Discours à la nation : Noso, trois ans de surplace

Le champ lexical du président de la république ne rassure pas déjà, quand en trois discours de fin d’année le mot paix est prononcé seulement 10 fois, car comme le dit l’adage, de l’abondance du cœur, la bouche parle. Ce vocable et ses variantes devraient abonder dans ses discours. Il ne cesse d’évoquer des mesures prises, tout en reconnaissant lui-même qu’elles n’ont pas fait évoluer la situation. Pourquoi donc ne pas passer à autre chose ? Pour éviter la division du pays, de fortes propositions parlent de fédéralisme, sauf que le pouvoir de Yaoundé a horreur de ce mot comme de la peste, lequel mot n’est même pas apparu dans les trois derniers discours à la nation du chef de l’Etat. « L’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’a que trop porté préjudice à notre pays », a reconnu Paul Biya dans son dernier discours, alors n’est-il pas temps de cesser de tourner autour du pot, en mettant sur une table de discussion la forme de l’Etat, quitte à convaincre par la force de l’argument qu’elle ne doit pas être touchée. Une nouvelle année n’est-elle pas aussi synonyme de nouvelles méthodes ?