Figure Issa Hayatou ou l’honneur de la Caf

Seul regret dans la vie de cet homme, c’est qu’il n’aura pas su partir. Après 29 ans de règne à la tête de la Caf, l’on aurait souhaité qu’il ne se représente plus pour un nouveau mandat, mais il confirma sa candidature en 2017 et fut battu par le malgache Ahmad Ahmad, connaissant finalement une sortie peu glorieuse. Mais cela n’entacha en rien le travail abattu et le combat mené pour la reconnaissance du football africain dans les instances mondiales. Le titre de président d’honneur de la Caf n’arrive que pour le concrétise

Cameroun : la Constitution, modifiée pour le recul depuis 25 ans

Au niveau de la gouvernance, l’instauration de l’article 66 de la constitution sur la déclaration des biens a plutôt donné un coup d’accélérateur à la corruption au lieu de la freiner. Trois ans après l’adoption de cette loi, le Cameroun était classé premier pays au monde de la corruption pendant deux années consécutives. Les années suivantes ont confirmé ce classement. Aujourd’hui tout un gouvernement est en prison pour détournement des deniers publics, corruption et autres, les fonctionnaires sont devenus plus riches que les hommes d’affaires, la corruption en somme est devenu un mode de vie. Aucun gestionnaire de la fortune publique, aucun élu, aucun ministre, même pas le président de la république n’a jamais déclaré ses biens à la prise de fonction, et aucun n’est prêt à le faire.

Fecafoot : l’éternelle normalisation, à l’image du Cameroun et de ses élections

Le mensonge peut prendre l’ascenseur, bénéficier de la bénédiction des personnes les plus haut placées et les plus insoupçonnées, la vérité elle, emprunte l’escalier mais arrive toujours, et parfois quand on l’attend le moins. « Ô Cameroun berceau de nos ancêtres, Va debout et jaloux de ta liberté. Comme un soleil ton drapeau fier doit être », voilà les premières phrases de l’hymne national du Cameroun. La fierté est l’un des caractères qui fondent la nation camerounaise, et elle ne devrait pas être constamment mise à mal par certains, pour des intérêts égoïstes.

Bip 2021 : la région du Sud victime de ses avantages

Au demeurant, la région du Sud présentée comme privilégiée dans la répartition du budget, peut en réalité n’être qu’une victime, où des projets inscrits au budget sont plutôt des maquillages pour sécuriser des sommes d’argent à récupérer par d’autres moyens, en l’absence du contrôle par les populations pas toujours au courant de ce qui est prévu. On se rappelle encore le paradoxe du pays organisateur de feu Charles Ateba Yene, qui décrivait la région du Sud comme la plus sous développée du pays alors qu’en surface elle bénéficie de tous les avantages, même celle des plus grosses enveloppes budgétaires, sauf qu’on ne sait pas toujours où cet argent va finalement

Décentralisation : les administrateurs freinent des 4 fers

Dans un contexte de décentralisation, qui, de celui qui a été élu par les populations à la base pour implémenter le développement, et de celui, très lointain, nommé par le président de la république et connaissant très peu sur les réalités locales, devrait décider ? En réalité le problème ne se poserait pas si on laissait de côté le pouvoir pour se concentrer sur le bien-être des populations. C’est une question d’objectif et de vision. Elu ou nommé, si la vision est la même, il y aurait moins de frictions. Les autorités administratives, traditionnelles et municipales sont toutes au service du peuple, un même service. Et dans un même service, il n’y a pas obligation de s’aimer, mais il y a obligation de travailler ensemble

Figure : Paul-Bernard Kemayou, l’intérêt national au-dessus d’un trône

Depuis sa mort en octobre 1985, Paul-Bernard Kemayou n’a donc toujours pas eu d’obsèques dignes d’un chef d’abord, et d’un héros de sa stature. Plus grave, les populations restent à ce jour divisées sur le retour de la succession au trône à la lignée Kemayou, certains, ceux-là qui contribuent à enterrer la mémoire des héros nationaux, oublient qu’il avait été contraint de quitter la chefferie, son seul crime étant qu’il avait le Cameroun à cœur. Paul Bernard Kemayou qui a eu tous les honneurs en Guinée Conakry, est méconnu dans son pays, pire encore, dans son village, où le seul souvenir de lui semble être sa vielle voiture abandonnée à l’entrée du palais, si elle n’a pas encore été enlevée !

Cameroun : la carte nationale à la recherche de son identité

Mais en attendant, la police nationale devrait prendre ses responsabilités, mettre à profit les énergies, les génies et les agents sincères qui doivent bien exister dans le corps, pour mettre un terme au flou qui persiste dans le processus d’établissement des cartes, et qui sans doute profitent à certains. Comme disait le président Paul Biya concernant la crise anglophone, cette situation n’a que trop duré. En 26 ans que l’on parle de carte nationale d’identité informatisée, le Cameroun avec autant de génies, ne peut raisonnablement être encore en train de chercher la solution à la production sécurisée et fluide d’une pièce aussi importante que la carte nationale d’identité

Crise anglophone : les fonctionnaires jetés en pâture

« L’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’a que trop porté préjudice à notre pays », a également affirmé le président Paul Biya le 31 décembre 2020. N’est-t-il donc pas temps de dire : stop, on se calme, on dépose les armes et on discute ? Le président Paul Biya dit qu’un climat de terreur et d’insécurité reste entretenu dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, son gouvernement dit que tout va bien et somme les fonctionnaires de rentrer en poste, avec au bout des pleurs et du sang. Paul Biya avait marché sur des feuilles de palme pour entrer à Etoudi, sont gouvernement serait-il déterminé à lui faire marcher sur du sang pour sortir ?

Crise anglophone : un remake de la guerre contre l’Upc

Au-delà de ces faits quotidiens, force est de constater qu’au Cameroun, on est arrivé à une situation où on exulte après avoir ôté la vie à un être humain, on célèbre les tueries, les réseaux sociaux sont inondés par des images de barbarie, filmées et diffusées par toutes les parties. On vit sans le savoir, presque la même situation des années 50 et plus, où les soldats revenaient de la brousse avec des camions chargés de têtes humaines qu’ils déversaient sur les places publiques. Mais hier comme aujourd’hui, il s’agit des êtres humains. Comment est-on arrivé à désacraliser autant la vie humaine, et la mémoire collective, qu’en a-t-on fait ? La question continue d’être posée.

Camair-co : l’introuvable directeur

L’entreprise est devenue aujourd’hui entre les mains du gouvernement, comme une boutique laissé en héritage à un enfant qui a tôt fait de dilapider les fonds, et ne sait désormais plus quoi en faire, partagé entre la volonté de brader complètement le reste, et le devoir coutumier de préserver l’héritage ancestral au risque de devenir la honte du village. Mais au stade où on en est, il est simplement urgent de confier l’enfant à son père géniteur, sans doute il aura la solution. La Camair, ancêtre de la Camair-Co, est née à l’Assemblée nationale. La même chambre des représentants peut encore décider du sort à lui réserver, s’il faut avoir le courage de pratiquer l’euthanasie et tuer l’enfant définitivement, ou si l’Etat doit continuer à le trainer dans ses pattes comme une tâche honteuse sur le visage, qui suce du sang sans cesse mais ne donne aucun signe de guérison.