Figure : Chief Mukete : « je n’ai pas toujours été compris »

Sans regretter de s’être battu pour la réunification, il a tout de même le sentiment que jusqu’ici la bonne chose n’a pas été faite pour taire les bruits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Extraits de ses propos dans le magazine panafricain : « …Si l’on s’était abstenu d’emprisonner des leaders modérés qui n’avaient en définitive que des revendications sociales. Si l’on s’était abstenu aussi de brider la parole des protagonistes des deux camps, celui des modérés comme celui des sécessionnistes…Aucun des différents Premiers ministres anglophones qu’a connus le pays ne s’est jamais montré suffisamment honnête ou courageux pour tirer la sonnette d’alarme et tenter de limiter les frustrations…Il ne peut y avoir aucune ambiguïté : l’extrême centralisation actuelle est une erreur. » Et répondant au reproche de n’avoir pas assez fait pour la résolution de crise, il lançait presque en soupirant « J’ai toujours fait de mon mieux, même si je n’ai pas toujours été compris. »

Revendications : quand la nudité est habillée

Qu’on le croit en effet ou pas, expliquent les traditionalistes, quand une femme se déshabille pour exprimer sa colère, cela est toujours dangereux, et le mieux est d’éviter que cela arrive. Mais aujourd’hui la femme se déshabille devant la société pour exprimer une colère, et on en rit, on s’en moque. D’aucuns disent d’ailleurs qu’on a connu pareil phénomène avec les « takubeng » qui marchaient pour protéger John Fru Ndi en son temps, et demandent si cela a changé quelque chose. Peut-être pas, mais on voit bien que le Cameroun progresse à reculons depuis des années. On peut continuer à banaliser le spectacle des femmes du Mrc le 21 novembre 2020, mais la vérité de ce proverbe reste inchangée : « l’arbre que l’orage va emporter ne voit pas le ciel s’assombrir. »

Elections régionales : le Rdpc confirme son statut de parti-Etat

De telles pratiques sont simplement une autre preuve que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais n’est qu’un parti Etat, un parti qui s’appuie sur l’Etat pour survivre. L’obligation qu’ont les fonctionnaires à contribuer pour le parti fait d’office d’eux les financiers du parti, même s’ils ne sont pas militants comme beaucoup le disent. Obliger un citoyen à contribuer pour un parti politique, même avec une sensibilité différente, c’est violer sa liberté de choix. Plus, quand un fonctionnaire est obligé de cotiser pour un parti, est-ce de son salaire qu’il prend cet argent ou de la caisse publique ? N’est ce simplement pas une manière d’encourager les pots de vin et la corruption dans l’administration, où les fonctionnaires peinent déjà à joindre les deux bouts avec leurs salaires ?

Football camerounais : au creux de la vague

Il est donc temps de siffler la fin de ce match sans règles et au spectacle désolant que livrent la Fécafoot et la Ligue. Et la recommandation demandée à la présidence de la république devra être claire et sans équivoque, parce que si une fois de plus le Cameroun donne l’impression de ne pouvoir mettre de l’ordre dans son football, la Fifa se fera le plaisir de le faire à sa place. Et cette instance faîtière n’a pas deux manières de régler le problème en pareille situation, suspension pure et simple de la Fécafoot, et ce qui aura pour implication le retrait du pays de toutes les compétitions qu’elle organise. Adieu le Chan 2021, adieu la Can 2022. Il ne restera plus aux différents stades, construits à coups de milliards et avec des sacs de ciment facturés 4 fois plus cher, que de devenir des champs de patates et des terreaux de rats. De quoi se désoler avec ces propos de Jean Lambert Nang en d’autres circonstances : quelle image ?

Figure : Jerry Rawlings, le coup de force nécessaire au Ghana

Jerry ne connaissait pas la corruption. Il vivait sobrement et avait très peu d’appétence pour les biens matériels. Il avait une haute idée de l’Afrique et estimait qu’elle mérite mieux que le spectacle offert par ses élites et nombre de ses dirigeants. De tous les chefs d’Etat africains que j’ai eu l’occasion de côtoyer, c’est certainement celui envers lequel j’avais le plus de respect, parce qu’il vivait au diapason des valeurs qu’il proclamait. Jerry était un de ces leaders dont beaucoup d’Africains rêvent. Pas la grosse tête, toujours prêt à servir, serviable avec tous quelle que soit votre condition, généreux et ambitieux pour son pays et son continent.