Enseignants : entre droit de grève et devoir d’obéissance

» Le ministère des Enseignements secondaires serait-il en train d’envisager sérieusement de traduire au conseil de discipline des enseignants qui ont travaillé pendant des années sans salaire, sans arrêté d’intégration, et qui un matin ont décidé de dire « On a trop supporté », serait-on en train de vouloir exhumer le corps de Hamidou du lycée de Beka pour le traduire au conseil de discipline, pour avoir manqué à son devoir d’enseigner, pour avoir désobéi à sa hiérarchie en refusant de reprendre les cours, ou pour avoir manqué au devoir de réserve en publiant une vidéo dans les réseaux sociaux pour dénoncer sa situation de travailleur pendant 10 ans sans intégration et sans salaire ? Où met-on désormais la frontière entre le droit de grève et le devoir d’obéissance ? Qui a manqué à son devoir dans l’affaire des enseignants de l’OTS ou OTA, les services administratifs des divers ministères où les dossiers sont enterrés, ou les enseignants obligés de conduire des motos pour survivre, multiplier des cours de vacation au point d’y laisser leurs vies, assassinés par des élèves ?

Péages routiers : l’automatisation au poids mort

Et si l’on reste dans la logique du ministre qui dénonce le détournement de 50% de recettes, la même somme se serait envolée dans les poches privées au cours de la même période, et c’est comme cela toutes les années, et se sera ainsi tant que les péages seront manuels. Les qui se partagent cet argent ? En résumé, après 3 ans de négociation, le premier ministre signe le 24 avril 2019 le communiqué d’attribution du marché de construction des péages automatiques. Un an après, le 18 mai 2020, le contrat est signé avec le groupement d’entreprises chargé de l’exécution des travaux, deux après, ce groupement cherche encore de l’argent. Au bas mot 6 ans que le péage automatique est en projet au Cameroun, 6 ans que le gouvernement sait avec certitude que 50% des recettes du péage sont détournés, et ne fait rien, ou pas assez.

Figure : Victor Kanga, victime du succès

Deux jours avant l’arrestation du ministre de l’Information, le conseiller militaire français de l’ambassade de France, le colonel Robert Renan, avait reçu du directeur du SEDOC des informations mettant à jour un supposé complot américain contre le régime Ahidjo, dont Kanga aurait été l’instrument. Des informations selon lesquelles les Américains « allaient fomenter des mutineries » dans l’armée camerounaise et se préparaient à faire remplacer Ahidjo. « D’après Jean Fochivé, explique une note du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) dans un message codé, le remplaçant du président Ahidjo que les USA auraient choisi, ou qui leur paraît le plus souhaitable, serait Victor Kanga. Mécontents de la politique du général de Gaulle, les USA auraient décidé de fomenter des troubles en Afrique, poursuit l’auteur de la note. Le Cameroun aurait été choisi comme premier champ d’expérience »

Fête du travail : la logique du musèlement

Au Cameroun où l’organisation d’une manifestation se heurte toujours à la menace de trouble à l’ordre publique brandie par les sous-préfets, les défilés officiels restent la seule tribune pour s’exprimer. Même là, le gouvernement trouve les moyens de museler. La méthode semble marcher encore, mais pour combien de temps ? Comme un père qui supprime toute occasion pour son enfant de s’exprimer, et se rend compte plus tard qu’il a développé des habitudes qu’il ne peut plus contrôler, le gouvernement croit encore jouer le bon rôle en pressant sur le couvercle de la marmite pour empêcher que la vapeur ne sorte. Sauf que la marmite boue toujours.

Figure : Jacob Fossi, l’homme qui mit fin aux tueries de la Metche

Les témoignages ne s’accordent pas sur la date de ces évènements historiques. Pour Mekah Fossi la fille de Jacob Fossi, cela se passait dans la nuit du 9 au 10 mai 1957, pour d’autres écrits, on était dans la nuit du 11 au 12 septembre 1959. Quelle que soit la date, l’acte héroïque de Jacob Fossi permit déjà d’annuler l’opération de cette nuit-là, les prisonniers furent ramenés à la prison de Dschang, et les colons mirent également fin à partir de ce jour à cette pratique d’élimination nocturne dans les eaux. Fossi Jacob avait choisi de donner sa vie pour sauver celle des autres, de son engagement pour la libération totale jusqu’à cet acte ultime. Cette année 2022, la famille du héros commémore comme depuis quelques années les 65 ans de cette disparition, en attendant que la nation fasse, elle aussi, son devoir de mémoire

Blé : la non nécessaire dépendance

Le pain a réussi à reléguer au second plan les mets locaux. Maman a laissé les mets qu’elle composait elle-même pour l’enfant le matin, y mettant des ingrédients naturels qu’elle maîtrisait et connaissait les vertus, pour dépendre désormais du pain. Que met-on dans ces baguettes après lesquels tout le monde court, dans quelles conditions sont-elles fabriquées, la levure qui sert à gonfler la farine, quels sont ses effets indésirables, sur le plan nutritionnel, une baguette de pain vaut-elle une boule de mets d’arachide, un morceau d’igname jaune glissé dans le sac de l’enfant pour son goûter ? Il n’y a pas de comparaison en réalité. Dans les zones reculés du pays où les populations ont conservé ces habitudes alimentaires, où on mange encore un plat de pomme pilé ou de couscous légume le matin, les habitants sont bien portant, moins fragile, avec des organismes qui ont développé une immunité naturelle, presque intouchables par ces maladies étranges que développent les populations en ville, où les types de cancer ne se comptent plus. Et pour mieux maintenir la dépendance des populations urbaines au pain, on en trouve de toutes les variétés dans les rayons : pain complet, pain au lait, sans sel, pain grillé et autre.