Education : l’indispensable réorientation par le haut

La boussole de la société, l’enseignant d’université, est devenu celui qui entraîne cette société dans l’abîme.

Le monde entier célèbre ce 05 octobre 2021, la journée mondiale de l’enseignant, la 27ème édition depuis 1994. On peut se demander pourquoi cette profession n’a eu les honneurs d’être célébrée que depuis 27 ans, alors que tous les êtres humains sont passés devant un enseignant, depuis la création, et les enseignants d’aujourd’hui s’inspirent grandement de ceux d’hier. L’importance des enseignants n’est plus à démontrer. L’Organisation des nations unis pour l’éducation, la science et la culture, rappelle que sans les enseignantes et les enseignants, l’éducation ne remplirait pas le rôle qui lui est assigné, car enseigner ne signifie pas uniquement apprendre à l’élève une série de faits et nombres. C’est inspirer, libérer le potentiel de l’enfant, lui offrir de nouvelles perspectives. Enseigner c’est aider les enfants à concrétiser leurs rêves d’un monde meilleur. Cette année, l’Internationale de l’Education, une association française insiste sur le droit de chaque enfant dans le monde de bénéficier de l’attention de personnels qualifiés. Pour elle, tout au long des différentes étapes de la scolarité, du jardin d’enfants à l’éducation supérieure, il faut des enseignantes et des enseignants qualifiés pour guider les élèves et les encourager à cultiver des valeurs fondamentales telles que la paix, la tolérance, l’égalité, le respect et la compréhension. Les enseignantes et les enseignants qualifiés aident les enfants, les jeunes et les adultes à devenir des citoyens critiques, responsables, capables d’agir sur le monde qui les entoure. Ils éveillent aussi leur sens du dialogue et leur sentiment de confiance en eux et envers les autres. Ils constituent les piliers de l’éducation, car enseigner c’est ouvrir les portes d’un monde meilleur.

Sur les terrains où on attend ces collègues, on ne les voit curieusement jamais, notamment en matière de publications de référence, d’inventivité, de parution d’ouvrages utiles pour faire avancer la société, de dénonciation des maux qui minent leur société et des propositions aux nombreux problèmes qui se posent çà et là, pour faire avancer leur pays et le monde. Une communauté intellectuelle utile se met au service des peuples et de l’humanité et non le contraire comme on semble le remarquer

Mission dévoyée

La journée 2021 se célèbre autour du thème « les enseignants au cœur de la relance de l’éducation et l’on précise que “de la qualité de l’enseignement dépend la qualité du monde de demain.” Comme pour dire que l’éducation connait un frein, ou est en peine, et nécessite que quelque chose soit fait. Au Cameroun, les maux dont souffre l’éducation n’échappent pas à tous. Dans une tribune publiée il y a peu, le Pr. François Wassouni de l’Université de Maroua s’attaque à ce qu’il appelle « l’imposture des faux universitaires et des pseudo-intellectuels dommage et honteux ! » Un extrait dit : « Je commence mon propos par ces deux citations : celle de Paul-Vaillant Couturier, qui écrit que « l’intelligence défend la paix. L’intelligence a horreur de la guerre », et celle de Confucius « la conscience est la lumière de l’intelligence pour distinguer le mal du bien. » Je pars de ces deux petites paroles (…) et je pose la question simple de savoir ce que sont devenus certains de nos collègues universitaires et quelques soi-disant intellectuels camerounais. À cette question justement, on est en position de répondre que beaucoup sont devenus des vilains griots, des affamés, des opportunistes sans vergogne et qui font la honte de leur corporation dont ils ternissent gravement et dangereusement l’image. Sur les terrains où on attend ces collègues, on ne les voit curieusement jamais, notamment en matière de publications de référence, d’inventivité, de parution d’ouvrages utiles pour faire avancer la société, de dénonciation des maux qui minent leur société et des propositions aux nombreux problèmes qui se posent çà et là, pour faire avancer leur pays et le monde. Une communauté intellectuelle utile se met au service des peuples et de l’humanité et non le contraire comme on semble le remarquer. Traverse-t-on finalement une crise des universitaires et d’intellectuels au Cameroun à côté des autres crises auxquelles fait face notre cher et beau pays ?

À regarder de près ce qui se passe, de nombreux soi-disant universitaires et intellectuels sont experts en démagogie, en courtisanerie commis auprès de personnalités quelconques. Ces laudateurs des hommes de pouvoir distillent la culture de la haine, de la division au sein de la société camerounaise, du tribalisme, du népotisme et surtout du mensonge.

Universitaire de la panse

« En principe, dans un pays ou dans une société, les intellectuels et les universitaires sont censés prêcher par l’exemple, le bon exemple et briller par leur humilité, leur simplicité, leur détermination au travail et leur sens élevé de la vérité, d’éclairage, d’objectivité pour éveiller les consciences. On se souvient encore de la belle époque où des intellectuels camerounais avaient émergé et faisaient parler d’eux à travers l’Afrique et le monde, contribuant ainsi à porter très haut l’image de leur pays. Entre autres, Engelbert Mveng, Adalbert Owona, Fabien Eboussi Boulaga, Marcien Towa, Jean-Marc Ela avaient réussi à faire du Cameroun une terre de production de savoir exceptionnelle et qui inspirait nombre de pays à travers l’Afrique. À ceux-là, s’ajoutent d’autres qui font rayonner le Cameroun et l’Afrique toute entière : Achille Mbembé, Jacques Bonjawo, Simo, Manu Dibango, André-Marie Talla. Mais cette époque est révolue ; on n’a plus qu’une génération d’opportunistes qui s’illustrent par des mauvaises façons de faire. À regarder de près ce qui se passe, de nombreux soi-disant universitaires et intellectuels sont experts en démagogie, en courtisanerie commis auprès de personnalités quelconques. Ces laudateurs des hommes de pouvoir distillent la culture de la haine, de la division au sein de la société camerounaise, du tribalisme, du népotisme et surtout du mensonge. Leurs créneaux de prédilection sont les plateaux de télévision, des radios et les réseaux sociaux qu’ils écument impertinemment comme des gens oisifs. Mais ils n’y tiennent que des discours futiles et abjects. Ils sont de plus en plus nombreux, universitaires (tous grades confondus), écrivains, artistes-musiciens, hommes publics, à polluer les médias sociaux de discours dangereux et de constructions discursives honteuses où, dans une stratégie de positionnement, tantôt ils glorifient le système auquel ils doivent ce qu’ils sont, tantôt vénèrent les pontes de la République, caressant l’espoir d’un strapontin administratif. (…) »

Le Pr Wassouni François, reste cependant optimiste. Tout, heureusement, n’est pas pourri, dit-il.  À côté des spécialistes de l’imposture, on trouve des universitaires engagés dans les combats intellectuels et nobles. Ils travaillent à un Cameroun nouveau et différent, expurgé de la corruption, du mensonge, de l’inertie, de la médiocrité, du népotisme, etc. il appartient à cette catégorie de sensibiliser les Camerounais à la vigilance, à la prudence, pour les préserver des pièges enclenchés par les intellectuels et universitaires faussaires qui manœuvrent pour tirer avantage de maintenir le pays dans les abysses de l’immobilisme et le chaos, conclut le professeur. Relancer l’éducation comme le professe le thème, est plus que d’actualité au Cameroun, car une société est le fruit de son éducation  

Roland TSAPI 

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