Gouvernance : l’élite délinquante

Tandis que les agents des forces de l’ordre réquisitionnées pour surveiller le respect d’une mesure, comme la fermeture des débits de boissons ou l’interdiction de circuler pours les motos, embarquent systématiquement tout contrevenant, tandis qu’un voleur surpris dans un quartier ou au marché est interpellé immédiatement, s’il échappe à la justice populaire, l’élite délinquante continue de jouir de sa liberté d’aller et de venir, même avec toutes les preuves matérielles de sa délinquance réunies. Sa culpabilité est diluée dans les procédures, et finit par s’évanouir. La Commission nationale anticorruption, l’Agence nationale d’investigation financière, la Chambre des Comptes de la Cour suprême, toutes ces institutions peuvent boucler une enquête et ficeler un dossier inattaquable sur la corruption, le trafic d’influence, les détournements des deniers publics, les marchés fictifs, les prises d’intérêts, de l’argent liquide conservé dans des valises à domicile, des noms peuvent être cités, le dossier échoue finalement dans un tiroir.