Economie : la face visible de l’endettement de l’Etat

Et dire que pour essayer de rembourser le peu de dettes qu’il arrive à faire, l’État continue de s’endetter. On déshabille Pierre pour habiller Paul, le temps de se rendre compte que Pierre est désormais nu. La gouvernance publique est une fois de plus interpellée, si l’on veut un jour sortir de la spirale de la dette, les ordures qui s’entassent dans la rue faute de ramassage, en est aussi une conséquence.

Modification de la Constitution : à qui profitait le crime

Aujourd’hui les évidences parlent. Les deux mandats que le président Paul Biya a pris après la modification de la constitution auront été ceux qui ont noyé tout ce qu’il pouvait mettre de positif à son actif depuis sa prise du pouvoir en 1982. 3 ans seulement après qu’il ait rempilé en 2011, grâce à cette modification de la loi fondamentale, la partie septentrionale du pays s’est embrasée avec l’apparition du Boko Haram. 5 ans après, en 2016, c’est la crise anglophone qui prend le relais. Partie d’une simple revendication corporatiste, on en est aujourd’hui à la guérilla urbaine, avec des bombes artisanales ou pas qui explosent dans les taxis. Les morts se comptent par milliers, les souffrances induites sont intenables. La Constitution aurait été respectée que Paul Biya serait parti en 2011, que le Cameroun n’aurait peut-être pas connu tout ceci, ou si cela arrivait ce serait derrière lui, qu’une autre personne aurait porté le chapeau. Mais jamais plus à présent, il ne pourra pas s’en dédouaner, l’histoire retiendra que c’est sous son règne que l’unité, qui fait partie des valeurs nationales, aurait été la plus fragilisée. Et comme on se demande souvent dans les enquêtes policières, à qui le crime aurait-il finalement profité ?

Figure : Njoya Ibrahim et l’écriture Bamoun

les administrateurs français vont affaiblir Njoya qui sera privé de ses pouvoirs traditionnels autour de 1924. Il est finalement arrêté et exilé à Yaoundé en 1931, en compagnie de quelques proches et fidèles. Il y meurt le 30 mai 1933. Bien évidemment, l’administration française, dont le but était d’effacer la culture africaine, interdit les langues camerounaises et l’usage de l’écriture du Roi Njoya en particulier, qui disparut progressivement des usages, au profit de la langue française. Depuis 2002, des initiatives sont entreprises à l’occasion des festivals pour la réhabiliter, mais du chemin reste encore à faire, avec le poids colonial qui pèse encore.

Pouvoir : comment Paul Biya a pu durer

Avec cette décision de la Cour Constitutionnelle, la voie était désormais ouverte pour la nouvelle candidature de Paul Biya à la présidence de la république en 2011. L’objectif de l’appel de la Lékié le 6 novembre 2007 avait été atteint. 14 ans après, la même Lékié a initié le 1er novembre 2021 un autre appel, cette fois pour une nouvelle candidature de Paul Biya à la magistrature suprême en 2025, quand il aura 92 ans. L’histoire va-t-elle se répéter ?

Changement : la responsabilité collective

Chacun veut voir ses enfants grandir, mais personne ne pose la question « pour aller où et pour vivre dans quelle société ». Certains se préparent à envoyer les leurs à l’étranger et même y prendre la nationalité, mais ce que vivent les Camerounais en Guinée équatoriale est aussi un message. Il est plus que temps de penser au Cameroun à laisser aux enfants, si tant est qu’on les aime comme on le proclame tous les jours. On ne peut accoucher les enfants camerounais, et préparer leur avenir à l’étranger

Mœurs : déshonneur sous le drapeau

Doit-on dès lors leur en vouloir et les condamner, en invoquant les principes religieux et les articles de loi, ou prendre pitié pour elles et les aider à ménager cette période de leur vie qui s’apparente à la puberté chez l’adolescent ? A la société de prendre ses responsabilités pour préserver la jeunesse qui les prend souvent comme des modèles, et aussi pour éviter le déshonneur sous le drapeau. Aucun citoyen ne tolère que le drapeau de son pays soit porté à travers le monde par des personnes qui se révèlent par la suite être de moralité douteuse, car arborer le drapeau national, c’est plus qu’un honneur, c’est davantage une responsabilité.

Cameroun : de mal en pis depuis 39 ans

La chine est désormais à la conquête du monde. Pendant ce temps, le Cameroun est passé de pays en voie de développement à Pays pauvre très endetté, et mendie aujourd’hui aux genoux de la Chine. La Chine a su se développer, le Cameroun s’est enfoncé dans l’abime, et par coïncidence, cette période correspond à celle du Renouveau, dirigé par le même homme, depuis 39 ans

Figure : Ahmadou Hayatou, homme de l’ombre des pouvoirs

Ahmadou Hayatou quant à lui, avait également su tourner et se mettre dans le sens du vent. Il poursuivi sa carrière au secrétariat de l’Assemblée nationale, s’étant construit une personnalité qui avait fait de lui l’une des personne que le président Biya se déplaçait pour rencontrer à domicile pour des conseils. Le tsunami qui balaya l’élite du Nord à la suite du coup d’état d’avril 1984 l’évita. Il avait su jouer la partition pour concilier les deux présidents au plus forts de leur conflit de leadership, y mettant du sien pour sauver ce qui pouvait l’être, surtout qu’il était dans la salle au moment où le premier faisait confiance au second. Jusqu’au bout il a su jouer son rôle de l’homme… de l’ombre.