Circulation : les camions grumiers et les tueries urbaines

Robert Nkili, alors ministre des Transports, signait le 20 octobre 2014 un arrêté dont la teneur lit : « Il est interdit la circulation des camions gros porteurs entre 6h et 21h tous les jours sauf les weekends. En outre, la circulation diurne des gros porteurs aux seuls axes périphériques par les autorités de la ville est limitée. Également limité, la vitesse de circulation à 40 km / h aux heures autorisées. Ces mesures du Ministre des Transports concernent particulièrement les grumiers, les ensembles articulés de remorque et de semi-remorque, les camions plateaux, les camions de sable, les camions citernes qu’ils soient vides ou chargés » A ce jour, cette mesure reste strictement appliquée dans la ville de Yaoundé, où ne peut apercevoir des camions-grumiers dans la ville en journée. Mais sur ce point, Douala est restée la ville rebelle, et cette fois la rébellion est entretenue par l’autorité administrative qui laisse faire. Avec au bout des vies humaines à déplorer.

Figure : Joseph Pokossy Doumbé : l’éthique du pharmacien

C’est avec ce titre qu’il a rendu l’âme le 28 avril 2021 à l’âge de 89 ans, laissant derrière lui une ville de Douala encore loin de son rêve, devenue d’après ses propres termes un véritable « foutoir. » Il laisse également une profession de pharmacien qui doit se repenser pour ne pas être noyée dans la contrebande, et en privé, une famille de 9 enfants qui font sa fierté, car disait-il, « ils ont tous fait des études supérieures, ils sont bien dans leur travail, mais aucun d’entre eux ne joue au fils à papa » Sur ce plan au moins il est parti avec le sentiment du devoir accompli.

Cyclisme : la mort programmée

Dieudonné Ntep n’est pas mort, il a été tué par la conjugaison des négligences, des corruptions et du clientélisme qui ont fait leurs nids dans les fédérations sportives camerounaises. Son départ tragique montre une fois de plus que dans certains domaines, le Cameroun ne se contente plus seulement d’être au fond du trou, il continue de creuser

Commandement traditionnel : quand les qualités laissent place aux « critères »

Ces conseils ont été soigneusement mis de côté, au profit d’une politique insidieuse d’assimilation, actée plus tard par une loi qui a enlevé à la chefferie traditionnelle toute sa substance, ne laissant sur place qu’une coquille vide gardée par un auxiliaire que le sous-préfet ou le préfet convoque à souhait. A raison d’ailleurs, puisque la loi le lui autorise, et surtout que les concernés eux-mêmes ne s’en plaignent pas. Ils sont nombreux à l’Assemblée nationale, au sénat, et aujourd’hui dans les conseils régionaux, mais il ne leur est pas encore arrivé à l’idée de demander la révision de cette loi de 1977. Certaines chefferies traditionnelles résistent encore à ce mode de désignation désacralisant, comme l’on a constaté en mars 2020 à Kumba, où le défunt Fon Mukete avait de son vivant désigné son successeur sans que l’administration soit mêlée. Mais pour combien de temps encore ?

Réseau routier : les péages de la corruption

le philosophe Albert Einstein disait « le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire » Regarder d’un œil complaisant les criminels à col blancs ou en blouse orange qui détournent pendant 28 ans 100 milliards de francs cfa collectés en monnaie de 500 francs, ne rien faire, et feindre d’exprimer sa compassion face aux souffrances des populations, c’est comme on dit dans la culture bantou, tuer l’enfant de quelqu’un et être le premier au deuil, et en plus pleurer plus que tout le monde. Une fois de plus, la volonté politique est ce qu’il faut pour éradiquer un certain nombre de fléaux, et assurer un minimum de bien être aux populations.

Cameroun : fonds covid, l’urgence de…faire vite

Qui ne comprend pas que les intérêts stratégiques de l’Etat sont en jeu dans la lutte contre le corona virus, et que cela justifie à la lumière de ce décret qu’il faut faire vite ? Et en plus, ces marchés ne sont-ils pas passés sur très haute instruction du Chef de l’Etat, comme le prévoit la loi ? Des questions cessent d’être posées, quand on sait qui est l’Etat au Cameroun.

Figure : Simon Achidi Achu, « politic na njanguy »

Il s’attela tant bien que mal à la tâche, utilisant au mieux les moyens d’Etat mis à sa disposition pour tenter de renverser la force militante qui avait tourné le dos au pouvoir, et pour mieux parvenir à ses fins, il adopta la formule devenue célèbre, « politic na njanguy », la politique c’est la tontine. Dans un langage plus terre à terre, il voulait ainsi faire comprendre aux populations qu’il faut voter pour le parti, le vote étant assimilé à la mise dans la tontine, pour qu’en retour les recrutements des fils de la région dans la fonction publique, des investissements ou des projets de développement et autres soient orientés vers eux, ce qui sera le bénéfice de la tontine. Autrement dit fallait voter pour avoir les dividendes politiques.

Covidgate : cacophonie au sommet

Comme dans le Watergate au Etats Unis, l’enquête menée au début par les employés de la Maison Blanche n’a abouti à rien, on peut deviner pourquoi. Le Fbi prit le relais par la suite sans résultat, on peut encore deviner pourquoi. Au Cameroun l’enquête initiée par l’administration piétine, mais on n’est encore qu’à l’entrée, le tunnel semble bien long

Succession : Franck Biya, un épouvantail ?

Face aux manœuvres de diversion, les Camerounais ne doivent pas perdre de vue l’essentiel, qui est l’amélioration de leurs conditions de vie. L’accent et la pression devront être mis pour la résolution des problèmes quotidiens, tout en gardant un œil ouvert, car il n’est pas exclu qu’après la préparation de l’opinion, quelques coups de feu soient incités aux frontières, pour parachever la forfaiture.

Liberté de la presse : le journaliste camerounais face à lui-même

Le combat pour l’acquisition de la liberté de la presse ne sera gagné que si les journalistes faisaient d’abord leurs devoirs, rien que leurs devoirs, pour être en bonne position de revendiquer leurs droits. Tant qu’il y aura dans la profession des gens qui font leur travail honnêtement, et d’autres qui utilisent le titre de journaliste parfois auto acquis pour faire du renseignement et du marchandage, la liberté de la presse restera comme cette carotte pendu sur un bâton attaché sur la tête de la chèvre, elle la poursuivra indéfiniment