Gaz domestique : opacité dans l’approvisionnement

La Sctm ne put sortir de cette situation et relever la tête que grâce à l‘entregent de son jeune directeur Ludovic Sielienou. Mais combien de managers n’ont pas eu la même force pour tenir, combien sont-ils qui ont dû fermer l’entreprise et partir à l’étranger pour certains, à cause des pratiques qui dissuadent et découragent ? Comment faire éclore l’économie camerounaise dans un climat des affaires infecté de pratiques contre-productives? Autant de questions que devrait se poser le politique, assoiffé de l’émergence en 2035, au risque de se retrouver à cet horizon, comme la Cigale de Jean de Lafontaine qui avait passé son temps à chanter au lieu de semer, et au moment de manger, la fourmi lui demanda de danser !

Budget d’Etat : les lignes de la gabegie

Le gouffre serait bien profond au moment où Paul Biya instruit les audits de ces lignes en janvier 2022, sur une période de 11 ans, de 2010 à 2021. Le rapport du Contrôle supérieur de l’Etat sur l’ampleur des dégâts financiers n’est pas encore officiel à date, mais le nombre de fonctionnaires convoqués laisse présager que la fête aura été grandiose et les participants bien nombreux. Bien entendu, durant cette période de 11 ans, les 1790 fonctionnaires ne sont pas les seuls à avoir effectué des missions, mais s’ils sont convoqués cela est indicateur de l’existence des soupçons. En attendant les conclusions qui n’auront rien de reluisant pour les caisses de l’Etat, des questions essentielles se posent encore : que font au quotidien les instances chargés de vérifier et d’empêcher cette saignée, Conac, Anif, Cours des comptes et Contrôle supérieur de l’Etat confondus, pourquoi faut-il toujours attendre l’instruction présidentielle pour se lancer aux trousses des prévaricateurs ? Et aux fonctionnaires, pourquoi toujours penser et se comporter comme si l’Etat est une vache à lait qu’il faut traire indéfiniment ?