Corona virus : conflit de leadership, bataille religieuse et arme divine de régulation ?

Elément perturbateur, le corona virus en est un. Quel que soit son origine, il a en trois mois simplement imposé un nouveau rythme au monde, qui ne fait plus rien sans tenir compte de lui. Entre bataille des grandes puissances, prédiction biblique et courroux divin, l’on ne sait plus à quel saint se vouer

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Le coronas virus, désormais connu sous le nom de Covid-19 ne cesse de faire des ravages, et imposer son rythme au monde entier. Au dernier pointage macabre fait le samedi 14 mars 2020 à 20h par le site d’information cnews.fr, la planète terre comptait déjà 5753 morts, dont 1765 en Europe avec 1441 cadavres pour l’Italie seule, 54 en Amérique donc 51 pour les Etats Unis, 3293 pour l’Asie soit 3193 pour la Chine, 624 pour le moyen Orient soit 611 pour l’Iran seule, et en Afrique on comptait jusque-là 5 morts. Pour les cas de malades confirmés, on en était à un total de 146 039 dans le monde. L’Europe comptait 38356 un peu en deçà de la moitié du chiffre de  l’Asie qui pointait 90 861, avec 80 976 pour la Chine, le pays où le virus est apparu en décembre 2019.

Bataille des puissants

L’apparition et l’avancée de ce virus n’a pas tardé à créer, comme il fallait s’en douter, un conflit de leadership entre les Etats Unis et la Chine, les deux puissances s’accusant mutuellement, l’une de vouloir déstabiliser l’autre. Selon le journal en ligne montréal.com, Washington a convoqué vendredi  13 mars 2020 l’ambassadeur de Chine aux États-Unis après qu’un responsable chinois a relayé une théorie du complot selon laquelle l’armée américaine pourrait avoir introduit le nouveau coronavirus à Wuhan d’où est partie l’épidémie.   Un responsable du département d’État cité par le journal, avait indiqué que « Propager des théories du complot est dangereux et ridicule. Nous avons voulu avertir le gouvernement (chinois) que nous ne le tolérerons pas, pour le bien du peuple chinois et celui du monde, la Chine cherche à détourner les critiques sur son rôle dans le début de cette pandémie mondiale, sans informer le monde. » De son côté, Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a laissé entendre le 12 mars 2020 au  soir sur tweeter que l’armée américaine aurait introduit le virus à Wuhan, mais pour le président américain Donald Trump je cite : « Ils savent d’où le virus vient. Nous savons tous d’où il vient. »  

Le journal Monde Asie Afrique  du 13 mars 2020 révèle aussi que dans son tweet, Zhao Lijian a publié une vidéo du directeur des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) déclarant au Congrès que certains Américains que l’on croyait morts de la grippe saisonnière avaient été trouvés porteurs, après leur décès, du nouveau coronavirus.  Ce qui a poussé certains internautes à se demander si  «les Américains utilisent les peuples du monde comme des rats de laboratoire pour des expériences de biochimie virale?» À Washington, le conseiller à la Sécurité nationale, Robert O’Brien, a accusé mercredi  11 mars la Chine d’avoir «fait perdre deux mois au monde» en tentant d’étouffer l’épidémie.  Des propos quePékin a jugé «immoraux et irresponsables au plus haut point».  

Prédiction religieuse …

A côté de cette bataille de puissance, Le corona virus est aussi présenté sur la plan religieux comme faisant partie du plan divin pour l’humanité, il aurait été prévu et annoncé aussi bien dans l’ancien testament que dans le nouveau, notamment à travers les prédications de Jésus et de ses disciples après lui, et les prophétie du dernier livre de la bible, aussi appelée apocalypse.  Dans l’évangile de Matthieu par exemple, au chapitre  24 versets 4-7, Jésus parle de la fin des temps, et répondant à la question d’un curieux de la foule qui l’écoutait, dit : « Prenez garde que personne ne vous séduise (…) une nation s’élèvera contre une autre nation, et un royaume contre un autre royaume; et il y aura des famines, des pestes et des tremblements de terre en divers lieux. »  La peste, ou l’épidémie indiquée dans la bible, serait celle que le monde entier vit en ce moment. On lit aussi dans Apocalypse chapitre 18, verset 5 à 8que « ses péchés se sont amoncelés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de toutes ses actions injustes (…) voilà pourquoi, en un seul jour, elle verra tous les fléaux fondre sur elle : épidémie, deuil et famine. Elle-même sera consumée par le feu, car le Dieu qui a prononcé la sentence sur elle est un puissant Seigneur. »

…ou arme divine

Mais au-delà de cette considération religieuse qui en tout point de vue semble pessimiste, d’autres réflexions semblent ressortir plutôt le bon côté du virus, qui serait la méthode utilisée par la nature, ou Dieu, c’est selon, pour remettre de l’ordre dans le système de fonctionnement global, fortement perturbée par l’homme et son égoïsme. Voici à ce propos la réflexion d’un  psychiatre et psychothérapeute italien  Raffaele Morelli. Il dit : « Je crois que le cosmos a sa façon de rééquilibrer les choses et ses lois, quand celles-ci viennent à être trop bouleversées. Le moment que nous vivons, pleines d’anomalies et de paradoxes, fait réfléchir…Dans une phase où le changement climatique, causé par les désastres environnementaux, a atteint des niveaux inquiétants. D’abord la Chine, puis tant d’autres pays, sont contraints au blocage ; l’économie s’écroule, mais la pollution diminue de manière considérable. L’air s’améliore ; on utilise un masque, mais on respire…

Dans un moment historique où, partout dans le monde, se réactivent certaines idéologies et politiques discriminatoires, rappelant avec force un passé mesquin, un virus arrive, qui nous fait expérimenter que, en un instant, nous pouvons nous aussi devenir les discriminés, les ségrégués, ceux qu’on bloque aux frontières, qui amènent les maladies. Même si nous n’y sommes pour rien. Même si nous sommes blancs, occidentaux, et que nous voyageons en première classe  complexe de toute puissance. Dans une société fondée sur la productivité et la consommation, dans laquelle nous courons tous 14 heures par jour après on ne sait pas bien pourquoi, sans samedi ni dimanche, sans plus de pause dans le calendrier, tout à coup, le «stop» arrive. Tous à l’arrêt, à la maison, pendant des jours et des jours. À faire le compte d’un temps dont nous avons perdu la valeur, dès qu’il n’est plus mesurable en argent, en profit. Sait-on seulement encore quoi en faire ? Dans une période où l’éducation de nos propres enfants, par la force des choses, est souvent déléguée à des figures et institutions diverses, le virus ferme les écoles et nous oblige à trouver des solutions alternatives, à réunir les mamans et les papas avec leurs propres enfants. Il nous oblige à refaire une “famille”. Dans une dimension où les relations, la communication, la sociabilité, se jouent essentiellement dans ce non-espace du virtuel des réseaux sociaux, nous donnant l’illusion de la proximité, le virus nous enlève la proximité, celle qui est bien réelle : personne ne doit se toucher, pas de baisers, pas d’embrassades, de la distance, dans le froid du non-contact.

Depuis quand avons-nous pris pour acquis ces gestes et leur signification ? Dans un climat social où penser à soi est devenu la règle, le virus nous envoie un message clair : la seule manière de nous en sortir, c’est la réciprocité, le sens de l’appartenance, la communauté, se sentir faire partie de quelque chose de plus grand, dont il faut prendre soin, et qui peut prendre soin de nous. La responsabilité partagée, sentir que de nos actions dépendent, non pas seulement notre propre sort, mais du sort des autres, de tous ceux qui nous entourent. Et que nous dépendons d’eux. Alors, si nous arrêtons la “chasse aux sorcières”, de nous demander à qui la faute et pourquoi tout ça est arrivé, pour nous interroger plutôt sur ce que nous pouvons apprendre, je crois que nous avons tous beaucoup de matière à réflexion et à agir. Parce qu’avec le cosmos et ses lois, de manière évidente, nous avons une dette excessive. Il nous le rappelle au prix fort, avec un virus. »

Roland TSAPI

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