Covid 19 : le vaccin de la discorde

Les techniques utilisées par le gouvernement pour imposer la substance aux populations, sont indicatrices de ce qu’il y anguille sous roche 

Le gouvernement camerounais est aujourd’hui face à un réel défi, celui de convaincre les populations à prendre le vaccin contre le covid 19. Et dans cette entreprise, le manque de cohésion de l’action gouvernementale vient en rajouter à l’embrouille et ne l’aide pas beaucoup. Il est en réalité face à un dilemme : rendre cette vaccination obligatoire ou pas, et surtout comment s’y prendre après pour l’exécution de cette obligation. Et comme la rendre officiellement obligatoire sera synonyme de se dédire par rapport au premier discours officiel qui rappelait que le vaccin n’est pas obligatoire, des subterfuges sont désormais utilisés par le biais des notes de service, des communiqués de presse, des actions de contrainte, des menaces subtiles et même du chantage.

Menaces voilées

Manaouda Malachi, Minsante face au dilemme

Depuis le 12 juillet 2021, le ministre de la Santé publique en a fait une obligation pour accéder à ses services. Un mois plus tard, le 12 août, c’est la direction de l’hôpital général de Yaoundé qui interdisait l’accès aux salles de soin par le personnel non vacciné, sous-entendu que leur travail cessait. Le 2 septembre 2021, les services du ministère de l’Administration territoriale était transformés en un centre de vaccination où tout le personnel devait passer prendre la seringue, sous la supervision personnelle du ministre Paul Atanga, qui à l’occasion s’est exercé à ce jeu de mots : « la vaccination n’est pas obligatoire mais elle est nécessaire. » Le 4 octobre, la direction générale de la Sopecam, où est produit le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, rentrait dans la danse. Le 7 octobre, le gouverneur de la Région de l’Est Grégoire Mvongo, a signé d’abord un message porté à l’attention de tous les délégués régionaux de son territoire de commandement, leur faisant connaître que l’accès de ses services sera désormais interdit dès le 11 octobre à toute personne non vacciné contre le covid 19 et ne présentant pas un test de dépistage négatif datant de moins de 72h. Par la suite il a signé un communiqué de presse, informant les agents publics, c’est-à-dire les fonctionnaires en service dans la région, qu’ils ne pourront plus entrer dans leurs bureaux dès le même 11 octobre s’ils n’étaient pas vaccinés. Et le jour dit, lui-même a imité l’exemple de son ministre de tutelle, en transformant ses services en centre de vaccination où tous ses collaborateurs devaient passer prendre une dose de vaccin ou sortir du bureau. Le 14 octobre 2021, le ministre de la Fonction publique, celui qui gère tous les fonctionnaires, et le ministre de la Santé publique ont signé une note de service conjointe intitulée « tous à la vaccination pour une immunité collective”. » Les deux ministres annonçaient une campagne gratuite de vaccination contre le covid 19 tout au long du mois de novembre 2021, pour tous les agents de l’Etat encore actifs, ou ayant été admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Ils rappellent que « la vaccination est à ce jour une arme essentielle dans la lutte contre le corona virus, dès lors il importe que le personnel de l’Etat soit protégé pour assurer la continuité du service. » La note d’information se garde bien de conditionner les agents de l’Etat après cette campagne gratuite, mais entre les lignes la menace est bien présente.

la vaccination à l’heure actuelle, n’est pas une priorité, non seulement au moment où de nombreuses solutions curatives contre le covid 19 issues de la phytothérapie et de la médecine moderne sont largement connues, mais aussi au moment où l’école républicaine est en proie à de multiples maux qui la minent, et dont la résolution a été orientée vers l’organisation du Forum National de l’Education, fortement sollicitée par les syndicats

Riposte

Cette menace n’a pas échappé aux syndicats des enseignants du Cameroun. 17 au total sont mentionnés sur l’entête d’une correspondance signée le 19 octobre 2021 par Roger Kaffo Fokou pour le Collectif des Syndicats des Enseignants, adressée au président de la République avec pour objet « vaccination obligatoire comme atteinte aux droits et libertés collectifs et individuels des citoyens Camerounais » Tout en rappelant qu’aucune disposition légale n’a été prise par le Parlement pour une vaccination obligatoire, ils  marquent leur opposition à toutes formes d’obligation vaccinale contre le covid 19 auprès des agents de l’Etat relevant des ministères en charge de l’éducation, et insistent sur le fait que « la vaccination à l’heure actuelle, n’est pas une priorité, non seulement au moment où de nombreuses solutions curatives contre le covid 19 issues de la phytothérapie et de la médecine moderne sont largement connues, mais aussi au moment où l’école républicaine est en proie à de multiples maux qui la minent, et dont la résolution a été orientée vers l’organisation du Forum National de l’Education, fortement sollicitée par les syndicats. » Ils se réservent pour finir, le droit de lancer une grève nationale pour contester une probable campagne de vaccination obligatoire pour les enseignants et assimilés.

Pour le moment, les méthodes détournées qu’il utilise laissent croire qu’il a obligation de rendre compte, qu’il obéit à une instruction à laquelle lui-même ne veut pas se plier, mais est obligé de multiplier des actions même impopulaires pour montrer à son commanditaire des gages de bonne volonté.

Au cours de son passage à Radio Balafon le 15 octobre 2021, la question de l’obligation vaccinale a encore été posée au ministre de la santé Manaouda Malachi. Il s’est gardé de répondre par oui ou non, se contentant de dire « La vaccination préventive est obligatoire au Cameroun. Il y’a une loi qui dit que si vous mettez la vie d’autrui en danger en refusant de vous prévenir contre une maladie, on peut vous poursuivre. » Mais dans une déclaration de la Commission des droits de l’homme de l’Ordre des avocats du Cameroun,  signé ce même 15 octobre 2021, le président de la Commission Me Christian Daniel Bissou rappelle que « le problème posé par l’obligation du vaccin anti Covid est celui d’un consentement libre, éclairé et exprès de toute personne appelée à se soumettre au vaccin.  Parce qu’il s’agit d’une atteinte grave aux libertés, le législateur et le législateur seulement a le pouvoir de déterminer le caractère obligatoire des vaccins pour les motifs de santé publique. » Il invite dès lors ce législateur à fixer un cadre normatif général apte à avoir l’adhésion de tous, en tenant compte du principe inaliénable du consentement.

 Le dilemme est donc plus que pressant, et le gouvernement plus que jamais face à ses responsabilités. Pour le moment, les méthodes détournées qu’il utilise laissent croire qu’il a obligation de rendre compte, qu’il obéit à une instruction à laquelle lui-même ne veut pas se plier, mais est obligé de multiplier des actions même impopulaires pour montrer à son commanditaire des gages de bonne volonté. De quoi jeter davantage de suspicion sur le vaccin qui a déjà du mal à passer. A propos de ce vaccin d’ailleurs, Me Reiner Fuellmich, avocat aux barreaux d’Allemagne et des Etats unis dit : « le vaccin n’a jamais été apporté pour le covid, le covid a été apporté pour le vaccin. Une fois que vous avez réalisé cela, tout fait sens. »

Roland TSAPI

One Reply to “Covid 19 : le vaccin de la discorde”

  1. Ils veulent à tout prix justifier les 189 milliards devant les institutions internationales et ainsi s’assurer de leur maintien dans leur fonction.
    Au moment où les pays même qui le leur imposent opèrent de légers recul eux ils font le forcing.
    Qu’ils en garde même pour leurs générations .
    On attends le résultats des enquêtes des 189 milliards qu’on ne nous embrouille pas.

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