Figure : Salomon Madiba Songue, le 16eme des Kate

« Les griots dans le passé, faisait-il remarquer, étaient en réalité les chargés de la communication, mais si vous observez bien, ce qui a consacré la disparition de nos valeurs anciennes, c’est le fait qu’on n’ait pas eu une écriture pour transmettre au fur et à mesure aux nouvelles générations. Aujourd’hui heureusement il y a une prise de conscience, lorsque dans toutes les communautés on s’est mis à enseigner la langue maternelle aux enfants. Mais le retard a été tel qu’aujourd’hui c’est une course à la montre, pour essayer de lutter contre la rapidité de la civilisation moderne. Mais en même temps nous avons la chance de pouvoir mettre à profit toute cette technologie de la conservation pour essayer de sauver l’essentiel. Mais il y a aussi notre capacité organisationnelle et notre patriotisme, et en général ce n’est pas notre domaine le plus fort, et c’est là donc que réside le point faible. Selon qu’une grande majorité de patriotes existera, déterminés à affronter le 21eme siècle, du moins à introduire la civilisation africaine et camerounaise, et même la civilisation de tous les peuples qui composent le Cameroun, on peut espérer. Si on ne réussit pas ce pari dans un bref délai, tout va disparaître, parce qu’on a suffisamment perdu. » Une grande majorité des patriotes pour défendre les origines et la culture, c’est l’un des souhaits de Salomon Madiba Songue pour la postérité, pour un peuple qui retrouve ses valeurs.