Can 2021 : le variant de l’exploitation de l’Afrique

Les raisons sanitaires sont évoquées par les clubs européens pour ne pas libérer les joueurs pour les sélections nationales, alors que le but est ailleurs

Jouera, ne jouera pas ? A 20 jours de la 33eme édition de la coupe d’Afrique des Nations, la question se pose encore. Ou plutôt, la Fédération internationale de Football a encore osé poser la question. Au point de réunir le staff du football africain  le 19 décembre au Qatar en  marge de la coupe arabe des nations qui s’est jouée du 30 novembre au 18 décembre, pour discuter de la question. Cette énième rencontre, est finalement comme un affront ou une tentative d’humiliation de l’Afrique dans l’ensemble, à travers son football. On dirait même que les errements du Cameroun quant à l’organisation de cette édition ont donné le prétexte aux autres acteurs du football de se permettre désormais de tout dire et faire sur le football africain, et même dicter la conduite à tenir. Au cours de la rencontre heureusement, l’Afrique a fait bloc, la Confédération africaine de football ne s’est pas laissée impressionner par la pression de la très influente confédération européenne, l’UEFA, et l’association des clubs européens sur la Fifa pour un report. Car quoi qu’on dise, le Cameroun, même dans ses errements, est arrivé à satisfaire un minimum pour la tenue de la compétition. N’ayant plus de prétextes à trouver du côté des infrastructures, le lobby du football international surfe désormais sur le levier sanitaire pour semer le doute, en refusant de libérer les joueurs africains évoluant dans leurs championnats. Face au chantage de ce lobby, le gouvernement camerounais, la Caf, et la fédération camerounaise de football ont conjointement signé le 16 décembre 2021 un document à la limite suicidaire dans lequel il est stipulé : « les supporters ne pourront accéder aux stades dans lesquelles se joueront les matches de la Can 2021 que s’ils sont entièrement vaccinés et présentent un test Pcr négatif de moins de 72h ou d’un Tdr antigénique négatif de moins de 24h. » Peut-être en exigeant plus que les mesures qui se pratiquent en Europe, où les stades sont archi combles sans que cela ne gêne personne, ils espéraient coincer l’Afrique, Mais, le continent dont on peut à raison dire à ce jour qu’il est épargné du coronavirus quand on compare les chiffres avancés par les médias occidentaux, a cédé.

Chaque équipe européenne a son talent africain pour la conquête de la couronne européenne. André Onana, gardien de but camerounais et l’Ivoirien  Sébastien Haller actuel meilleur buteur de cette compétition pour l’Ajax Amsterdam; Riyan Marhez l’algérien de Manchester City sont des pièces essentielles pour ces clubs.

Complot

Sur une carte de l’épidémie du coronavirus dans le monde, publiée sur le site santejournaldes femmes, on note que le continent africain est presque non marqué. De même, un graphique qui reporte les nombres de décès sur 100 000 habitants au 17 décembre 2021, énumère les 20 pays les plus touchés du monde, parmi lesquels aucun pays africain. Et la coupe d’Afrique des nations se joue entre africains. En réalité, on est dans un complot qui vise ni plus ni moins qu’à continuer d’exploiter l’Afrique et ses fils, au détriment du continent. C’est ce que démontre le professeur Alphonse Bernard Amougou Mbarga, dans cette analyse intitulée : « Clubs de football européen et CAN : Le vrai faux débat du Covid-19. » Dans un rappel historique, il évoque déjà  la présence  des footballeurs africains dans l’UEFA champions league. Edouard Mendy, le gardien sénégalais de Chelsea a été d’un apport inestimable dans la victoire de son équipe pour remporter l’UEFA Champions league 2021. Avant lui, il y a eu le sénégalais Sadio Mané, l’égyptien Mohamed Salah et le camerounais Joël Matip en 2019 pour Liverpool FC. Cette UEFA champions league avait déjà consacré le camerounais Samuel Eto’o avec le FC Barcelone et l’Inter Milan, l’ivoirien Didier Drogba qui permit à Chelsea de gagner sa première UEFA Champions League. Aujourd’hui, relève le professeur, chaque équipe européenne a son talent africain pour la conquête de la couronne européenne. André Onana, gardien de but camerounais et l’Ivoirien  Sébastien Haller actuel meilleur buteur de cette compétition pour l’Ajax Amsterdam; Riyan Marhez l’algérien de Manchester City sont des pièces essentielles pour ces clubs. En dehors de l’UEFA Champions league, toutes les autres compétitions européennes et tous les championnats européens bénéficient du talent des joueurs africains.

Il est donc loisible d’évoquer la pandémie du covid19 pour masquer l’envie totale de reléguer l’Afrique dans les arrières cours du football moderne. » Pas de doute, l’Afrique reste la vache à lait qu’il faut traire et laisser mourir au besoin. A elle de continuer à se laisser faire, ou pas. En attendant, cela saute aux yeux de tous que l’exploitation de l’Afrique est en ce moment… au variant CAN !

Ruiner l’Afrique

L’on comprend donc aisément la réaction de l’Association des clubs européens dit-il, et de préciser : «  Ruiner l’Afrique et piller ses talents : La Can a toujours été une véritable fête du football. D’ailleurs, il convient de rappeler qu’elle est plus ancienne que la Coupe d’Europe des Nations. Depuis des années, l’Europe, tous pays confondus s’est tournée vers l’Afrique pour se pouvoir en talents footballistiques. Et cette réalité ne concerne plus seulement les anciennes puissances coloniales (France, Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Portugal, Espagne). Il n’est plus surprenant aujourd’hui de voir des joueurs d’origine ghanéenne, nigériane, camerounaise jouer pour l’Allemagne, l’Italie ou la Suisse par exemple. En fait, la Can se tient à un moment où les championnats européens amorcent leur virage pour les places finales ou les victoires finales pour les compétitions européennes. En libérant leurs talents africains, les clubs européens se priveraient par la même occasion de pièces essentielles pour leurs compétitions. Peut-on penser Liverpool affronter ses adversaires sans son duo d’attaque Sadio Mané et Mohamed Salah ? Naples en Italie peut-il tourner en plein régime sans le sénégalais Khalidou Khoulibally et le camerounais Frank Zambo Anguissa? Ajax peut-il faire mouche sans son attaquant vedette l’ivoirien Sébastien Haller ou son super gardien André Onana ? C’est donc moins la crainte du Covid-19 que la recherche d’une plus-value dans leurs résultats qui poussent les clubs européens à se mettre en ordre de bataille en piétinant les règles de la FIFA. En effet, si la CAN dure trois semaines cela suppose que pour les équipes africaines les plus aguerries dans la compétition, les joueurs sont partis pour au moins 40 jours sans compter les 5 jours de retour (repos, reaclimatation). Pour les clubs européens, cela est insupportable. Il est donc loisible d’évoquer la pandémie du covid19 pour masquer l’envie totale de reléguer l’Afrique dans les arrières cours du football moderne. » Pas de doute, l’Afrique reste la vache à lait qu’il faut traire et laisser mourir au besoin. A elle de continuer à se laisser faire, ou pas. En attendant, cela saute aux yeux de tous que l’exploitation de l’Afrique est en ce moment… au variant CAN !

Roland TSAPI

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