Cameroun : la carte nationale à la recherche de son identité

Mais en attendant, la police nationale devrait prendre ses responsabilités, mettre à profit les énergies, les génies et les agents sincères qui doivent bien exister dans le corps, pour mettre un terme au flou qui persiste dans le processus d’établissement des cartes, et qui sans doute profitent à certains. Comme disait le président Paul Biya concernant la crise anglophone, cette situation n’a que trop duré. En 26 ans que l’on parle de carte nationale d’identité informatisée, le Cameroun avec autant de génies, ne peut raisonnablement être encore en train de chercher la solution à la production sécurisée et fluide d’une pièce aussi importante que la carte nationale d’identité

Crise anglophone : les fonctionnaires jetés en pâture

« L’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’a que trop porté préjudice à notre pays », a également affirmé le président Paul Biya le 31 décembre 2020. N’est-t-il donc pas temps de dire : stop, on se calme, on dépose les armes et on discute ? Le président Paul Biya dit qu’un climat de terreur et d’insécurité reste entretenu dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, son gouvernement dit que tout va bien et somme les fonctionnaires de rentrer en poste, avec au bout des pleurs et du sang. Paul Biya avait marché sur des feuilles de palme pour entrer à Etoudi, sont gouvernement serait-il déterminé à lui faire marcher sur du sang pour sortir ?

Crise anglophone : un remake de la guerre contre l’Upc

Au-delà de ces faits quotidiens, force est de constater qu’au Cameroun, on est arrivé à une situation où on exulte après avoir ôté la vie à un être humain, on célèbre les tueries, les réseaux sociaux sont inondés par des images de barbarie, filmées et diffusées par toutes les parties. On vit sans le savoir, presque la même situation des années 50 et plus, où les soldats revenaient de la brousse avec des camions chargés de têtes humaines qu’ils déversaient sur les places publiques. Mais hier comme aujourd’hui, il s’agit des êtres humains. Comment est-on arrivé à désacraliser autant la vie humaine, et la mémoire collective, qu’en a-t-on fait ? La question continue d’être posée.

Camair-co : l’introuvable directeur

L’entreprise est devenue aujourd’hui entre les mains du gouvernement, comme une boutique laissé en héritage à un enfant qui a tôt fait de dilapider les fonds, et ne sait désormais plus quoi en faire, partagé entre la volonté de brader complètement le reste, et le devoir coutumier de préserver l’héritage ancestral au risque de devenir la honte du village. Mais au stade où on en est, il est simplement urgent de confier l’enfant à son père géniteur, sans doute il aura la solution. La Camair, ancêtre de la Camair-Co, est née à l’Assemblée nationale. La même chambre des représentants peut encore décider du sort à lui réserver, s’il faut avoir le courage de pratiquer l’euthanasie et tuer l’enfant définitivement, ou si l’Etat doit continuer à le trainer dans ses pattes comme une tâche honteuse sur le visage, qui suce du sang sans cesse mais ne donne aucun signe de guérison.

Figure : Justin Dioro, la probité qui vient de Kiiki

le premier ministre remarqua lors de son témoignage que “ Justin Ndioro avait choisi de laisser à la postérité une trace immatérielle ”. « Justin sur les traces de Juste », « Justin Dioro, un modèle de probité dans un Cameroun corrompu », « Justin Dioro ou la leçon d’humilité qui vient de Kiiki », sont autant de Une qui ont barré les journaux à l’annonce du décès de cet homme, qui malgré ces qualités, n’aura pas passé plus de 58 ans sur terre. Ce qui laisse penser que Justin le Juste, aura été victime d’une certaine injustice de la nature. Ce qui n’enlève rien au modèle qu’il reste, dont les autres gouvernants devraient s’inspirer, car comme l’a rappelé à l’occasion de ses obsèques le révérend Dieudonné Massi Gams, actuel président de la Conac, quel que soit ta grandeur, tu es poussière, et tu es retournera poussière.

Société : les germes de la déliquescence

La société en définitive est comme la planète terre, elle sera vivable demain ou pas, en fonction de ce que nous en faisons aujourd’hui. C’est maintenant, dans nos actes et attitudes quotidiennes que nous construisons une société saine de demain, étant entendu que toujours, les enfants copient plus qu’ils n’obéissent.

Discours à la nation : Noso, trois ans de surplace

Le champ lexical du président de la république ne rassure pas déjà, quand en trois discours de fin d’année le mot paix est prononcé seulement 10 fois, car comme le dit l’adage, de l’abondance du cœur, la bouche parle. Ce vocable et ses variantes devraient abonder dans ses discours. Il ne cesse d’évoquer des mesures prises, tout en reconnaissant lui-même qu’elles n’ont pas fait évoluer la situation. Pourquoi donc ne pas passer à autre chose ? Pour éviter la division du pays, de fortes propositions parlent de fédéralisme, sauf que le pouvoir de Yaoundé a horreur de ce mot comme de la peste, lequel mot n’est même pas apparu dans les trois derniers discours à la nation du chef de l’Etat. « L’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’a que trop porté préjudice à notre pays », a reconnu Paul Biya dans son dernier discours, alors n’est-il pas temps de cesser de tourner autour du pot, en mettant sur une table de discussion la forme de l’Etat, quitte à convaincre par la force de l’argument qu’elle ne doit pas être touchée. Une nouvelle année n’est-elle pas aussi synonyme de nouvelles méthodes ?

Nouvel an : au-delà des vœux et discours l’hypocrisie

Les souhaits de fin d’années se révèlent en définitive être l’expression de toute les hypocrisies, à défaut d’être des formalités dont la finalité n’est que d’entretenir une relation qui dans le fond ne tient plus que sur un fil. Chacun est seul dans son film, enfermé dans sa bulle, la société se complait dans les vœux creux qui au lieu de consolider le vivre ensemble, font plutôt la promotion du vivre séparé… ensemble.

Figure : Samuel Minkyo Bamba ou la mélodie de l’oubli

Samuel Minkyo Bamba est mort en 1995, à 86 ans et dans le dénuement total. Un héros de plus abandonné dans l’oubli, alors que sa simple maison pouvait être transformée en musée, qu’on pouvait faire de son village une destination touristique. Si l’homme disparu vit éternellement à travers son œuvre, il n’est pas interdit que son œuvre fasse aussi vivre éternellement sa famille et son village, au moins

Accidents de Nemale : tous coupables

Le jeu de ping pong qui consiste à se rejeter les responsabilités ou à trouver le coupable ailleurs est improductif, il s’agit ici pour chacun de se refaire une introspection, un examen profond de conscience. En commençant par le Gouvernement qui a le devoir régalien de s’assurer de la sécurité des biens et des personnes, des bonnes conditions de travail, de l’entretien des infrastructures et qui perçoit de l’argent du budget de l’Etat pour cela. Ensuite une attitude citoyenne des employeurs qui devraient plus que jamais tenir compte de la responsabilité sociétale des entreprises, savoir qu’il faut investir sur la ressource humaine autant sinon plus qu’on ne le fait sur le matériel, car un employé mal payé peut facilement mettre en péril un investissement des centaines de millions, et c’est une perte économique. Enfin l’employé lui-même, qui est le conducteur dans le cas d’espèce, paix à son âme. Son décès doit aussi appeler à la conscience de ses collègues, la responsabilité ultime qui est la leur, eux qui sont au bout de la chaine. On aurait beau avoir de bonne route, des véhicules sortis d’usine et payer un salaire de pétrolier à un chauffeur, s’il est irresponsable le problème restera entier. Hommage ultime aux victimes de Nemale