Cameroun : l’habitat dans tous ses états

D’après le préambule de la constitution qui reprend la Déclaration universelle des droits de l’homme, tout le monde a droit à un logement, mais dans les faits, tout est désormais fait pour que personne n’aie droit au logement : le logement social n’a rien de social dans les prix. Celui qui acquiert un terrain n’est pas en sécurité, le titre foncier mère peut être annulé à tout moment. Celui qui construit n’est pas en sécurité, il peut se réveiller un matin et se retrouver face à des engins accompagnés de la police, venus le détruire, avec en embuscade un nouveau propriétaire des lieux détenteur d’un titre foncier authentique. Celui qui est en location n’est pas en sécurité, par simple sms le bailleur peut lui dire un soir que le loyer a augmenté de 50%, et justifier cela par l’augmentation des frais de scolarité dans l’établissement privée que fréquente son enfant ou des frais d’Apee au lycée. Au lendemain de la célébration de la 36eme journée mondiale de l’habitat, il y a lieu de dire qu’au Cameroun, l’habitat est dans tous ses états, et nécessite sans doute, les états généraux de l’habitat.