Figure : Joseph Antoine Bell, le Lion incompris

. En 1989, quand Joseph Antoine Bell arrive à Bordeaux, le public ne l’accepte pas au départ et lui lance les peaux de bananes. Plus tard il commente cet épisode de sa carrière en ces termes : « J’étais le premier gardien noir. Ça n’a pas été plus facile pour moi, mais ça l’a été pour ceux qui sont arrivés après moi. À l’époque, tout le monde pensait qu’un noir ne pouvait pas être assez sérieux ou assez intelligent pour être gardien de but. Les gens pensaient qu’on ne pouvait pas faire confiance à un noir à ce poste, qu’un gardien noir n’était pas fiable. Les gens ne s’attendaient pas à ce qu’un noir puisse être bon au poste de gardien, mais j’ai réussi à le prouver, et depuis le message est passé. C’est pourquoi j’affirme que c’est par le comportement que l’on peut faire changer les gens. Ceux qui pensaient que les noirs n’étaient pas assez sérieux pour être gardiens de but avaient raison à l’époque parce qu’ils n’avaient jamais vu de bon gardien noir. Une fois qu’ils en ont vu un, ils ont su qu’ils s’étaient trompés et c’est par des actes que j’ai fait évoluer leur opinion. » Mais les opinions peuvent-elles évoluer au Cameroun en général et dans le milieu du football en particulier par des simples actes ? Joseph Antoine Bell fait partie de ceux-là qui montrent la lune, mais on ne voit que les défauts de leurs doigts.