Covid 19 : le « vaccin » qui profite aux autres

En imposant le vaccin au Camerounais, le gouvernement aide l’économie extérieure à prospérer sans garantir la santé des populations, faisant fi des solutions locales

écouter l’éditorial

Comme nous le constations dans le précédent éditorial, le gouvernement camerounais est en train de mettre les bouchées doubles pour que les populations camerounaises soient vaccinées contre le corona virus. A la sortie d’une réunion de crise à ce sujet le 9 juin 2021 dans les services du premier ministère, le ministre de la Communication a laissé entendre que la stratégie qui se prépare pour arriver à ces fins est similaire à une campagne électorale, avec la distribution du pain et de la sardine en moins. Sinon les mêmes techniques vont être déployées, en s’appuyant sur les présidents des associations des communautés, les prêtres, imams et pasteurs, tous ceux qui peuvent avoir une position d’influence sur les groupes de population. Des questions restent cependant sans réponses, et les arguments avancés par le gouvernement restent plus théoriques que scientifiques.

D’abord, il est difficile pour le gouvernement de dire à ce jour contre quoi exactement il faut que les populations se vaccinent. Le virus initial Sars-Cov 2, responsable du coronavirus a beaucoup évolué depuis son apparition, et les scientifiques ont recensé au 11 juin 2021, 8 variants exactement que l’Organisation mondiale de la santé a décidé de dénommer Alpha, Beta, Delta et suivant, pour dit-elle éviter de stigmatiser les pays dans lesquels ils ont été détectés, mais aussi leur donner des appellations plus facile à prononcer. On parle alors du variant Alpha détecté au Royaume-Uni, du variant Beta identifié en Afrique du Sud, des variants Gamma détectés au Brésil, Delta et Kappa détectés en Inde, Eta identifié au Nigéria et au Royaume uni. Et les études se poursuivent pour déterminer quels sont les variants les plus contagieux et si les vaccins restent efficaces face à ces mutations. Ces précisions ne sont pas contenues dans les discours du gouvernement camerounais.

Produit exporté et inconnu

Ensuite, si l’on s’en tenait à la première version du virus, contre laquelle les laboratoires ont mis sur pied les vaccins, le doute persiste. Déjà, sur le plan purement scientifique, c’est par abus que les substances aujourd’hui distribuées dans le monde sont appelées vaccins. La définition simple du vaccin dit que c’est une substance pathogène qui, inoculée à un individu, lui confère l’immunité contre une maladie. Or les substances présentées jusqu’ici ne jouent pas ce rôle, elles ne protègent par l’humain contre le développement de la maladie. Sur ce point au moins tous sont d’accord, scientifiques, propriétaires de laboratoires et politiques confondues, même si les uns et les y vont de leurs jeux de mots pour habiller les faits ou les relativiser. “Il n’y a pas de risque zéro”, rappelait encore  le 20 mai 2021 Hans Kluge de l’OMS Europe, en précisant que « les vaccins sont peut-être une lumière au bout du tunnel, mais nous ne pouvons pas nous laisser aveugler par cette lumière“. Catherine Smallwood, chargée des situations d’urgence à l’OMS Europe estimait quant à elle que « La pandémie n’est pas terminée, c’est une menace incertaine. »

Comment comprendre donc que le gouvernement mette tant d’énergie à faire accepter à la population un vaccin dont l’efficacité reste à prouver, et si au lieu de se soumettre au diktat extérieur, cette énergie était mise à la réflexion au retour aux sources ? Le scandale du covidgate au Cameroun laisse clairement à voir que depuis l’apparition du virus, les Camerounais, s’ils devaient attendre les solutions venues de l’extérieur, auraient à ce jour connu un bilan catastrophique.  Malgré la gestion cacophonique qui a été faite des médicaments, des équipements de protections et du matériel de prise en charge, gestion faite par des personnes qui étaient plus préoccupées par l’enrichissement que par le traitement et la guérison, les Camerounais sont tout de même sortis la tête haute. La représentante de l’Oms à Yaoundé a même affirmé que quelque chose avait protégé les Camerounais, même si elle disait ne pas savoir quoi exactement. Ce qu’elle ne comprenait pas, c’est que les Camerounais ont à cette occasion démontré leur capacité à se prendre en charge eux-mêmes, sans avoir à attendre des solutions venues d’ailleurs.

Quid de l’économie locale

des plantes médicinales à valoriser

A bien y regarder, l’enjeu derrière le vaccin contre le coronavirus n’est pas forcément sanitaire, il est plus économique. A qui profitent ces produits vaccinaux sur le plan financier, bien sûr aux firmes pharmaceutiques qui les fabriquent. Combien de ces firmes sont installées au Cameroun, aucune. Au final donc, il s’agit pour les Camerounais, en prenant les vaccins dont l’efficacité n’est par ailleurs pas prouvée, d’aider les industries étrangères à écouler leurs produits, qui ne garantissent pas au final l’immunité contre la maladie. Des solutions locales ont pourtant été développées pendant cette pandémie, qui ne demandent plus qu’à être reprises en main et encadrées par la puissance étatique. Sur le plan politique, on dit souvent que les Camerounais doivent compter sur eux-mêmes pour trouver des solutions à leurs problèmes, cela est aussi vrai pour la santé, l’éducation et l’économie. Un pays comme la Chine, qui a bénéficié de l’aide alimentaire du Cameroun à une époque de son histoire, a compris cela et s’est retournée vers lui-même. Aujourd’hui  il est à la conquête du monde et impose ses solutions partout où il arrive, simplement parce qu’il a su se repenser, en se fermant au besoin au monde extérieur, repoussant systématiquement tout ce qui pouvait venir d’ailleurs comme civilisation et perturber son évolution intérieure. Et cela a été impulsé par des dirigeants qui avaient leurs pays à cœur, qui ont refusé de privilégier les comprimés sortis des laboratoires pharmaceutiques occidentaux, pour valoriser leurs plantes naturelles aux vertus incontestables. Les dirigeants camerounais eux aussi, peuvent mettre de l’énergie, pas à ce que les populations se gavent les organismes des produits extérieurs dont elles ne connaissent rien de la composition, mais pour encourager les solutions locales, car elles existent et font leur preuve, quand on veut bien leur en donner l’occasion. Avec les vaccins des laboratoires occidentaux, sur le plan sanitaire le camerounais n’est sûr de rien, économiquement il ne gagne rien. Pour qui vivons-nous alors ?

Roland TSAPI 

2 Replies to “Covid 19 : le « vaccin » qui profite aux autres”

  1. Merci, vous avez tout dit 👌🏿
    Nous devons chercher à développer nous-mêmes nos propres solutions, et qui sont même les meilleures vu notre grande richesse.
    Ceux qui fabriquent en Occident n’ont pas 2 cerveaux ni 3 mains, nous sommes tous pareils. Laissez l’Afrique se gérer elle-même ce n’est pas un nourrisson.
    Le camerounais doit laisser évoluer son frère et non nuire à son évolution par désir égoïste.

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