Afrique : la deuxième colonisation

Comme par le passé, à l’époque de la domination allemande et de ses successeurs français et britannique, cet accaparement des terres ne se fait pas sans douleur. Les propriétaires coutumiers sont dépossédés et transformés par la suite en ouvriers agricoles sur leurs propres terres, où ils travaillent dans des conditions inhumaines. Le Njok-Massi est revenu sous une nouvelle forme. A l’époque de la première colonisation, les firmes dominatrices coloniales étaient protégées par l’administration coloniale qui usait de tous les moyens, y compris la force pour étouffer toute contestation. Ce rôle est aujourd’hui sous-traité à l’administration locale pour les mêmes missions, briser les contestations. Les mouvements d’humeurs souvent enregistrés dans ces plantations et dans les entreprises étrangères en général, où les ouvriers locaux dénoncent le traitement inhumain et l’inexistence des droits sociaux, sont toujours étouffés par l’administration locale, au nom de « la paix sociale » et « des relations amicales », et transformés en réunions de concertation, d’où les ouvriers sortent toujours avec plus de plaintes. Que ce soit dans les années 1900 ou les années 2000, les mêmes techniques de domination de l’Afrique se reproduisent, seuls les acteurs ont changé.