Crise anglophone : Christian Tumi et le fédéralisme

D’autres pourfendeurs disent que le fédéralisme c’est du passé. Oui mais qui a dit qu’il ne fallait pas retourner à son passé quand il est nécessaire ? Pourquoi retourner à son passé et prendre la potion de grand-mère quand on est menacé par le corona virus, et refuser de retourner à ce même passé et adopter le fédéralisme si ça peut sauver des vies ? A bien y regarder, les décoctions de grand-mère sont au corona virus ce que le fédéralisme est à la crise anglophone. Au juste, qu’est-ce qu’on perd à l’essayer si ça peut sauver des vies, surtout quand l’homme de Dieu le recommande ?

Région du Nord-Ouest : Philémon Yang avoue l’échec du pourvoir

Parce qu’il ne faut pas se tromper, le collège électoral de la région du Nord-Ouest est essentiellement constitué des conseillers municipaux Rdpc, qui dans sa gibecière totalise 1057 conseillers municipaux sur les 1088 dans la région, en plus d’être le seul parti en lice ici pour les élections régionales. En définitive, ce n’est pas maintenant que le parti va récupérer la région des mains de qui que ce soit, puisqu’elle a toujours été entre ses mains. Le parti va seulement augmenter quelques chaises dans la maison pour accueillir d’autres enfants restés dehors. Et augmenter les chaises dans la maison ne fait pas que la fête finisse plus vite, cela fait plutôt que l’on mange plus.

Violence conjugale : et si l’homme était la vraie victime

Le féminisme nous a ouvert les yeux sur la violence conjugale. Il a contribué et continue de contribuer à l’évolution positive de notre société. Certaines féministes, par contre, n’ont ouvert qu’un seul œil sur cette violence : celle faite aux femmes. Elles ont délibérément fermé l’autre œil, celui qui devrait être ouvert sur la violence faite aux hommes. La raison en est très simple : elles ont fait de la violence conjugale un débat politique, où l’homme est perçu comme l’abuseur et la femme la victime, plutôt que de présenter la violence dans son intégralité

Les institutions démocratiques : à dissoudre ?

Le Parlement s’est révélé être en réalité une passoire, parfois dangereuse pour le pouvoir lui-même, qui a été obligé à plusieurs reprises de rattraper les manquements et les imperfections des lois que les députés et les sénateurs avaient applaudies et adoptées. Le dernier exemple en date est la loi de finances 2019 qui instaurait le recouvrement des frais de douane sur les téléphone chez l’utilisateur, dont le gouvernement a finalement demandé de sursoir à son application, la même loi de finance 2019 qui avait déjà été corrigée par une ordonnance du président de la république le 29 mai 2019, revoyant l’enveloppe à la baisse et réduisant plusieurs lignes de consommations y compris celle de la présidence de la République. Si les députés et sénateurs qui sont supposés contrôler et corriger les actes du gouvernement, se font plutôt corriger par ce dernier, il y a de quoi être inquiet. C’est à se demander s’il ne serait pas mieux de dissoudre simplement ce Parlement. Les milliards qu’il englouti d’années en années pourront permettre de construire quelques puits d’eau à Salane dans l’Extrême Nord ou quelques salles de classes à Ndocbouné par Nkondjock dans le Nkam.

Figure : Chief Mukete : « je n’ai pas toujours été compris »

Sans regretter de s’être battu pour la réunification, il a tout de même le sentiment que jusqu’ici la bonne chose n’a pas été faite pour taire les bruits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Extraits de ses propos dans le magazine panafricain : « …Si l’on s’était abstenu d’emprisonner des leaders modérés qui n’avaient en définitive que des revendications sociales. Si l’on s’était abstenu aussi de brider la parole des protagonistes des deux camps, celui des modérés comme celui des sécessionnistes…Aucun des différents Premiers ministres anglophones qu’a connus le pays ne s’est jamais montré suffisamment honnête ou courageux pour tirer la sonnette d’alarme et tenter de limiter les frustrations…Il ne peut y avoir aucune ambiguïté : l’extrême centralisation actuelle est une erreur. » Et répondant au reproche de n’avoir pas assez fait pour la résolution de crise, il lançait presque en soupirant « J’ai toujours fait de mon mieux, même si je n’ai pas toujours été compris. »

Revendications : quand la nudité est habillée

Qu’on le croit en effet ou pas, expliquent les traditionalistes, quand une femme se déshabille pour exprimer sa colère, cela est toujours dangereux, et le mieux est d’éviter que cela arrive. Mais aujourd’hui la femme se déshabille devant la société pour exprimer une colère, et on en rit, on s’en moque. D’aucuns disent d’ailleurs qu’on a connu pareil phénomène avec les « takubeng » qui marchaient pour protéger John Fru Ndi en son temps, et demandent si cela a changé quelque chose. Peut-être pas, mais on voit bien que le Cameroun progresse à reculons depuis des années. On peut continuer à banaliser le spectacle des femmes du Mrc le 21 novembre 2020, mais la vérité de ce proverbe reste inchangée : « l’arbre que l’orage va emporter ne voit pas le ciel s’assombrir. »

Elections régionales : le Rdpc confirme son statut de parti-Etat

De telles pratiques sont simplement une autre preuve que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais n’est qu’un parti Etat, un parti qui s’appuie sur l’Etat pour survivre. L’obligation qu’ont les fonctionnaires à contribuer pour le parti fait d’office d’eux les financiers du parti, même s’ils ne sont pas militants comme beaucoup le disent. Obliger un citoyen à contribuer pour un parti politique, même avec une sensibilité différente, c’est violer sa liberté de choix. Plus, quand un fonctionnaire est obligé de cotiser pour un parti, est-ce de son salaire qu’il prend cet argent ou de la caisse publique ? N’est ce simplement pas une manière d’encourager les pots de vin et la corruption dans l’administration, où les fonctionnaires peinent déjà à joindre les deux bouts avec leurs salaires ?

Football camerounais : au creux de la vague

Il est donc temps de siffler la fin de ce match sans règles et au spectacle désolant que livrent la Fécafoot et la Ligue. Et la recommandation demandée à la présidence de la république devra être claire et sans équivoque, parce que si une fois de plus le Cameroun donne l’impression de ne pouvoir mettre de l’ordre dans son football, la Fifa se fera le plaisir de le faire à sa place. Et cette instance faîtière n’a pas deux manières de régler le problème en pareille situation, suspension pure et simple de la Fécafoot, et ce qui aura pour implication le retrait du pays de toutes les compétitions qu’elle organise. Adieu le Chan 2021, adieu la Can 2022. Il ne restera plus aux différents stades, construits à coups de milliards et avec des sacs de ciment facturés 4 fois plus cher, que de devenir des champs de patates et des terreaux de rats. De quoi se désoler avec ces propos de Jean Lambert Nang en d’autres circonstances : quelle image ?