8 mars : la femme et la quête de l’égalité

Les mouvements féministes à travers le monde cherchent à mettre la femme au pied d’égalité que l’homme, alors qu’elle ne s’est pas assurée que cette égalité  existe déjà au sein de la gente féminine

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Le monde entier célèbre le 8 mars la journée internationale des droits de la femme, reconnue par l’organisation des Nations Unis depuis 44 ans, et destinée traditionnellement à faire le point  sur  la condition féminine dans chaque pays et à travers le monde, notamment en ce qui concerne leurs droits. D’après l’article premier de la déclaration universelle des droits de l’homme en effet, « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » Et généralement à cette occasion, les associations de défense des droits des femmes se réunissent et manifestent pour dénoncer les reculs et demander une réduction des inégalités entre les hommes et les femmes. Le thème proposé pour l’édition 2021 rentre dans ce cadre : « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 »

Utopie ?

Hormis la Covid-19, le débat a été de tout temps houleux pour ce qui est de l’égalité homme-femme, qui constitue la trame des revendications féministes, accentuées les 8 mars. Un rapport de l’Onu même, révèle que les femmes sont, à l’heure actuelle, encore sous-représentées dans la sphère publique et restent minoritaires dans les postes de prise de décision. En 2021, seuls 22 pays sont dirigés par des femmes, les parlements nationaux ne comptent en moyenne que 24,9% de femmes. Toujours selon l’ONU, au rythme actuel, il faudra encore attendre 130 ans pour atteindre une stricte parité dans les postes gouvernementaux. C’est dire combien la lutte est difficile, c’est même à se demander si l’égalité entre l’homme et la femme n’est pas simplement utopique à la fin. Les archives rappellent que lors de l’Assemblée générale du 10 décembre 1948 au cours de laquelle la déclaration universelle des droits de l’homme a été adoptée, l’Arabie Saoudite avait voté contre, en contestant l’égalité de la femme avec l’homme. On peut comprendre qu’étant un pays islamique, l’Arabie Saoudite voyait en cette déclaration une tentative de déstabiliser la religion islamique qui énonce la soumission de la femme comme un principe, mais avec le temps les faits semblent lui donner raison. Une journaliste du magazine culture France indiquait dans un article intitulé « égalité homme-femme il y a encore du chemin », publié en 2015 : « Après la dernière conférence mondiale sur les femmes organisée par les Nations Unies en 1995, « pas un seul pays ne rassemble les conditions d’une égalité parfaite entre hommes et femmes. Le seul avantage sur les hommes que les femmes ont en commun dans le monde est de vivre plus longtemps. Et ça s’arrête là. Il n’empêche que la progression vers l ‘égalité est réelle mais lente, très lente : la conquête du droit de vote par exemple s’est étalée sur plus d’un siècle. En Arabie Saoudite, ce n’est qu’en 2015 que les femmes pourront se présenter et voter aux élections municipales »,

Mis à part la dignité humaine, le respect de la personne dont tout le monde a droit et surtout la femme, cette femme peut-elle sincèrement revendiquer une égalité entre elle et l’homme ? Certes, au Cameroun par exemple, si l’on demandait aux femmes si elles veulent occuper 5 postes de gouverneurs des régions sur les 10, elles diraient sans hésiter oui. Si on leur demandait si elles veulent occuper la moitié des 58 postes de préfets ou la moitié des 360 postes de sous-préfets, elles se prononceraient en faveur. Evidemment parce que ce sont des fonctions de prestige, du moins dans la conception camerounaise, où l’on proclame le titre et cherche des honneurs, mais sans dépenser l’énergie nécessaire pour se donner à fond dans la tâche. Parce qu’à l’inverse, s’il leur est proposé de conduire la moitié des motos taxi de la ville de Douala, l’engouement ne sera pas le même, pour ne pas dire qu’elles n’oseront pas se prononcer. Depuis que les femmes, soutenues par des mouvements féministes revendiquent l’égalité de sexe, pourquoi ne parlent-elles pas de doter aussi leurs maris, d’aller demander la liste chez les beaux-parents et fournir tout ce qu’il faut ?

Bonne charité devrait commencer par…

Il est tout de même loisible de constater que de nos jours, les femmes prennent le prétexte des dispositions de la déclaration universelle des droits de l’homme et l’occasion du 8 mars pour se donner à cœur joie dans des revendications égalitaires, tout en oubliant de commencer par être égales entre elles-mêmes. Beaucoup d’études et de publications traitent des inégalités hommes femmes, mais on en voit très peu qui traitent des inégalités femmes-femmes, pourtant elles existent et constituent même des frustrations en mesure, dans l’absolue de compromettre le combat des féministes, car ce n’est certes pas rien de poser un idéal, mais il faut ensuite s’interroger sur la manière de le réaliser au mieux en tenant compte de ce qui est possible. C’est au sein de la gente féminine qu’elles devraient commencer par pratiquer ce qu’elles revendiquent. A des exceptions près, ce sont les femmes patronnes par exemple, qui font subir de pires atrocités et humiliations à leur employées femmes, ce sont elles qui maltraitent la bonne à la maison, ce parmi les femmes que l’on vit au quotidien ce qui peut être qualifié d’injustice, de mépris, de jalousie, tous les maux en définitive néfastes à la cohésion sociale. Tout le monde semble aujourd’hui d’accord sur le principe de l’égalité hommes-femmes, même si dans la réalité la mise en pratique de ces principes reste problématique, mais avant de chercher l’égalité avec l’homme, la femme devrait trouver l’égalité entre elles-mêmes : l’école pour toutes, la santé pour toutes, le travail pour toutes, mais surtout et aussi, le mariage pour toutes.

Roland TSAPI

One Reply to “8 mars : la femme et la quête de l’égalité”

  1. Égalité homme-femme, oui mais surtout femme-femme notamment le mariage pour toutes! Belle inspiration.

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