Corobusiness : le Cameroun complètement hors-jeu

Les nations multiplient des stratégies pour se positionner, tirant profit de toutes les situations. L’Afrique et le Cameroun regardent, et ne voient même pas, faute de vision

écouter l’éditorial

Une nation naît et grandit, et dans le concert mondial elle cherche à se positionner au mieux et s’imposer au besoin face aux autres. Dans la bible, l’histoire des royaumes est faite de conquête, l’on apprend comment chaque royaume part à la recherche de nouveaux espaces, soumet les habitants d’un autre royaume et y établit de nouvelles règles. Cette technique d’expansion est encore d’actualité aujourd’hui, et sous-tend en réalité la politique de toute nation ambitieuse. Les méthodes ne sont plus forcément brutales et violentes comme par le passé, elles sont plus subtiles aujourd’hui. Grâce aux études des comportements et des habitudes, les puissances savent de nos jours adapter des techniques silencieuses mais efficaces. En la matière, la Chine se montre désormais très efficace. Depuis 2013, le pays a lancé un vaste projet de construction d’un complexe routier dénommé la nouvelle route de la soie, long de 10 000 kilomètres, à la fois un ensemble de liaisons terrestre, ferroviaire et maritime entre la Chine et l’Europe passant par le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la France et le Royaume uni. L’objectif commercial est de pouvoir évacuer les produits chinois plus rapidement vers le marché européen. Des milliers de conteneurs qui quittent la Chine pour l’Europe centrale arriveront à destination en 10 jours contre les deux mois nécessaires par voie maritime. Le projet est présenté  comme étant aussi une stratégie de développement pour promouvoir la coopération entre les pays sur une vaste bande s’étendant à travers l’Eurasie et pour renforcer la position de la Chine sur le plan mondial, par exemple en préservant la connexion de la Chine avec le reste du monde en cas de tensions militaires sur ses zones côtières.

la nouvelle route de la soie pour contourner la voie maritime

Géostratégie

Dans un film documentaire de Pierre Tiessen intiutlé “chine, à la conquête de l’Ouest, diffusé sur la chaine de télévision culturelle franco-allemande Arte, la nouvelle route de la soie est présentée comme une stratégie chinoise pour sa géopolitique de domination du monde. Dans ce documentaire, le politologue français François Godement explique : « Ces routes magnifiques, ces voies ferrées, tous ces nouveaux moyens de transport, tout ça est bien sûr en partie positif pour certains, qui sont sur cet axe, au Kazakhstan comme ailleurs en Asie centrale. Mais c’est avant tout un projet de la Chine visant à résoudre un problème de la Chine. Car fondamentalement la chine s’occupe toujours de l’élargissement de son espace vital. » Caroline Galacteros, docteur en sciences politique, ajoute : «  les chinois proposent des modes de développement gagnant-gagnant ; les gens se développent, ils les aident, mais ils le font à la chinoise c’est dire qu’ils ne les aiment pas forcément, parce qu’on sent bien le vent de la conquête sourde et implicite qui se construira en même temps que les routes, les ponts, les voies ferrées, les ports et les infrastructures diverses et variées. »

Le corona, une autre opportunité

La chine, pays ambitieux, ne s’arrête pas, et sait tirer profit de toutes les opportunités, s’il ne les crée pas. Le corona virus, contrairement aux idées répandues, est une autre opportunité que les pays ambitieux lancés vers la conquête du monde, exploitent à fond. La Chine a vendu 220 milliards de masques de protection au cours de l’année écoulée, un commerce qui a pesé plus de 52 milliards de dollars. Environ 28 860 milliards de cfa. 2,3 milliards de combinaisons de protection pour le personnel de santé, et 1 milliard de kits de dépistage ont également été exportés. Le pays de Xi Jinping a ainsi  enregistré une croissance positive de +2,3% en 2020, un exploit expliqué en grande partie par une ‘’économie du Coronavirus’’ très réactive.

Au cours d’un entretien dans une chaine de télévision locale, le colonel à la retraite Roger Kuitche disait : « La covid a remis en cause les équilibres géostratégiques du monde. Des hégémonies tombent, des nouvelles puissances naissent, en l’absence d’une solution mondiale coordonnée, chacun se débrouille comme il peut pour trouver une solution ». On dirait plutôt que chaque pays qui sait ce qu’il veut se débrouille pour tirer son épingle du jeu. D’après l’agence d’information France presse, toujours dans la continuité du covid business, le groupe pharmaceutique américain Pfizer estime que les ventes de son vaccin anti-Covid, développé en partenariat avec BioNTech, atteindront environ 15 milliards de dollars en 2021, environ 8 325 milliards de cfa, une somme colossale qui pourrait augmenter si le laboratoire signe des contrats supplémentaires. Ce vaccin serait ainsi un des plus gros “blockbusters” de l’histoire de la pharmacie, et Pfizer s’attend par ailleurs à dégager sur ce produit une marge avant impôt d’environ 25% à 30%. À peine le vaccin autorisé dans plusieurs pays en décembre, le groupe avait déjà vendu pour 154 millions de dollars et il en avait distribué 65 millions de doses au 31 janvier. Constat simple, la chine a gagné et continue de gagner sur la prévention et la riposte contre la pandémie, les Etats Unis gagnent et continueront de gagner sur le vaccin, de même que les autres continents. Et l’Afrique dans tout cela ?

Il faut voir clair dans ces fonds

Au Cameroun plus particulièrement, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze a lancé le 16 février 2021, un avis à manifestation d’intérêt pour la présélection des cabinets de consultants, pour une mission d’audit indépendant des dépenses publiques liées à cette pandémie au Cameroun. Ce alors que la copie de l’audit entamé par le Conseil supérieur de l’Etat le 11 janvier 2021 sur la gestion des mêmes fonds n’a pas encore été rendue. Un an après l’avènement du corona virus, les pays font les comptes : pendant qu’ailleurs les pays comptent ce qui est entré dans la caisse et dégagent des bénéfices, au Cameroun on fouille dans les poches des individus pour savoir où est passé le peu d’argent qu’on avait emprunté. Ailleurs on implémente la vision, ici on nourrit les détournements.

Roland TSAPI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code