Corruption : frais d’Apee, le pain béni

Les frais d’Apee qui sont défendus par le gouvernement comme étant la contribution des parents au financement de l’école, arguant que l’Etat ne peut tout faire seul, et avalisant en silence l’obligation faites aux parents d’élèves d’adhérer par le paiement de ces sommes sans lesquelles l’enfant ne sera pas inscrit à l’école. Si tant est que ces frais étaient si précieux au gouvernement, pourquoi laisse-t-il les chefs d’établissements prendre des libertés avec l’argent des pauvres parents ? De nombreuses lois et circulaires existent, qui encadrent la gestion des frais d’Apee du reste partie intégrante des fonds publics. Mais combien de chefs d’établissements sont en prison pour avoir détourné les fonds des associations, malgré les dénonciations et même la confirmation par les enquêtes de la Conac. Face à la corruption, l’impunité contribue simplement à la nourrir.

Corruption : les instigateurs de l’ombre

Et c’est ainsi que dans la plupart des cas, des projets de développement, qui bénéficient même des financements étrangers n’évoluent pas parce que la partie camerounaise n’arrive pas à indemniser les populations afin qu’ils libèrent les sites des travaux. La raison étant que l’enveloppe des indemnisations gonflent anormalement, grâce à l’ingéniosité des délégués départementaux qui s’adjoignent même la complicité du préfet et du rapporteur de la commission d’évaluation, comme dans le cas d’espèce. Ce cas qui est loin d’être isolé. Le ministre de l’Administration territoriale à l’habitude de voir des ennemis de la république tapis dans l’ombre. Ils ne sont ailleurs que dans les bureaux administratifs, ils occupent des fonctions avec des avantages de toutes natures, et ils s’emploient au quotidien à utiliser les moyens de l’Etat…pour ternir l’image de l’Etat.

Education : zones rurales, l’urgence d’agir

L’enseignante expliquait que faire passer les enfants avec des notes ridicules, venait de l’idée de les flatter pour qu’ils viennent à l’école, sous-entendu qu’elle n’attire pas. Comment d’ailleurs serait-elle attrayante quand elle est logée dans des abris de fortune que les intempéries érodent d’années en années dans l’indifférence totale ? Comment le serait-elle quand dans un lycée technique ou un collège d’enseignement technique, on enseigne l’électricité, sans électricité, comment le serait-elle si le cours d’informatique se résume à la présentation aux élèves d’un écran dépassé par le temps? Pour l’éducation en zone rurale, il y a plus que l’urgence…d’agir

Corruption : le Cameroun tient bon

Les dénonciations en 2021 ont bien entendu poussé l’Institution à faire des enquêtes sur le terrain pour se rendre compte que 83% de ces dénonciations sont fondées. Surtout, au terme des investigations, la Conac est arrivée à la conclusion que le préjudice financier subi par l’État du fait des actes de corruption pour l’année 2021 s’élève à 43 947 794 138 Fcfa, dont près de 44 milliards. Ce chiffre est en hausse de 26 336 519 954 Fcfa, car en 2020 le préjudice financier était de 17 611 274 184 Fcfa. Conclusion, les effets négatifs de la corruption sur les finances publiques ont plus que doublé entre 2020 et 2021, pourtant le nombre de dénonciations a diminué dans le même temps de 2/3, passant de 16067 en 2020 à seulement 6705 en 2021, presque 10 000 dénonciations de moins. Ce qui laisse penser que d’une part l’engouement des populations pour la dénonciation a baissé, peut-être en l’absence des résultats concrets ou du sentiment selon lequel rien ne change, et d’autre part, les acteurs de la corruption ont redoublé d’ardeur dans la pratique, pour que leur chiffre d’affaire double en un an comme l’indique le rapport. De là à conclure qu’au Cameroun, plus on lutte contre la corruption, mieux elle se porte. Un autre héritage du renouveau !

Figure : Paul Momo, le capitaine génie de l’Upc

Paul Momo est trahi et abattu par la gendarmerie le 17 novembre 1960 sur une piste à Bahouan. Ses deux protecteurs prennent peur et se font accompagner par le député Noé Mopen à Bafoussam 10 jours plus tard pour se rendre officiellement. Ils sont immédiatement récupérés et mis en exploitation c’est-à-dire interrogatoire sous torture. Des informations qu’ils fournissent, et de l’exploitation des documents saisis lors de l’attaque du QG de Paul Momo, les forces françaises apprennent que les unités du capitaine génie étaient étrangères aux harcèlements récurrents subis par les colonialistes au nord et au sud de l’arrondissement de Bafoussam. Après son assassinat, le corps de Paul Momo est exposé pendant des jours au carrefour aujourd’hui connu sous le nom de Carrefour Maquisard en plein cœur de la ville, avant d’être décapité et enterré entre deux dalles de béton lourdement armé, pour éviter dit-on, qu’il ne se métamorphose et sorte de terre. Paul Momo fait partie des milliers de victimes assassinées de manière barbare au mépris des lois de la guerre, et dont la mort rentre dans le lourd passif colonial… qui reste non liquidé.

Pouvoir : vers une succession dynastique ?

» Contre le Renouveau, des ressortissants du Grand Nord auraient donc une rancœur tenace, éléments à l’appui. Tout comme les ressortissants des autres régions d’ailleurs, exclusion faite des ceux qui se nourrissent du système. Toute incarnation du renouveau provoquerait alors de prime abord un sentiment de rejet, à plus forte raison le fils du père du renouveau, l’accession à la magistrature suprême laisserait penser à une dynastie. Mais un sentiment de rejet n’empêche pas l’objet ou le fait rejeté d’exister, et même de se réaliser. Et comme le rappelle Dieudonné Essomba, la conquête du pouvoir reste…un rapport de force.

Affaire Glencore : silence sur les corrompus du Cameroun

Une enquête ouverte au Cameroun aurait permis non seulement de mettre la main sur les hauts fonctionnaires coupables, et peut être récupérer quelque chose, mais le Cameroun aurait en plus pu, alors que le procès se poursuivait devant les instances judiciaires étrangères, se constituer partie civile et demander des dommages et intérêts. A moins qu’une partie des 208 milliards d’amende que devra payer Glencore ne soit redistribuée au pays concernée, le Cameroun, en restant silencieux, perd ainsi quelques milliards qui auraient aidé –Dieu aidant- à construire des salles de classes quelque part ou rallonger de quelques mètres les adductions d’eau dans les villes et campagnes. Sans compter que ce silence conforte dans leurs agissements ceux qui ont fait main basse sur les richesses du pays, et également fait des dessous de table… un mode de gouvernance.

Renouveau : 40 ans de mouvement immobile

Après les festivités du 6 novembre 2022, bien de Camerounais sont retournés dans leurs domiciles sans électricité ni eau. La peinture du tableau est loin d’être achevée. Bref, comme pour l’économie à laquelle Célestin Monga faisait allusion en parlant du mouvement immobile, le Cameroun a beaucoup bougé ces 40 dernières années dans l’ensemble, tous les secteurs confondus. Mais en faisant du surplace, tel une voiture embourbée sur une route de Yabassi ou de Fondenera avec une roue suspendue en l’air. A l’accélération, elle tourne beaucoup et même très vite, mais la voiture reste sur place, et plus grave, en consommant son carburant, sa ressource énergétique, qui arrive à s’épuiser. En 40 ans de Renouveau, le Cameroun a également beaucoup consommé de ses ressources, le budget de l’Etat est passé de quelques centaines de milliards en 1982 à plus de 5000 milliards en 2022, suivant ainsi la courbe démographique, mais dans l’arrière-pays les enfants continuent de faire l’école sous les arbres faute de salles de classe. Le pays a beaucoup bougé en 40 ans, mais soit il est allé dans le sens contraire, soit le mouvement est resté plus que jamais…immobile

Afrique : la deuxième colonisation

Comme par le passé, à l’époque de la domination allemande et de ses successeurs français et britannique, cet accaparement des terres ne se fait pas sans douleur. Les propriétaires coutumiers sont dépossédés et transformés par la suite en ouvriers agricoles sur leurs propres terres, où ils travaillent dans des conditions inhumaines. Le Njok-Massi est revenu sous une nouvelle forme. A l’époque de la première colonisation, les firmes dominatrices coloniales étaient protégées par l’administration coloniale qui usait de tous les moyens, y compris la force pour étouffer toute contestation. Ce rôle est aujourd’hui sous-traité à l’administration locale pour les mêmes missions, briser les contestations. Les mouvements d’humeurs souvent enregistrés dans ces plantations et dans les entreprises étrangères en général, où les ouvriers locaux dénoncent le traitement inhumain et l’inexistence des droits sociaux, sont toujours étouffés par l’administration locale, au nom de « la paix sociale » et « des relations amicales », et transformés en réunions de concertation, d’où les ouvriers sortent toujours avec plus de plaintes. Que ce soit dans les années 1900 ou les années 2000, les mêmes techniques de domination de l’Afrique se reproduisent, seuls les acteurs ont changé.

Figure : Léonard Bouli, 1er Secrétaire général de l’Upc

En novembre 1948, Léonard Bouli fut remplacé par Ruben Um Nyobè au poste de secrétaire général. Après avoir fait le plus dur, à savoir faire accepter le parti par l’administration et les populations, il fallait désormais passer à l’étape de la consolidation des acquis. Um Nyobé faisait l’unanimité à ce poste, tant au sein du parti que du côté de l’administration coloniale qui le redoutait. Léonard Bouli su lever le pied et passer le relais, sans se sentir obligé de créer une autre faction de l’Upc, et mieux, sans vouloir confondre le parti à lui-même, comme la vague des chefs politiques apparus sur la scène depuis 1990, et qui y sont toujours, 32 ans après !