Elections 2020 : quand Le Sdf envoie ses militants du NoSo à la potence

En tout état de cause, le Sdf se trouve aujourd’hui face à lui-même, et face à ses responsabilités. Son obstination à aller aux élections dans des conditions de sécurité que le parti lui-même dénonce comme dégradées laisse songeur, pour une formation qui avait placé l’intérêt du peuple au centre de ses préoccupations à la naissance. Et on a vu ce parti boycotter les élections locales en 1992 pour une simple histoire de code électoral jugé mauvais, mais qui 28 ans plus tard, s’apprête participer aux mêmes élections non seulement avec le même code électoral, mais avec en prime des vies humaines menacées. De là à se demander à qui profite ces élections.

Figures : Cyrus Ngo’o et l’autonomie du Port de Douala

Quoiqu’on dise, Cyrus Ngo’o a décidé de reprendre la véranda de sa maison et la confier à l’un de ses fils pour la gérer comme parking, quitte à ce que ce fils dilapide les rentrées, que de la laisser à un locataire qui fait un chiffre d’affaire de 100 000 par jour, et est incapable de payer même les 5000 promis par mois. On appelle cela un marché de dupe, auquel il fallait bien mettre fin. Et la providence a voulu que cela arrive, avec à la tête du Port Cyrus Ngo’o. A tout seigneur tout honneur, et si jamais pour des raisons politiques le processus de reprise en main de son destin au Port autonome de Douala n’aboutissait pas, il lui reviendrait au moins le mérite d’avoir essayé.

Elections locales 2020 : le pouvoir envoie les électeurs dans le NoSo

Mais si la question est ainsi réglée par le Code électoral sur le plan légal, il subsiste le problème de la légitimité. Ces hommes en détachement vont ainsi voter des hommes et femmes qu’ils ne connaissent pas, et qu’ils n’ont sûrement pas besoin de connaître. Après leur mission, ils reprendront le chemin retour, et laisseront derrière eux des conseillers et députés locaux élus par des étrangers, ou plutôt, pour emprunter au langage des faiseurs de loi au Cameroun, des autochtones élus par des allogènes. Mais tout cela ne compte pas, ce qui est important pour le pouvoir, c’est de montrer aux yeux du monde au lendemain du 09 février 2020 qu’il y a eu élection

Chantiers routiers : les financements au feu rouge

La première phase de l’autoroute Yaoundé-Douala longue de 60 km, débutée il y a 5 ans le 13 octobre 2014 plus précisément, est désormais programmée pour s’achever le 31 décembre 2020, après deux prolongations du délai de 12 et 14,5 mois. Si cette première phase est livrée à cette nouvelle date que donne le ministre, cela fera 6 ans pour construire 60 km d’autoroute. Sachant que la longueur totale de l’autoroute qui va relier les deux capitales est de 240 km, il faudra à ce rythme 24 ans pour la livrer.

Nouvel an : le chef Sokoudjou et le rêve pour le Cameroun

Un Cameroun où les dirigeants prennent conscience et parlent au peuple avec moins d’orgueil, moins de mépris et d’arrogance, où on aura à faire a un gouvernement d’administration publique et non plus à un gouvernement de puissance publique ou tout se résume à la violence, à l’intimidation, à la force et à l’humiliation. Un Cameroun où tous auront droit au partage du fruit de la sueur de nos fronts et non un pays où les uns mangent et invitent les autres à aller chier.

Cameroun : le prélat et l’argent du pouvoir

Le Cameroun étant un pays laïc avec au moins trois confessions religieuses classiques connues, à savoir les catholiques, l’église évangélique et l’islam, on voudrait bien croire que la magnanimité annuelle du chef de l’Etat ne se limite pas chez les catholiques, au risque d’instaurer l’apartheid au sein de ces confessions religieuses. Cette générosité devrait s’étendre chez les protestants et les Imans, dans le cas contraire ils seront en droit de la réclamer aussi.

Discours à la nation : une moquerie de plus

Ailleurs les pays modifient des lois pour naturaliser des étrangers et exploiter leurs compétences, au Cameroun le gouvernement préfère garder une loi vielle de 52 ans pour maintenir hors du territoire des compétences nationales. Et comme par ironie, le 37eme message de fin d’année à la nation s’achève ainsi : « faisons ensemble du Cameroun une terre de grandes opportunités de développement économique et social, dans la paix et l’unité. » D’où la première question de l’année, comment peut-on vouloir faire ensemble, en tenant les autres à l’écart?

Résolutions 2020 : Que peut faire le citoyen lambda ?

Il est plus que temps pour chacun de faire un arrêt en cette fin d’année, et se poser la question de savoir : quelle est ma part de responsabilité dans la situation actuelle du Cameroun. Aujourd’hui plus que jamais, les Camerounais sont interpelés par cette phrase prononcée le 20 janvier 1961 par le 35 eme président des Etats Unis John Fitzgerald Kennedy, dans un discours inaugural, « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

Crise anglophone : 2019, on a beaucoup avancé sur place

Les dernières défections des candidats aux élections législatives et municipales de février 2020, y compris dans le parti au pouvoir pour des raisons d’insécurité, sont indicatrices de ce que la sérénité est loin d’être revenue dans ces zones. Et le Cameroun entame dans quelques heures une quatrième année, avec une guerre dont la résolution tient à un décret, avec le triste constat qu’en 2019, au sujet de cette résolution, le gouvernement aura beaucoup avancé…sur place.