Figure : Solomon Tandeng Muna, le joker de la réunification

Usant des manœuvres d’investiture du parti unique, Ahidjo avait déjà pu placer Muna comme Premier ministre du Cameroun occidental, il fera également supprimer la clause d’incompatibilité de ce poste avec celui de vice-président de la République fédérale, pour le prendre comme vice-président pour la candidature à l’élection de 1970. A ces positions, Solomon Tandeng Muna aurait assisté, impuissant selon ses adeptes, complice selon ses détracteurs, à la manipulation des textes et des hommes pour obtenir une réunification au forceps. Pour le consoler après avoir supprimé le poste de vice-président de la Constitution en 1972, Ahidjo le nomma ministre d’Etat, et en récompense pour son « adhésion » à son projet d’unification, il accepta sa démission du gouvernement en 1973 et favorisa son entrée à l’Assemblée nationale. Tandeng Muna restera Président de la Chambre jusqu’à la démission d’Ahidjo en 1982 et 6 ans encore après la prise du pouvoir par Paul Biya