Cop 2021 : et si l’Afrique disait non

Les négociations sur le climat semblent être une autre entourloupe pour éviter à l’Afrique de progresser vers l’émergence

et l’Afrique dans tout cela ?

Le monde entier se prépare à aller aux négociations à Glasgow en Ecosse pour discuter du climat, à l’occasion du sommet de la Cop 26, du 1er au 12 novembre 2021. La COP – abréviation de “Conférence des parties” – est un sommet annuel qui réunit 197 nations pour discuter du changement climatique et de la manière dont les pays  prévoient de le combattre. Elle fait partie de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, un traité international signé par la quasi-totalité des pays et territoires du monde, qui vise à limiter l’impact de l’activité humaine sur le climat. Sur cette affaire de climat, tous les experts sont unanimes, le dérèglement est dû à l’activité humaine. L’une de ces activités, la plus accusée, est l’activité industrielle, laquelle a permis à l’occident d’atteindre le niveau de développement actuel. Il est expliqué que les déchets produits dans les usines, la fumée et autres, contribuent au réchauffement de la planète. Et la COP26 sera la 26e réunion de ce genre depuis l’entrée en vigueur du traité du 21 mars 1994, l’accord également connu sous le nom d’Accord de Paris, est en fait la feuille de l’humanité pour éviter une catastrophe climatique. Il reconnaît que si le réchauffement de la planète continue à dépasser 1,5 °C par rapport aux températures de l’ère préindustrielle, bon nombre des changements subis par la planète seront irréversibles. Ainsi, lors de la conférence de Paris – COP21 – des objectifs clés ont été fixés pour tout le monde afin d’éviter un changement climatique catastrophique, tous les signataires se sont engagés à  réduire les gaz à effet de serre, stimuler la production d’énergie renouvelable, et engager des milliards de dollars pour aider les pays les plus pauvres à faire face aux conséquences du changement climatique, et enfin, tous les 5 ans, un examen des progrès accomplis serait effectué. La première devait avoir lieu en 2020 lors de la COP26, mais en raison de la pandémie, elle a dû être reportée à 2021. En rappel, le Cameroun s’était également engagé à Paris à réduire de 32% les émissions du gaz à effet de serre à l’horizon 2035, un engagement qui a été revu à la hausse soit de 35%, au même moment où les délais de 2035 étaient ramenés à 2030.

Dessein caché

Cette affaire du réchauffement climatique, qui va être catastrophique pour l’homme si on n’arrête pas, ressemble à l’histoire de deux voisins dans un quartier. Le premier a eu le temps de creuser son terrain et y faire tous les aménagements pour y construire une grosse maison de luxe. Le deuxième voudrait également creuser son terrain pour faire sa fondation, et le technicien constate qu’en le faisant les deux maisons seront en danger et vont inévitablement s’écrouler. Le premier voisin essaie donc désormais de convaincre le premier de ne pas creuser, en lui expliquant qu’il n’est d’ailleurs pas bon de creuser, lui fait prendre des engagements que non seulement il ne va pas creuser, mais il doit trouver la terre pour faire le remblai des creux qui ont été faits, et ensuite convoque une réunion du quartier pour qu’on évalue si les engagements ont été tenus. La similitude ne décrit pas dans les détails la situation, mais elle la résume. L’occident a pollué l’air de tout le monde avec ses industries qui lui ont permis de se hisser à un niveau de développement et de puissance extrême, mais essaie désormais de démonter à l’Afrique, au Cameroun, comment les industries menacent l’humanité. Et si c’était encore une astuce pour maintenir l’Afrique dans l’obscurité ?

À la vérité, un tel rattrapage dans la recherche de la puissance à l’échelle mondiale se ferait au détriment du monde occidental et des autres pays industrialisés. Les débats entre les États-Unis et l’Europe d’une part croire que les, la Chine d’autre part en sont une belle illustration. Ce serait donc illusoire de COP et leurs résolutions soient dans l’intérêt des africains face à des pays de plus en plus développés. D’où l’intérêt et l’obligation pour l’Afrique de dire non. 

Dire non

Le professeur Alphonse Bernard Amougou Mbarga de l’université de Douala pense que oui. Dans une tribune publiée à cette occasion, il dit : « L’Afrique ne peut se permettre de réduire sa croissance et la poursuite de son développement au nom d’une pseudo-protection de l’environnement. D’ailleurs qu’il suffise de faire les bilans des différentes COP et surtout du protocole de Kyoto de 1997 pour s’apercevoir que les pays industrialisés n’ont jamais respecté leurs engagements sur la réduction des gaz à effets de serre et sur les énergies fossiles….Comment l’Afrique pourrait-elle construire plus de routes pour relier l’arrière-pays des centres urbains si elle n’exploite pas son pétrole ? Comment faire de l’électricité sans centrales (hydro-électrique, thermique ou nucléaire)? Et d’ailleurs même l’accès à l’eau a besoin d’électricité pour faire fonctionner des pompes. Chemins de fer, maisons, bâtiments et usines sont consommateurs d’énergie. Et l’Afrique en a besoin plus que partout ailleurs.  Le développement de l’Afrique ne sera pas possible si elle n’utilise pas au mieux et dans son propre intérêt les énormes ressources naturelles dont elle dispose. Et cela passe par une mise à distance ou entre parenthèses des débats de COP, disons COPains. Sauf à penser que les États dits puissants, développés, industrialisés prennent des engagements fermes pour amener/aider/encourager l’Afrique à rattraper son retard en matière économique et industrielle. Ces engagements porteraient en premier lieu sur la formation des ressources humaines, le paiement du juste prix des matières premières en provenance d’Afrique, l’accès aux marchés financiers à des taux d’intérêt zéro et la délocalisation en Afrique d’industries non polluantes. À la vérité, un tel rattrapage dans la recherche de la puissance à l’échelle mondiale se ferait au détriment du monde occidental et des autres pays industrialisés. Les débats entre les États-Unis et l’Europe d’une part croire que les, la Chine d’autre part en sont une belle illustration. Ce serait donc illusoire de COP et leurs résolutions soient dans l’intérêt des africains face à des pays de plus en plus développés. D’où l’intérêt et l’obligation pour l’Afrique de dire non. » Pour revenir à l’image des deux voisins, le deuxième ne peut accepter de vivre dans des mauvaises conditions pour laisser le premier jouir de son luxe, il doit dire non à cela, ou plutôt, il doit avoir le courage de dire et la politesse de dire on weekend « non merci

Roland TSAPI

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