en cours d’aménagement. Le but de cette visite était non seulement d’apprécier le niveau d’avancement des travaux, de booster les équipes projets mobilisées sur le terrain, mais aussi, de  rassurer les populations quant à l’engagement du gouvernement à réaliser cette infrastructure routière, dans les délais contractuels. La route Douala-Bonépoupa- Yabassi vient répondre à l’épineux problème de désenclavement du département du Nkam.  Long de 95 kilomètres, cet axe routier correspond aux lots 2 et 3 du programme du Plan d’Urgence Triennal pour l’accélération de la croissance économique volet routier. Le  lot2  va de Douala partant du quartier Nyala à Bonépoupa sur un itinéraire de 45 kilomètres. Les travaux sont réalisés par l’entreprise ENCOBAT BTP, la surveillance et le contrôle technique par le bureau d’études groupement TAEP/Pyramides INTER pour un montant  qui s’élève à  1 749 874 500 fcfa toutes taxes comprises.  Les travaux d’aménagement de la route Douala-Bonépoupa consisteront à la construction d’ une chaussée à 2×2 voies avec une largeur de chaussée de 3.50 m et deux accotements de 1.5m de large de part et d’autre en zone urbaine et d’une chaussée à 2 voies d’une largeur de 3.50m et deux accotements de 1.5 m de large de part et d’autre en rase campagne. Les travaux de terrassement sont visibles sur les 45 kilomètres et la planche d’essai de la couche de fondation au point kilométrique 22+600.  Le taux d’avancement en début du mois de juin est de 18% avec une consommation de délai de 54.11%. Les retards observés dans l’exécution de ce chantier sont liés pour la plus part à la non libération des emprises du projet et au déplacement des réseaux et des retards dans le payement des décomptes. »

Trois ans et 7 mois après cette visite du ministre des travaux, rien n’a changé, l’entrée de l’Ecole nationale supérieur polytechnique de Douala reste en piteux état. Quelles que soient les raisons qui peuvent être à l’origine d’une telle lenteur dans l’exécution des travaux, le constat reste le même, on patauge dans la boue ou on nage dans la poussière pour arriver à Polytechnique de Douala, ce qui n’honore ni l’enseignement supérieur, ni le pays dans l’ensemble. Une école nationale supérieure polytechnique qui est supposée recevoir des entrepreneurs locaux ou internationaux pour des échanges, des partenariats et autres contrat de développement et de recherche, qui n’a pas d’accès, cela constitue un frein à sa rentabilité. Quand la route passe, le développement suit, a-t-on coutume de dire. S’il est si difficile pour le gouvernement de passer un marché de construction d’une route et la réceptionner dans les délais, il est urgent que pour la route Douala Yabassi, qu’au moins le tronçon qui va jusqu’à l’école nationale supérieure polytechnique de Douala soit achevé, cela y va aussi de l’image que projette l’institution universitaire à la nation, et à l’étranger

Roland TSAPI

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