Prisonniers politiques : indissociable aux régimes ?

S’agissant de la conscience des juges, le 17 septembre 2022 en Belgique, 55 magistrats volontaires ont été placés en détention pendant deux jours dans une prison de la région de Bruxelles. Ces magistrats, du parquet et du siège, à qui rien n’était reproché, devaient suivre les ordres et les instructions du personnel pénitentiaire exactement comme les autres détenus, le but étant d’expérimenter ce que signifie la privation de liberté. Selon le ministre de la justice belge Vincent Van Quickenborne, « les magistrats savent évidemment comment se passent les choses dans une prison, mais en faire l’expérience par eux-mêmes leur donne une occasion unique qui pourra les aider à prononcer des peines en toute connaissance de cause.» Ce n’est pas que les condamnations prononcées par les magistrats belges sont souvent sujettes à caution comme celles connues sous le ciel camerounais, mais l’idée était d’améliorer ce qui n’est pas déjà mauvais. Et si au Cameroun les magistrats étaient aussi placés pendant deux jours d’expérimentation dans les prisons infectes de New-Bell et de Kondengui, l’expérimentation pourra peut-être porter des fruits ! A moins que faire des prisonniers politiques… ne soit consubstantiel au régime.