Endettement : le Cameroun en usure

Le gouffre financier dans lequel le Cameroun s’enfonce d’années en année, fait de lui désormais une proie facile pour les institutions internationales dans leur mission d’asservissement total

FIM, endetter le Caqmeroun jusqu’au cou

Au 30 juin 2021, la dette du Cameroun était évaluée à 10 687 milliards de francs cfa, alors qu’au 31 décembre 2020, elle était de 10 378franc cfa. Ces informations publiées par  la Caisse autonome d’amortissement montrent que  le stock de la dette publique a augmenté de 309 milliards de FCFA en six mois. Si on y ajoute les 375 milliards de francs cfa approuvés sur 3 ans par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international le 29 juillet 2021, on comprend que le montant va augmenter. Surtout  qu’à l’issue des délibérations du conseil d’administration, le directeur général adjoint et président par intérim du FMI Mitsuhiro Furusawa,  a déclaré que ce financement permettrait entre autres de renforcer davantage la transparence, la bonne gouvernance et le cadre de lutte contre la corruption, qui devrait contribuer à catalyser des financements supplémentaires des donateurs. En d’autres termes, le niveau d’entêtement actuel du Cameroun n’inquiète pas le Fonds monétaire international, au contraire, il est prêt à en donner davantage et encourage d’autres donateurs dans ce sens. De son côté le gouvernement présente ces divers prêts comme une réussite, mais cette euphorie cache mal le malaise économique qui se vit au jour le jour avec des répercussions dans tous les secteurs de la société. A titre d’exemple, le 2 août 2021, près de 700 médecins sortis des écoles et en chômage depuis un an manifest​ai​ent devant les services du Premier ministre à Yaoundé pour réclamer leur intégration. La réponse du gouvernement était que la soutenabilité budgétaire ne le permettait pas, c’est-à-dire en termes simples qu’il n’y pas de l’argent dans les caisses pour payer de nouveaux fonctionnaires, et que les perspectives ne sont pas bonnes.

Ces éléments ne sont en principe pas de nature à encourager un prêteur, à moins qu’il ne s’agisse d’un usurier, c’est- à-dire une personne qui propose des prêts à des taux d’intérêt extrêmement élevés, à des conditions de recouvrement strictes en cas d’échec, ou par extension une personne qui accroît sa fortune en profitant des malheurs ou des nécessités des autres.

Gouffre

Le budget du Cameroun pour l’année 2021 est de 5235,2 milliards de francs cfa, et sa dette au 30 juin 2021 est de 10 687 milliards de francs cfa, soit presque le double. Dans une note d’information mise à jour le 21 juillet 2021, le bureau de la Banque mondiale à Yaoundé affirme que « le Cameroun connaît des problèmes de gouvernance qui freinent son développement et le rendent moins attractif aux yeux des investisseurs. Il est classé 149e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption 2020 établi par Transparency International, et 167e sur 190 économies dans le dernier rapport Doing Business 2020 de la Banque mondiale sur la réglementation des affaires. » Ces éléments ne sont en principe pas de nature à encourager un prêteur, à moins qu’il ne s’agisse d’un usurier, c’est- à-dire une personne qui propose des prêts à des taux d’intérêt extrêmement élevés, à des conditions de recouvrement strictes en cas d’échec, ou par extension une personne qui accroît sa fortune en profitant des malheurs ou des nécessités des autres. Selon son fonctionnement intérieur, « dans le cadre des prêts qu’il accorde, le FMI se doit de garantir auprès de ses contributeurs la bonne utilisation des fonds alloués à tel ou tel pays. Il ne s’agit pas seulement de retarder la crise par l’octroi d’une aide monétaire temporaire, mais de profiter du répit accordé par le prêt pour corriger les causes structurelles des difficultés économiques. Ainsi le FMI exige des emprunteurs qu’ils mettent en place les politiques économiques qu’il préconise, les «politiques d’ajustement structurel. Finalement les trois grandes missions du FMI sont d’accorder des prêts aux pays en difficulté financière, de conseiller les États membres quant à leur politique économique, d’apporter une assistance technique et des offres de formation aux États membres dans le besoin. »

Article 22: L’ONU est notre instrument, nous devons l’utiliser contre nos ennemis et les pays du tiers-monde pour protéger nos intérêts. Article 25 : Notre devoir est de maintenir l’Afrique et d’autres pays du monde dans le sous-développement, la misère, la division, les guerres, le chaos pour bien les dominer, les exploiter et les piller à travers les « Missions » de « Nations-Unies

Esclavagisme

Paul Biya, sait-il où il a mené le pays?

Il est donc évident qu’un pays qui dépend du Fmi est désormais son esclave, et doit mener ses politiques publiques et économiques selon la volonté de cette institution financière qui est un bras de l’Organisation des nations Unis. Et quelle est la volonté du Fmi et de l’organisation mère qui est l’Onu, la charte de l’impérialisme, élaborée à Washington pendant la « traite négrière », ensuite discrètement négociée à la « conférence de Berlin en 1885 » pendant que les puissances Occidentales se partageaient l’Afrique ; renégocié secrètement à Yalta au moment du partage du monde en deux blocs après la deuxième guerre mondiale,  fournit quelques réponse : « Article 1 :​Devise de l’impérialisme : Gouverner le monde et contrôler les richesses de la planète ; Notre politique est de diviser pour mieux régner, dominer, exploiter et piller pour remplir nos banques et faire d’elles les plus puissantes du monde. Article 8 : On ne négocie pas les accords et les contrats avec les pays du tiers-monde, on leur impose ce qu’on veut et ils subissent notre volonté. Article 16 :N’auront droit à l’aide précitée, que les pays dont les dirigeants font preuve d’une soumission totale à nous, nos marionnettes et nos valets. Article 17: Notre aide doit-être accompagnée des recommandations fortes de nature à empêcher et briser toute action de développement des pays du tiers-monde. Article 22: L’ONU est notre instrument, nous devons l’utiliser contre nos ennemis et les pays du tiers-monde pour protéger nos intérêts. Article 25 : Notre devoir est de maintenir l’Afrique et d’autres pays du monde dans le sous-développement, la misère, la division, les guerres, le chaos pour bien les dominer, les exploiter et les piller à travers les « Missions » de « Nations-Unies ». Il faut dire que le Fmi ne ménage aucun effort pour mener à bien sa véritable mission qui consiste à endetter davantage les pays sous-développés et les maintenir dans l’asservissement. La dernière trouvaille, mise sur pied avec l’avènement du covid 19 est la facilité de crédit rapide (FCR) et  le mécanisme élargi de crédit, dont le but est de continuer à donner de l’argent aux pays même s’ils sont dans l’incapacité d’honorer leurs engagements. En fait il s’agit de la technique de l’usurier, qui n’est pas en réalité intéressé par le remboursement de l’argent, mais par la garantie. Et quand on sait qu’il y a deux ans exactement, le 11 juin 2019, le ministre camerounais des Mines annonçait au cours d’un point de presse la découverte de 300 nouveaux gisements de minerais au Cameroun, après des explorations qui avaient duré 5 ans avec un financement de 38 milliards de la Banque mondiale, on comprend mieux ce sur quoi les institutions internationales comptent, pour continuer à alimenter le pays de quelques miettes en dettes, aussitôt dilapidées dans la mal gouvernance.

Roland TSAPI ​ 

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