Cni : les citoyens en double victimes

Au contraire, après lui avoir infligé toutes les tortures morales que peut subir un homme qui a le sentiment d’être un fugitif ou un sans papier chez lui, cet État-là, lui ajoute les violences physiques et finit par le priver de sa liberté, sans se poser la question de savoir où est sa propre responsabilité dans ce qui arrive. Dans un sursaut de conscience et un élan de réparation, on se serait attendu que lors du séjour de Foundikou dans la cellule du commissariat, l’Etat lui apporte sa carte nationale d’identité, parce que cela est possible, accompagné des excuses sincères. Pareil sursaut de conscience, on l’a vu avec le ministre de la Fonction publique et de la réforme administratives le 24 février 2022, quand en quelques jours l’arrêté d’intégration de Hamidou, professeur d’Education physique et sportive au lycée de Beka depuis 10 ans était signé, accompagné d’une lettre de félicitations. Les autres arrêtés d’intégration ont suivi, libérant nombre d’enseignants qui avaient le sentiment d’être des clandestins dans leurs corps de métier. Comme Hamidou, Foundikou devrait rentrer en possession de sa carte d’identité et cesser d’être inquiété, et cela devrait déclencher la délivrance sans délai à tous les usagers dans la même situation de cette pièce, qui seule consacre l’intégration à la citoyenneté camerounaise.