Afrique : l’identité perdue

A qui d’autre, plus qu’aux Africains, l’injonction « connais-toi toi-même » s’adresse-t-elle, avec autant de véracité aujourd’hui ? Pourquoi le m’as-tu vu africain consiste plutôt à vouloir ressembler aux autres, que de faire voir ses propres cultures et valeurs, pourquoi le vin sorti des vignes de Bordeaux est plus célébré par le Camerounais que celui tiré des raphias de Babadjou ? En plus, dans cette tendance à embrasser les choses des autres en dénigrant lui-même les siennes, l’Africain croit être civilisé, être un savant. Mais Socrate dans sa pensée, était arrivé à conclure : « Ceux qu’on vante le plus me satisfont le moins, et ceux dont personne ne fait cas – c’est-à-dire les simples, les artisans – je les trouve beaucoup plus près de la sagesse »

Figure. : Dika Akwa Nya Bonambela et le nyambeisme

président du Directoire de l’opposition qui mène un combat pour la conférence nationale souveraine, mais il subit des coups tant de l’intérieur du parti que de l’ensemble de l’opposition, et n’est pas épargné par le pouvoir. Dans le parti, le secrétaire général réclamait la suprématie, au sein de l’opposition il est suspendu de la Coordination après une réunion de l’instance à Bamenda dont le lieu lui avait été caché, et au cours de laquelle il avait été accusé d’avoir pris une enveloppe du pouvoir. Lequel pouvoir a fait encercler son palais pendant un mois, le soupçonnant de cacher des armes, a bloqué son salaire et l’a expulsé de sa maison de fonction à Yaoundé après une marche de l’opposition. Il meurt le 21 juillet 1995. Si ses objectifs politiques n’ont pas été atteints, il lui subsiste au moins la science. D’après le journaliste Edouard Kingue, avec le nyambéisme, Dika Akwa ou colonel Diabobe demeure l’un des rares Sawa et camerounais qui a honoré la mémoire de ses ancêtres et rendu sa fierté aux Akwa-Bonaku de la grande Famille Bonambela, en bâtissant le célèbre Mukanda, plus connu sous le nom de ‘château Dika Akwa’, une œuvre aux mille symboles qui font remonter l’histoire du duala jusqu’à l’Egypte

Barreau : les avocats à la croisée des chemins

Le corps de la justice au Cameroun est constamment cité par les institutions nationales et internationales de lutte contre la corruption, comme faisant partie du peloton de tête des plus affectés par le fléau. Si l’on oriente le plus souvent le regard sur les magistrats, on tend à oublier qu’il n’y a pas de corrompu sans corrupteur, et les personnes intermédiaires entre les justiciables et les magistrats, ce sont les avocats. Par voie de conséquence, si les magistrats sont pointés comme les plus corrompus, cela induit que les avocats sont les plus grands corrupteurs, les porteurs de mallettes, comme le dénoncent certains. Et comme on ne peut nourrir l’enfant sans se sucer le doigt selon l’ordre naturel des choses, il va de soi que le porteur de mallette se fait des commissions au passage, en plus des honoraires.

Gestion publique : le mal être de l’équilibre régional

Cette sortie du Secrétaire général de la présidence de la république, est un aveu de perte de confiance : la présidence de la république ne fait plus confiance aux dirigeants des entreprises et établissements publics dans la mise en pratique de la politique de l’équilibre régionale. Mais une question subsiste : le mal ne vient-il pas du sommet ? Quelle logique avait guidé il y a 14 ans l’admission des candidats à l’Ens de Maroua ? Et pour le cas des entreprises publiques la nomination des dirigeants eux-mêmes respecte-t-elle ces quotas, Et sinon, une fois en poste, n’est-il pas normal que la même logique qui a guidé leurs nominations soit appliquée dans le choix du personnel ? Pourquoi s’attendre à ce que la poule produise les œufs du canard ?

Education : le rejet du système

Les résultats obtenus au concours d’entrée en 6eme en zone rural, n’est pas signe que les enfants des villages ne sont bon à rien, c’est simplement un message que la jeunesse envoie aux dirigeants enfermés dans le système colonialiste, un message de rejet de ce système d’éducation dans lequel ils ne se reconnaissent pas. Il est fort à parier que si ces enfants étaient évalués en technique de chasse ou d’agriculture, ils auraient les meilleures notes. Et ils ne demandent que cela. Il suffira de remplacer les lycées d’enseignement général par les lycées de chasse, de pêches, ou d’agriculture, et ils feront le plein d’œufs. Vouloir à tout prix forcer les enfants à adopter un système éducatif qu’ils ne veulent pas, c’est tuer davantage cette jeunesse. 1,3/20 n’est pas une mauvaise note, ça dépend de ce sur quoi l’enfant est évalué, et c’est même un exploit à bien y voir, car on ne peut pas évaluer un poisson sur sa capacité à grimper un arbre.

Cameroun : de la subversion à l’ordre public

Cette ordonnance a été abrogée par la loi n°90/046 du 19 décembre 1990, mais la subversion a été subtilement remplacée dans les lois par le mot « ordre public », prétexte légal, tout comme le mot subversion, pour museler toute opposition au régime. Il n’y a qu’à voir le nombre de prisonniers politiques et d’opinion dans les geôles camerounaises, il n’y a qu’à voir l’énergie mise pour réprimer toute manifestation de rue, pour comprendre que le régime s’est simplement perpétué, et qu’entre « subversion » et « ordre public », ce n’est qu’une question de sémantique, et d’époque.

Figure : Tankeu Noe, les cailloux contre les armes

Tankeu Noé et Makanda Pouth sont traduits devant un tribunal militaire qui les condamne à mort, sentence qui donnera lieu à l’exécution simultanée du 3 janvier 1964 à Douala pour Tankeu, Edéa pour Makanda Pouth et Bafoussam pour Kamdem Ninyim. Tankeu Noé abattu en public et attaché à un poteau électrique au quartier Congo réputé être son repère, afin que ses voisins qui se sont réinstallés après le rasage d’avril 1960, se souviennent bien du sort qui leur est réservé au cas où, au cas où. Aujourd’hui, difficile de dire si les enfants nés dans ce quartier peuvent retrouver l’endroit où le corps de Tankeu a été attaché à un poteau, mais à Bonanjo non loin de là, on a consacré un monument à l’un des bourreaux, le Général Leclerc

Crise anglophone : le dialogue demeure la solution vitale

Il y avait à peine un an que la crise anglophone avait pris une tournure meurtrière quand cet avertissement était donné. Les cris des sirènes les plus sincères, objectives et préventives indiquaient qu’une nation ne pouvait efficacement prendre les armes contre son propre peuple. Ces cris sont tombés dans des oreilles qui, 6 ans après, s’efforcent toujours d’être sourdes, malgré le sang qui coule et les familles qui voient leurs espoirs brisés par la perte d’un membre, tombé au front ou victime collatérale. L’artiste sénégalais Youssou Ndour a sorti en 2000, une chanson intitulée « My Hope is in you », dans laquelle il demande aux enfants soldats engagés dans les guerres civiles un peu partout en Afrique de rendre les armes et aller à l’école. « Drop your gun and go to school ». On pourrait paraphraser cette phrase en s’adressant au gouvernement camerounais en ces termes « drop you gun, and talk with your people », baisse les armes, et parle avec ton peuple

Crise anglophone : toujours en suspens !

Tous ces éléments historiques, fondait le pouvoir de Yaoundé à ne pas permettre qu’une étincelle éclate dans ces zones, pour éviter l’embrasement. Mais une simple manifestation de rue a été réprimée dans la violence. Comment un père de famille peut-il risquer de rabrouer un enfant qui demande à lui parler, alors que ce dernier a déjà manifesté la volonté de quitter la maison ? C’est simplement pour lui donner l’occasion de partir une fois pour toute, convaincu que le sentiment de rejet qu’il soupçonne depuis longtemps est réel. Le problème anglophone a existé, et existe toujours. La solution n’est pas encore trouvée. Autant le dire, encore et toujours, tant que le sang coule…

Education : la pépinière infectée

Et les enfants élèves, en bas de l’échelle, ne prennent que ce qui arrive à leur niveau, en l’absence de surveillance et de censure des chansons et des rythmes obscènes, du reste promues par les médias audio visuels, avec une grande majorité proposée par des bouquets de diffusions aux contenus occidentaux complètement inadaptés aux mœurs et cultures locales. Ailleurs on anticipe sur le modèle de société qu’on va avoir dans 20 ou 30 ans et on adapte le contenu de l’éducation en fonction. La société de demain se construit aujourd’hui.