Cameroun : la difficile construction de la nation

Les régimes sont ainsi bâtis en Afrique en général, au Cameroun en particulier. L’Etat et ceux qui l’incarnent sont suprêmes, les peuples qui font la Nation subissent. Ainsi occupés à se défendre, chaque peuple de son côté, l’idéal commun qui fait une Nation n’a plus de place. Les replis identitaires prennent le pas, les associations communautaires foisonnent. Et l’Etat, au lieu de trouver un idéal commun qui fragilisera ces replis en faveur de la construction d’une nation, cherche plutôt le moyen de s’en servir. L’Afrique Noir est mal partie, disait Franz Fanon, on pourrait ainsi de la construction d’une Nation sur le territoire camerounais, qui n’est pas mal partie, mais qui n’est même pas encore en chantier. Les Camerounais, au mieux, s’identifient chacun par leurs cultures locales. Les discours politiques vantent la diversité de la culture camerounaise présentée comme une richesse, mais un véritable symbole de la nation reste invisible. La raison est qu’à ce jour, les dirigeants camerounais n’ont réussi qu’à maintenir des peuples diverses sur un territoire, dont le seul dénominateur commun est la détention d’une carte d’identité sur laquelle est marquée République du Cameroun.