Gouvernance : l’honneur en berne

Le 21 juin 2022, la filiale britannique du géant du négoce Glencore a officiellement plaidé coupable de sept chefs d’accusation de corruption dans le cadre d’opérations pétrolières au Cameroun, en Guinée équatoriale, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et au Soudan du Sud. Au Cameroun particulièrement, la multinationale spécialisée dans les mines et le négoce de produits pétroliers, coté à Londres, a avoué lors de l’enquête menée depuis 2019 par le bureau d’enquête criminelles britannique le Serious Fraud Office (SFO), avoir versé aux hauts cadres de de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), de la Société nationale de raffinage (Sonara) et à d’autres hautes personnalités du gouvernement camerounais, près de 13 millions de dollars, (environ 7 milliards de francs CFA) de dessous-de-table pour favoriser les opérations du groupe au Cameroun entre 2007 et 2010. Des noms ont même été cités dans cette affaire de corruption, mais contrairement à la réaction des autorités au Libéria où le président Georges Weah a immédiatement suspendu les mis en cause, au Cameroun, les dirigeants de la Snh et de la Sonara, les deux principales sociétés impliquées, sont toujours en place