Enseignants : entre droit de grève et devoir d’obéissance

» Le ministère des Enseignements secondaires serait-il en train d’envisager sérieusement de traduire au conseil de discipline des enseignants qui ont travaillé pendant des années sans salaire, sans arrêté d’intégration, et qui un matin ont décidé de dire « On a trop supporté », serait-on en train de vouloir exhumer le corps de Hamidou du lycée de Beka pour le traduire au conseil de discipline, pour avoir manqué à son devoir d’enseigner, pour avoir désobéi à sa hiérarchie en refusant de reprendre les cours, ou pour avoir manqué au devoir de réserve en publiant une vidéo dans les réseaux sociaux pour dénoncer sa situation de travailleur pendant 10 ans sans intégration et sans salaire ? Où met-on désormais la frontière entre le droit de grève et le devoir d’obéissance ? Qui a manqué à son devoir dans l’affaire des enseignants de l’OTS ou OTA, les services administratifs des divers ministères où les dossiers sont enterrés, ou les enseignants obligés de conduire des motos pour survivre, multiplier des cours de vacation au point d’y laisser leurs vies, assassinés par des élèves ?