Gouvernance : le mensonge d’Etat

Pourquoi toujours dire que tout va bien quand tout le monde voit que rien ne va ? A qui veut-on plaire, à soi-même ou à un autre ? Qui a dit qu’en mettant de la peinture sur du fer rouillé, cela faisait disparaitre de la rouille à l’intérieur ? Au contraire, la rouille qui est désormais masquée, ronge davantage le fer en toute quiétude, et l’édifice s’écroule lentement mais sûrement. Dans d’autres pays, l’on voit des membres du gouvernement faire l’analyse froide de la situation, tirer les conséquences d’un échec et démissionner au besoin. Au Cameroun un membre du gouvernement dit en riant que ce sont les choses des blancs, comme si le noir était un sous homme, incapable d’avoir une conscience, ou de prendre conscience de son échec et tirer les conséquences

Cameroun : pourquoi la jeunesse est noyée dans l’alcool

L’écrivain Jean Jacques Rousseau disait que « l’homme nait bon, c’est la société qui le corrompt », comme pour dire que l’homme est le produit de la société qui le façonne. Et la société camerounaise ressemble aujourd’hui à un océan d’alcool dans lequel la population est noyée, et la jeunesse davantage. Appel urgent au sauvetage donc. Paul Biya a conclu son message du 10 février 2020 en ces termes « Mes chers compatriotes, pour le bien de notre pays, j’ai besoin de vous ». Mais l’autre question est de savoir si pour le bien de ce même pays, la jeunesse a encore besoin de lui

Nation : ce qu’est devenu le Cameroun d’après le chef Sokoudjou

Pour ma part, j’ai vu et je continue à voir. J’ai vu ceux qui partaient, j’ai vu ceux qui revenaient. Ils m’ont menacé et torturé, j’ai mangé les cacas pour ce pays, je n’ai jamais désespéré et jusqu’aujourd’hui je ne désespère pas. Je prie les Dieux de ce pays, je prie mes ancêtres afin qu’ils touchent le cœur de tous ceux qui sont habités par des mauvais esprits de méchanceté afin qu’ils comprennent que le Cameroun est au-dessus de leurs calculs et intérêts, que nous passerons tous mais que le Cameroun restera et qu’il est urgent que chacun se concerte avec son cœur afin que nous pensons un nouveau Cameroun que nous transmettrons aux générations futures.

Figures : Daniel Kemajou, un Paysan Indépendant à l’Assemblée

A l’Assemblée nationale aujourd’hui, l’espèce Kemajou est une espèce en voie de disparition, si elle n’a pas encore disparu. La chambre est devenue un passoir à gros trous, un lieu de sommeil pour d’autres ou simplement un applaudimètre, où la majorité obèse du parti au pouvoir est incapable de s’opposer à une loi émanant du gouvernement, plus incapable encore de proposer une autre. Mais dans le contexte actuel, le peuple camerounais a plus que jamais besoin des Daniel Kemajou à l’Assemblée nationale. Et à voir comment les candidats à aux législatives du 9 février 2020 évitent même les simples débats entre eux dans les médias, il y a de quoi craindre.

Corruption : la résistance

Les résultats obtenus depuis le lancement de l’opération épervier montrent jusqu’ici que ni le Tribunal criminel spécial, ni la Conac, encore moins l’Agence nationale d’investigation financière ou le Contrôle Supérieur de l’Etat, aucun organe ne peut efficacement lutter contre la corruption si elle reste profondément ancrée dans les faits et gestes, collée à la peau. Hysacam ne rendra jamais un quartier propre tant que les populations elles même n’intègrent pas la notion de la gestion des ordures, pour prendre un exemple. Tant que la corruption reste dans l’Adn des Camerounais, même Dieu ne pourra rien. Comme cela avait été le cas pour Judas Iscariot.

Dette intérieure : quand l’Etat travaille pour la faillite des entreprises

La troisième curiosité c‘est que cette somme est bien minime comparée au montant de la somme que les Pme, Pmi et multinationales réclament à l’Etat. En juin 2018, le Groupement inter patronal du Cameroun s’inquiétait déjà du niveau de la dette intérieure, notamment l’argent dû aux prestataires de l’Etat, et notait que la dette s’était aggravée de 13,5% entre mars 2017 et mars 2018, pour se situer à cette période à près de 750 milliards. Depuis lors elle n’a cessé de croître, et était évalué en 2019 à 1300 milliards de francs Cfa. Au cours de cette année l’Etat a annoncé avoir payé près de 759 milliards et promettait de payer 540 milliards de FCFA en 2020. C’est dire que le chemin est encore long pour beaucoup de prestataires qui attendent d’être payés, et entretemps des entreprises peinent, et d’autres sont simplement au bord du gouffre, parmi lesquelles le distributeur de l’énergie électrique Enéo.

Cameroun : l’enseignant définitivement piétiné

En quoi ceux qui ont versé des eaux et gaz lacrymogènes sur les enseignants aujourd’hui sont-ils différents du rejeton criminel du lycée de Nkolbisson? Parmi ces enseignants je suis sûr, il y en avait qui enseignent depuis au minimum 20 ans. Parmi ces policiers et gendarmes je suis sûr il y en avait qui ont moins de 30 ans. Autrement dit, les élèves d’hier qui bombardent de gaz lacrymogènes leurs enseignants d’hier. Leur cas est à mon avis plus grave que celui du rejeton criminel de Nkolbisson, puisque le gendarme et policier protecteur ont commis un crime avec préméditation contre des enseignants marchant ou couchés mains nues.

Campagne électorale : le flou autour du financement

Et le fait qu’aucun parti politique n’est jusqu’ici réclamé la mise sur pied de cette commission de contrôle de l’argent de la campagne montre qu’ils sont tous complice de la situation, l’opinion comprend une fois de plus que là encore, le pouvoir et les partis politiques se paient sur leur tête. Dans une entente délictueuse, ils ont institué toute une mafia autour de cet argent de la campagne, un cafouillage dans lequel chacune des deux parties tire son épingle du jeu.