Modification de la Constitution : à qui profitait le crime

Aujourd’hui les évidences parlent. Les deux mandats que le président Paul Biya a pris après la modification de la constitution auront été ceux qui ont noyé tout ce qu’il pouvait mettre de positif à son actif depuis sa prise du pouvoir en 1982. 3 ans seulement après qu’il ait rempilé en 2011, grâce à cette modification de la loi fondamentale, la partie septentrionale du pays s’est embrasée avec l’apparition du Boko Haram. 5 ans après, en 2016, c’est la crise anglophone qui prend le relais. Partie d’une simple revendication corporatiste, on en est aujourd’hui à la guérilla urbaine, avec des bombes artisanales ou pas qui explosent dans les taxis. Les morts se comptent par milliers, les souffrances induites sont intenables. La Constitution aurait été respectée que Paul Biya serait parti en 2011, que le Cameroun n’aurait peut-être pas connu tout ceci, ou si cela arrivait ce serait derrière lui, qu’une autre personne aurait porté le chapeau. Mais jamais plus à présent, il ne pourra pas s’en dédouaner, l’histoire retiendra que c’est sous son règne que l’unité, qui fait partie des valeurs nationales, aurait été la plus fragilisée. Et comme on se demande souvent dans les enquêtes policières, à qui le crime aurait-il finalement profité ?