Assassinat de Martinez Zogo : l’impossible enquête

Au regard de tous ces cas d’enquêtes ouvertes et non fermées, celle de l’assassinat de Martinez Zogo apparait comme celle de tous les défis, de tous les démentis, celle qui devra permettre au gouvernement de redorer son blason et tenter de restaurer la confiance au sein de l’opinion. La partition à jouer est énorme pour le gouvernement, les attentes sont nombreuses pour les populations. Pendant longtemps, l’ouverture d’une enquête au Cameroun a été synonyme de l’ouverture d’un cercueil pour enterrer l’affaire. Au point que le journaliste Jean Baptiste Sipa, dans la rubrique « Takala et Muyenga » qu’il animait au journal Le Messager à l’époque, faisait parler ses deux personnages. L’un d’eux après avoir énuméré de nombreux cas d’affaires dont on attendait les résultats de l’enquête au Cameroun, se proposait d’ouvrir une enquête sur ces enquêtes non abouties. Et son ami de lui répondre « si tu le fais, on te tue et on ouvre une enquête.» L’enquête sur l’affaire Martinez est une occasion pour le gouvernement soit de conforter l’opinion sur cette mauvaise foi décriée, soit de refaire son image, en servant au public non plus une enquête impossible, mais l’impossible enquête !