Péage automatique : comme une belle porte sur une maison délabrée

Sur quelles routes allons-nous rouler pour arriver aux postes de péage automatiques, le gouvernement n’est-il pas une fois de plus en train de mettre la charrue avant les bœufs, que deviennent alors les autoroutes promis si des postes de péage automatiques vont être érigés sur les pistes actuelles pour une exploitation de 20 ans, n’est-ce pas là une façon de dire au Camerounais d’oublier une fois pour toute les autoroutes ?

Institutions démocratiques : la carte politique se redessine

Au niveau local également, il n’est pas certains que le parti aura les coudées franches pour implémenter sa politique sociale et participer au développement. Les instances comme la mairie et le conseil régional restent chapeautées par une tutelle administrative venue du pouvoir central, donc du Rdpc, qui n’a pas intérêt, sur le plan politique, à ce que l’Undp gagne davantage de terrain. D’où la rudesse du combat qui attend le parti qui, s’il ne fait pas attention et met plus d’ingéniosité, pourra se rendre compte très vite que sans aucun statut officiel qui consacre le leader de l’opposition, cette position reste une coquille vide sous le renouveau, tous juste bonne à assurer le confort à quelques élus, mais ne garantissant rien dans la durée. L’erreur serait de dormir sur ses lauriers en se disant qu’on est la deuxième force politique, on pourra se réveiller trop tard, car en politique, la campagne pour les prochaines élections commence toujours dès que les autres sont achevées

Gouvernance : un autre cri de Sokoudjou

Ayons le courage de poser les vrais problèmes qui tuent ce pays et ça nous permettra de trouver des solutions durables. La mal gouvernance, le vol, l’injustice, la tricherie, la corruption, voilà nos maladies et tout a échoué depuis la fondation. Tout ce qu’on racole là c’est le haricot d’un vieux chapeau et ça ne nous emmènera nulle part. Il y’a vraiment de la flamme sous la paille et nous nous devons d’éteindre si réellement nous aimons ce pays. Dans nos traditions, tu ne peux pas espérer qu’on te pleure si toi-même tu n’as pas pleuré ton père. Il est plus que urgent que les camerounais se parlent afin que les uns et les autres lavent leurs cous pour un Cameroun où il fait désormais bien vivre.

Nation camerounaise : une juxtaposition des communautés

les Camerounais ont évolué dans la réflexion, ont appris un peu de l’histoire et ont compris que le français ou l’anglais n’étaient que des langues étrangères, dont l’emploi participaient à l’effacement de soi, et le sentiment de rejet de ces langues a également grandi. Aujourd’hui, chacun préfère utiliser sa langue maternelle pour passer un message sérieux, donner une consigne importante. Tant que les gouvernants ne se résoudront pas à franchir le pas vers la construction d’une véritable nation en instaurant l’élément fédérateur qui est la langue nationale, le Cameroun continuera d’être une juxtaposition des communautés linguistiques qui se neutralisent dans les faits, dans une bataille somme toute compréhensible. Le repli identitaire continuera à prospérer, les communautés auront toujours la suprématie sur la nation, et 10 000 discours sur le vivre ensemble n’y feront rien.

Figure : Kum’a Ndumbe III et la lutte pour le retour aux sources

S’exprimant un jour sur la polémique autour du traité Germano Camerounais ou Germano Duala au cours d’une conférence le chercheur expliqua : «les difficultés pour les Camerounais de comprendre ce qui s’est réellement passé proviennent de la part peu importante qu’occupent l’histoire et la politique du Cameroun dans nos programmes scolaires et universitaires. Cette histoire et cette politique restent quelque peu taboues. Les dotations financières pour la recherche scientifique sur ces sujets restent marginales ou inexistantes, il manque des laboratoires de recherche sur les différentes phases de notre histoire nationale, sur les systèmes sociaux, politiques, juridiques et économiques avant la colonisation, pendant la domination européenne et après les indépendances. Tant que tout cela restera négligé, la conscience nationale collective ne produira pas les éléments de réponse fondamentaux pour un développement durable du Cameroun. »

Gouvernance : la guerre des « chefs » à l’Ouest

Heureusement que les signataires de la contre déclaration ne sont que 71, chiffres insignifiant comparé aux 1127 chefs traditionnels que compte la région de l’Ouest, d’après le fichier des électeurs publié par le gouvernement à l’occasion des élections des conseillers régionaux. Mais en tout état de cause, si les chefs traditionnels veulent encore un peu de respect de leurs populations, ils devront résolument faire preuve de grande sagesse dont ils sont en principe l’incarnation, et savoir que de tout temps depuis la colonisation, l’objectif du pouvoir politique est de les vider de toute leur substance et de leur autorité, pour qu’ils deviennent fragiles…et manipulables à souhait.

Budget 2021 : 41 milliards pour trois instances inutiles

Pour le Senat, en dehors des titres aussi, il ne reste rien à ses membres. Par formalité, les lois introduites à l’assemblée nationale y sont envoyées après débat mais juste pour donner un sens au vocable navette parlementaire, mais dans le fond les sénateurs ne peuvent rien y apporter. Ils peuvent simplement donner des avis ou des recommandations, auxquels les députés ne sont pas tenus. Finalement l’on a un Senat figurant, une assemblée nationale passoire et un Conseil économique inexistant, trois instances qui réussissent tout de même à poncer 41 milliards de francs cfa au budget de l’Etat, chaque année,

Décentralisation: la longue marche vers les régionales

26 ans d’attente, d’hésitation, de réflexion pour la mise sur pied d’une instance prévue pour l’amélioration du cadre de vie des populations à la base. Ce temps de maturation peut présumer du peu de foi que lui accorde le gouvernement même, encore qu’elle arrive dans un contexte où d’autres instances démocratiques comme l’Assemblée nationale, le Senat ou les conseils municipaux peinent à s’imposer. Mais les conseils régionaux sont bien là désormais. Un trophée de plus à présenter comme gage du gouvernement du peuple par le peuple. L’inquiétude reste cependant la même. Que pourront bien faire les conseillers régionaux, alors qu’ils entrent en fonction dans des chambres avec portes et fenêtres étroitement surveillées par le pouvoir central, qui peut même les fermer purement et simplement ? Reste à espérer que les nouveaux représentants du peuple ne fassent pas regretter le temps mis à les attendre.

Corona virus : le monde est-il « sauvé » ?

Question, comment peut-on avoir le vaccin supposé protéger l’humain à 95% contre le virus, le mettre à disposition gratuitement et dire qu’il n’est pas obligatoire, alors qu’en même temps on oblige les gens à rester confinés, à porter des masques et respecter la distanciation sociale dans le but justement d’éviter le virus ? Pourquoi gratuit alors tout le monde serait prêt à payer le prix pour être sûr qu’il est à l’abri ? Si c’est gratuit pour la population, qui paye la note de la recherche, de la production, de l’acheminement et de la distribution ? Un dicton affirme que « quand c’est gratuit c’est que vous êtes le produit ». Le vaccin contre le corona virus, est-il pour sauver l’humanité, où pour entrainer l’humanité à l’abattoir ? Autant de questions qui restent en suspens.