Cameroun: comment laisser l’eau du couscous éteindre le feu ?

Dans une communication du mois de juin 2020, Jean Rameau Sokoudjou, chef supérieur des Bamendjou interpelle gouvernants et hommes politiques sur les responsabilités des uns et des autres sur le chaos actuel. Extrait  

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Toute observation froide et lucide de la situation du Cameroun à ce jour laisse à voir que ça va dans tous les sens. Comme dans une marmite posée au feu, le contenue boue et déborde, d’où cette question du chef supérieur des Bamendjou Jean Rameau Sokoudjou, « qu’est-ce que les générations futures diront de nous si nous regardons sans mot dire l’eau du couscous éteindre le feu!!! » Dans cette  autre réflexion sur la situation du berceau de nos ancêtres, datant du 7 juin 2020, et qui prédisait déjà les assassinats sauvage de ces derniers jours, il interpelle : 

« Si tu n’es pas quelqu’un qui est mort et on a gardé ton deuil, tu ne peux ne pas  t’exclamer avant de manquer quoi faire  face à la situation délicate que traverse notre pays. Je vais dire ma part avant que vous n’allez pas écouter. Notre pays est dans un virage important de son histoire, sur un terrain glissant avec des ravins des deux côtés de la route. Chacun doit éviter de porter sur sa conscience le dérapage de la voiture Cameroun. La montée en puissance de la haine et de la violence dans notre pays doit  nous interpeller tous car personne n’a intérêt  à voir ce pays sombrer et  se déchirer. Au lieu de continuer à couvrir la pierre au sol, je pense qu’il est plus judicieux pour nous de fendre l’huile sur le soleil et de voir la réalité si chacun peut se ressaisir pour l’intérêt de ce pays qui s’éloigne chaque jour du Cameroun de Um nyobe, de Ernest Ouandié, de Abel Kingué, d’Ossende Afana et bien d’autres. Chacun a sa part de responsabilité  dans ce que nous vivons aujourd’hui, l’enfer n’est pas que l’autre et chacun gagnerait à apporter sa part de sac de magie  pour maintenir la paix et sauver ce pays qui est au bord du creux.

Aux gouvernants

Vous qui avez actuellement la clé de la voiture Cameroun, Vous portez le plus gros morceau sur le désastre de ce pays car ayant réussi le pari d’affamer le peuple au lieu de lui donner à manger. La misère est ambiante, le peuple pleure et meurt de famine, incapable de se soigner et plus d’espoir pour demain. Tout pour vous c’est la force, la brutalité et l’arrogance. Vous manquez même la bonne bouche pour dire au peuple qu’il n’y a plus rien dans le grenier, que vous avez déjà tout volé  pour garantir l’avenir de vos familles au détriment du peuple qui ne demande qu’un minimum pour vivre. On ne peut pas taper un enfant et l’empêcher de pleurer, et parfois il faut goûter le fouet sur toi même pour comprendre comment ça fait mal. Qu’attendez-vous d’un porc que vous avez enfermé dans une porcherie sans lui garantir au-moins de quoi  manger? Il va aboyer et déchirer la porcherie pour se trouver dehors et tant pis aux conséquences. Voilà où  vous avez conduit le peuple et au lieu de chercher des solutions, votre orgueil et votre mépris ont poussé  le peuple à bout, il est devenu comme un chien fou et ne comprends plus rien. C’est le ventre qui porte la tête et n’attendez rien d’un peuple affamé. Aussi n’oubliez pas que nous ne sommes  plus dans une administration de puissance publique basée  sur la brimade, l’intimidation, la violence mais dans une administration de service publique ou vous êtes au service du peuple qui a son mot à dire sur la façon dont il veut être gouverné.

Hommes politiques

Vous les  hommes politiques, vous avez appris la théorie dans les grandes écoles de sciences politiques mais la pratique en est tout autre. Vos comportements sur le terrain le prouvent à suffisance et ont contribué à déchirer ce pays. La politique est un art et est la guerre des intelligences  sages. La politique n’est pas  la guerre comme vous le faites aujourd’hui. On est adversaire et non ennemi en  politique. La politique qu’on faisait pour l’honneur est devenue le couteau. Le discours tenu par les uns et les autres est un discours de haine, de  division et c’est très regrettable. La politique doit  être comme un match de football, tu perds le match, tu embrasses ton adversaire, tu tires les leçons de ton échec, tu commences à  préparer le prochain match en revoyant les stratégies sur ce qui n’a pas marché. Notre champ politique est déplorable, ceux même qui ont foutu le pays dans la merde ont encore le courage de chercher à  s’accrocher au pouvoir comme si la honte était fini dans leurs têtes. Malheureusement  en face ceux qui se disent de l’opposition et qui veulent arriver au pouvoir sont incapables de s’organiser. Chacun est convaincu que s’il y a une seule personne c’est lui, personne ne veut se mettre derrière l’autre, chacun est persuadé que c’est lui la solution. Avec cet égoïsme et cet individualisme comment allez-vous parvenir à atteindre l’objectif ? Il faut toujours plusieurs pieds pour rendre  l’eau sale au marigot. Le temps de vous bagarrer entre vous, l’animal va passer entre vos jambes et s’en aller. Cette démarche ne vous conduira à rien, les partis politiques sont  déjà  sans idéologies,  l’idéologie c’est le frère, c’est la famille, c’est le village, ils se dressent les uns contre les autres, se piétinent faisant ainsi les affaires de celui qu’on dit combattre.

Regardez les résultats des dernières élections municipales et législatives pour voir où votre part de politique nous emmène. Chacun vote pour son frère, pour son village, le vote est devenu tribal et c’est malheureux. Mettez-vous ensemble pour d’abord casser le pont s’il est vrai que vous lutter pour le peuple. Vous ne pouvez pas être encore en train de chasser et dire que la femme ne mange pas. Et malheur à celui qui écoute deux secrets car il donnera sa tête. »

Roland TSAPI

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