Education : les marques introuvables

Dans le système éducatif, le Cameroun est comme un simple pilote formé et mis aux commandes d’un avion qu’il n’a pas conçu, il doit juste appuyer sur des boutons suivant les indications qui lui sont dictées par le concepteur. On en arrive à ce qu’un enseignant à la retraite appelle la triple aliénation : aliénation des parents qui donnent seulement l’argent, aliénation des élèves qui ne savent pas pourquoi ils vont à l’école, aliénation des enseignants qui ne savent pas pourquoi ils enseignent. Pourtant, le Cameroun devrait travailler à produire des enfants en mesure de se battre demain avec les autres à armes égales, d’où la nécessité d’une éducation de qualité, et qui corresponde à des objectifs précis. La chine, la Russie ont ainsi conçu leurs systèmes éducatifs, et avec les résultats ils fixent aujourd’hui l’agenda de toute l’humanité.

Rdpc : la « justice » à double vitesse

L’affaire Messanga Nyamding ressemble au final, à tout point de vue à celle décrite par Jean de La Fontaine dans sa fable intitulée « les animaux malades de la peste. » Il y est question que chaque animal confesse ses péchés pour que le plus coupable soit puni et que l’on obtienne une guérison commune d’une peste qui n’épargne personne. Le lion qui confessa avoir dévoré les moutons inoffensifs, et même parfois le berger, fut déclaré saint et applaudi, de même que bien d’autres animaux. L’Ane vint à son tour et dit qu’il avait mangé une herbe parce qu’il avait faim. Et l’auteur de conclure : « A ces mots on cria haro sur le baudet. Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue, qu’il fallait dévouer ce maudit animal, ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal. Sa peccadille fut jugée un cas pendable. Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable ! Rien que la mort n’était capable d’expier son forfait : on le lui fit bien voir. Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

Les pages de l’histoire : les politiques agricoles des années 60

Des programmes de « développement agricole » sont mis en place et de grands projets, tels que les zones d’actions prioritaires intégrées (ZAPI), lancées en 1967, sont mis sur pied pour accroître la production, stimuler la production agricole afin de créer la richesse en zone rurale mais aussi stabiliser les ruraux afin qu’ils puissent résister aux mirages de l’exode rural Cf Kamerun, version longue P 783. Cette politique a permis au Cameroun d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, qui était de 96% en 1980, mais qui n’a cessé de régresser depuis lors, faisant du Cameroun en 2022 un PFRDV, entendu comme Pays à Faible Revenu et à Déficit Vivrier. Le prix d’un régime de plantain sur le marché est là pour le confirmer.

Figure : Paul Bernard Kemayou, l’ombre qui plane sur Bangou

Les difficultés que cette administration rencontre aujourd’hui à Bangou, témoignent une fois de plus de la grandeur du chef Paul Bernard Kemayou Sinkam, dont la mémoire n’a pas toujours été restaurée, tout comme sa lignée ne devrait pas être effacée aussi facilement de l’histoire. Paul Bernard Kemayou a peut-être été destitué et contraint à l’exil où il est mort, mais il n’a sans doute jamais quitté le trône, et son esprit semble encore planer au village où il rappelle un vieux proverbe ancré dans les cultures à tous ceux qui s’agitent autour de son trône, tout en refusant de faire ses obsèques. Cette vérité qui dit : « on ne remplace jamais quelqu’un… sans l’avoir enterré »

Gouvernement : le suivi en berne

Si les ministres savaient qu’ils ont des rapports et des comptes à rendre toutes les semaines au Palais de l’Unité, chacun sans doute s’arrangeraient-ils à ce que tout aille bien dans leurs départements ministériels. Il y aurait sans doutes moins de chantiers abandonnés, les fonctionnaires n’auraient sans doute pas à attendre 10 ans pour être intégrés et pris en solde, les préavis de grèves seraient sans doute moins nombreux, des mesures véritables auraient sans doute été prises pour anticiper sur la cherté de la vie à laquelle fait face la population. L’absence des Conseils ministériels réguliers n’est pas étrangère à l’état de déliquescence dans lequel se trouve le Cameroun en 2022. La gestion d’un pays ne peut se passer de ces réunions dont l’efficacité a été prouvée dans l’histoire du management, et qui ne peuvent être remplacées, et surtout pas en permanence, par des « hautes instructions »

Gouvernement : la nécessaire réforme préalable

En définitive, un nouveau gouvernement ne devra plus être l’occasion pour certains de dire « c’est mon tour » et traiter de fous ceux qui suggèrent la démission en cas d’échec, mais il devra être conçu pour ceux qui auront compris quels sont les intérêts nationaux qui s’imbriquent dans les enjeux internationaux. Le peuple a faim, les Camerounais ont assez souffert pour qu’un remaniement soit un simple changement d’acteurs, qui viendront jouer les mêmes scènes.

Education : assainir la pépinière

Ainsi, pendant que l’élève apprend à lire l’alphabet et à écrire les formules mathématiques, la mallette pédagogique lui donne une éducation financière en le disciplinant dans ses rapport avec l’argent-ce qui peut en faire des gestionnaires moins prévaricateurs demain-, cultive en lui l’esprit de bienfaisance et lui rappelle qu’il lui incombe aussi d’extirper la mauvaise graine de la société à partir des dénonciations, tout cela pour faire de lui un citoyen complet et responsable pour la société.

Les pages de l’histoire : les massacres de Tombel

La méthode de dresser les ethnies les unes contre les autres a bien marché, et aujourd’hui encore, le subconscient de beaucoup a gardé l’idée que l’ethnie voisine représente l’ennemi, ce qui dans le fond est tout le contraire, car la nation camerounaise ne se fera que dans une harmonieuse fusion des différentes ethnies qui la composent. « Nous ne vivons pas seulement à notre époque. Nous portons toute notre histoire avec nous »

Figure : Yves-Joseph-Marie-Plumey, l’évangéliste du désert

Dans son ouvrage Mission Tchad Cameroun, il écrivait qu’au cours de la retraite qu’il avait faite avec ses 13 compagnons avant de s’envoler pour le Cameroun, il avait compris que «le secret de la réussite, c’était en eux-mêmes qu’ils le portaient. Ils ont senti que plus ils seraient faibles et dépouillés, plus ils seraient forts et riches; que plus ils s’oublieraient, plus ils auraient de puissance; plus ils se feraient petits, ils grandiraient et réaliseraient l’œuvre de l’Eglise.» Une œuvre qu’il a accompli et achevé à sa manière. Il avait fait du Cameroun sa patrie, il avait don de soi au pays, mais comme pour Jésus dont il prêchait l’évangile, les pharisiens n’étaient pas loin.

Crise anglophone : le pouvoir entre culpabilité et responsabilité

Gouverneurs et préfets, fortement sécurisés, protégés par des militaires à domicile et au bureau, sont mis à contribution pour exercer la pression sur des fonctionnaires à mains nues, les contraindre à aller tronquer leur vie contre l’illusion de stabilité, contre l’orgueil du gouvernement. Gouverner pourtant, c’est être en capacité de faire la différence entre responsabilité et culpabilité. Si le pouvoir de Yaoundé n’est pas coupable de ces assassinats des fonctionnaires, il en porte l’entière responsabilité.