Afrique : les raisons du réveil

Les événements mondiaux commandent plus que jamais au continent africain de se repenser et saisir l’opportunité qui s’offre, suivant l’exemple du Mali

La Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a ordonné le 24 mars 2022, la suspension des sanctions économiques imposées au Mali par des chefs d’États et de gouvernements de l’Uemoa le 9 janvier 2022. A cette date, lors d’un sommet extraordinaire à Accra au Ghana, les pays membres de l’Uemoa, qui est la version financière de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest)  avaient annoncé la suspension de toutes les transactions commerciales avec le Mali, à l’exception des produits de consommation essentiels : pharmaceutiques, fournitures et équipements médicaux, ainsi que le matériel pour le contrôle de la Covid-19, des produits pétroliers et d’électricité. Le lendemain de cette décision de la cour de justice, la conférence des chefs d’Etat de la Cedeao réuni à Accra le 25 mars a décidé de maintenir les sanctions, exigeant toujours que le Colonel Assimi Goïta du Mali renonce à ses intentions de diriger le pays pendant 4 ans encore avant de remettre le pouvoir aux civils.

Le Colonel Assimi Goïta, la voie

Mais cette attitude de certains chefs d’Etats de l’Afrique de l’Ouest semble plus formelle que réelle, car dans la réalité les données ont complètement changé et les vieilles méthodes de domination inspirées principalement de l’occident de fonctionnent plus. Emmanuel Macron, président de la République française, autrement appelée par certains auteurs « l’empire qui ne veut pas mourir », le reconnait lui-même : « nous sommes sans doutes en train de vivre la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde. Nous étions habitués à un ordre international qui depuis le 18eme siècle reposait sur l’hégémonie occidentale…les habitudes, les dogmes qui étaient les nôtres ne sont plus valables. » Les chefs d’Etats de la Cedeao ne veulent simplement pas perdre la face, car comme le reconnaît le média français France 24, la décision de l’Uemoa représentait un succès de la junte. Même si ce media qualifie ce succès de « rare », l’évidence est que le Mali est définitivement engagée sur la route vers l’indépendance totale de l’Afrique, aidé en cela par les événements mondiaux, dont certains passent inaperçus, mais n’en restent pas moins déterminants, comme le dit le Professeur Charles Soh dans cette réflexion que nous partageons.

Le Mali a franchi toutes les lignes rouges qui foutent la trouille à tous les chefs d’États du Pré carré. L’on a cru que tous les feux de l’enfer allaient s’abattre sur le Mali. Macron a récemment rassemblé ses sous-préfets à l’Élysée pour leur donner de nouvelles consignes. Ça ne marche pas. Le Mali est de retour, plus fort que jamais

Réveil

« Il y a un mois, la Chine a décidé d’acheter désormais son pétrole en yuan, sa monnaie convertible en or à Hongkong. Une information majeure passée sous silence par la presse occidentale. C’est le début de la dédollarisation du monde. L’annonce de la fin prochaine des institutions de Brettons Woods. En association avec la Russie, l’Inde et l’Afrique du Sud, c’est quatre milliards de personnes qui viennent ainsi de décider de quitter armes et bagages le système de domination  mis en place en 60 ans par les États-Unis, basé sur le dollar.  Ces pays viennent ainsi de créer une nouvelle Banque Mondiale, rien de moins. La Russie a décidé que tous ses produits seront désormais achetés en rouble, sa monnaie. C’est à prendre ou à laisser. Au lieu de laisser, les pays occidentaux qui appliquent des sanctions financières contre la Russie se battent comme des beaux diables pour trouver les roubles dont le cours est contrôlé par la banque centrale de Russie. C’est un autre signe que le monde bouge, et vite. 

Il y a quelques temps encore, Assimi Goïta était un pestiféré à qui personne ne voulait adresser la parole… Les sous-traitants d’une puissance européenne faisaient feu de tout bois pour faire tomber le gouvernement de la transition au Mali.  Ils ont épuisé leurs munitions, le Mali a encaissé, tel un roseau, il a plié sans rompre, fier comme l’Afrique, comme la vraie Afrique, celle de nos rêves et de nos ambitions.   Le Mali a expulsé l’Ambassadeur de France,  demandé  le départ des  troupes françaises de son sol, expulsé le contingent danois, suspendu RFI et France 24, demandé la révision des accords de défense avec la France, etc. etc. Le Mali a franchi toutes les lignes rouges qui foutent la trouille à tous  les chefs d’États du Pré carré.  L’on a cru que  tous les feux de l’enfer allaient s’abattre sur le Mali. Macron  a récemment rassemblé ses sous-préfets à l’Élysée pour leur donner de nouvelles consignes. Ça ne marche pas. Le Mali est de retour, plus fort que jamais.  La Cour de justice de l’Uemoa a ordonné la suspension des sanctions économiques imposées au Mali, Assimi Goïta vient d’être invité à participer à un sommet extraordinaire de la Cedeao au Ghana. Ça a changé. Pourquoi? Parce que celui qui commandite la destruction du Mali ne sait pas quelle sera la prochaine action d’Assimi. Et si le Mali annonçait sa monnaie? Quittait la Cedeao? La France pourrait-elle survivre à ça? Elle qui a besoin de nous pour financer son train de vie et payer ses dettes? Bientôt, l’usine de production de la monnaie située à Chamalières en France sera mise au rebut. Cette monnaie dont la France inonde nos économies pour nous asservir, il nous faut l’attaquer par tous les moyens dont nous disposons. C’est ce que  font les Russes et les Chinois  qui viennent d’ouvrir un nouveau front. A nous de nous y engouffrer… » Et Alain Foka de dire à la jeunesse « Le monde vous appartient et le ciel seul est la limite. Faites de ce siècle celui du réveil de l’Afrique, afin que dans les prochains, on puisse parler de l’ère africaine, vous en êtes capables ! »

Roland TSAPI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code